Einstein chez les indiens

Le titre sonne comme un de ceux d’Hergé. Et pourtant, rien n’est moins vrai. Albert Einstein et son épouse ont rendu visite aux indiens Hopi dans les années 1930.

Ci-dessous la photo :

Affublé du couvre-chef à plumes, il sourit. Les indiens ne sourient pas.

A vrai dire, cette photographie, dans mes archives, avait illustré un très ancien billet introuvable, certainement dans une corbeille d’un vieil ordinateur jeté dans une poubelle, à une époque ou le tri n’existait pas.

Il s’agissait de lier la conception du monde d’Einstein, son intuition d’une transcendance immanente et celle des naturalistes, ceux qui voient, dans une sorte de panthéisme exacerbé ladite transcendance dans la beauté et l’éclat du grandiose dans la nature. Et les indiens d’Amérique, dans leurs contes et grands récits que j’avais découvert (comme pour me déculpabiliser de la lecture de mes illustrés de gamin , les « Kit Carson » et autres « Blek le Roc » dans lesquelles les indiens étaient de violents ennemis à décapiter),avaient cette intuition. J’avais osé comparer et unir les indiens et Einstein dans les frôlements de la vérité du monde. Des athées croyants avais-je titré, du moins, je le crois. Assez idiot.

J’ai retrouvé la photo dans un vieux disque dur. Je la cherchais, non pas pour refaire le billet, mais pour le « fun » comme on disait il n’y a pas très longtemps (l’expression est passée de mode).

En effet, il s’agissait de dire simplement : ne pas confondre les indiens et les hindous ou, encore les indiens de Calcutta et ceux du Grand Canyon, dont l’on sait qu’ils ont été nommés comme tels par une erreur occidentale de colons fainéants.

Car, en effet, les hindous (les indiens d’Inde) eux, s’attaquent à Einstein…!

On n’arrête ps le progrès, lequel est, évidemment très relatif...

Je livre ci-dessous un article paru dans le point 

« Inde : Einstein et Newton remis en cause par l’hindouisme

Le Congrès de la science indien a permis à plusieurs universitaires locaux de s’en prendre aux théories des deux hommes au nom de la religion, relève la BBC.

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Publié le  | Le Point.fr
Mort en 1955, Albert Einstein est notamment connu pour son equation E=mc?.
Mort en 1955, Albert Einstein est notamment connu pour son équation E=mc².

Il est des personnages que l’on pense immuables, inscrits dans l’histoire. Albert Einstein et Isaac Newton en font partie. Mais un groupe de scientifiques indiens s’est mis en tête de remettre en cause leurs théories en s’appuyant sur des textes issus de la mythologie hindoue, révèle la BBC.

valeur, principe, paradoxe

Mr Christophe Castaner, Ministre de l’intérieur, a donc reçu à diner, ce 11 Février, les représentants des principales obédiences maçonniques françaises. 

Il s’agissait d’évoquer le sujet « laïcité » dont l’on sait qu’il préoccupe, à juste titre ajoute-t-on, les francs-maçons. La séparation entre les églises et l’Etat est un marqueur de la modernité,  un rempart contre les totalitarismes de la pensée et, partant, de la religion des Torquemadas  ou de toutes celles, prégnantes comme une colle vieillie, qui encombrent l’espace d’une pensée aérée.

On est, par ailleurs en plein accord avec les mots lumineux, prononcés à cette occasion, par l’un des convives, Mr Edouard Habrant, grand maître de la Grande Loge Mixte de France (GMLF) qui fait état d’une « confusion », de « tâtonnements » sur cette question et le projet en cours de la réforme de la Loi de 1905, regrettant par ailleurs que « la laïcité soit apparue au menu du grand débat national dans la lettre du Président de la République, au titre d’une valeur, donc relative, et non comme un principe, intangible… »

L’on ne sait pas encore ce qui va sortir de cette réforme. L’on espère vivement qu’il ne s’agit pas de faire de la place dans la République aux religions, de plus en plus décomplexées et avides d’immixtion dans le corps social ou idéologique. D’abord l’Islam certes. Mais pas que l’Islam. La Chrétienté devient assez revendicatrice, entrainée vers un retour par quelques phrases prononcées ici et là par notre Président et ses visites à la basilique de Saint-Denis, lieu « d’imprégnation » ou à Chambord, espace des rois catholiques. La judéité semble, ici tenir une place à part, peut-être marquée par ce pain « béni » que constitue l’interdiction d’un prosélytisme aigu. Même si, comme tous (mais il ne s’agit que de redistribution presque fiscale) elle sollicite l’aide de l’Etat pour ses écoles.

Donc, bravo à la franc-maçonnerie. Le religieux, immense concept, éminemment respectable, ne peut envahir que la sphère privée, l’intimité y compris passionnée. Il faut veiller à la distinction entre la conduite humaine et l’institution démocratique, plutôt républicaine, si l’on veut être précis.

Cependant, la lecture de la nouvelle (le diner chez le ministre) m’a laissé un brin gêné. Je n’ai compris cet embarras que dans l’heure qui suivait son annonce. Comme si l’évidence, dès qu’il s’agit du politique, a du mal à émerger. La réflexion, dès qu’il s’agit de la République, est curieusement freinée par le caractère brut de l’information rarement appréciée dans ses arcanes, ici potentiellement générateurs de troubles du côté de l’histoire des Institutions et de ses paradoxes.

Car il s’agit bien dans ce temps de la République d’un véritable paradoxe qu’on a du mal à formuler sans subir la critique du « hors-sujet » mais que l’on se risque à exposer :

La franc-maçonnerie qui prône encore une fois à juste titre, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, dans sa défense de la laïcité, se voit invitée à diner avec l’Etat, juste avant les Eglises reçues dans la foulée. Invitée et s’immisçant dans la conduite de l’Etat. Ce qui, tous l’admettent, la franc-maçonnerie au premier rang, ne saurait être du ressort desdites Eglises traditionnelles. Or, qu’est-ce que la Maçonnerie, sinon une Eglise (certes contre l’Autre) avec ses principes, ses rites, ses temples, ses réseaux. Evidemment, les cris d’orfraie sont déjà entendus.

Mais non, mais non, nous dira-t-on, la franc-maçonnerie n’est pas une Eglise, elle défend la laïcité. Comme un parti qui défend âprement le principe républicain. 

Mais, dans ce cas, il faudrait que la franc-maçonnerie se transforme officiellement en parti public et ouvert.

Et le paradoxe s’évanouira, emporté dans les limbes diaboliques du politique.

On ne poursuit pas car l’on entend derrière nous les hurlements devant une telle infamie d’humeur les murmures de mes amis qui me somment de laisser parler, sans les censurer, ceux qui défendent les principes auxquels nous sommes, nous les républicains, très attachés. Paradoxal.