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Il est un genre littéraire qui se perd ou, peut-être, ne s’avoue plus : le journal intime. Une perdition concomitante de celle de l’intimité désormais donnée à lire sur les réseaux sociaux. Dommage. Même si le modèle se fondait,souvent, dans la fleur bleue des cahiers roses…

Le titre de ce mini billet fait référence au nombre de pages du journal de Henri-Fredėric Amiel (1821-1881), écrivain suisse. Photo en tête de billet.

1647 pages. Du volume donc mais, surtout, comme il le revendiquait lui-même, 1647 pages de relation du vide, de « monument de vide absolu, recopiage effréné du néant puisque chaque jour s’y caractérise par le fait qu’il ne s’y passe rien » (Pascal Bruckner. Sur Kierkegaard).

Si je rappelle ce chiffre, c’est qu’à l’instant même, une relation, à qui je rends un petit service d’écriture et de mise en ligne d’un de ses projets, m’a curieusement demandé de « ne pas faire court ». Rare injonction, s’il en est….

Je lui ai répondu, la mémoire aidant, que ce sera donc du Amiel.

Il m’a rappelé après avoir cherché sur Wikipedia. Pour me supplier d’être sérieux…

Il faudrait réhabiliter le journal intime. Ça réduirait les connexions en ligne, en permettant le petit arrêt sur soi qui repose.

L’intime, qui peut même se concevoir à deux, diraient les romanticas, est fécond s’il ne tombe pas dans l’exacerbation de soi et dans le vide sidéral qu’il peut générer si l’on s’imagine unique.

En réalité, l’unique et son intime est exécrable. C’est Pascal qui a raison…

Mais quand même, l’intimité peut être belle.

Je viens de faire court…

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