cru, cruel cruauté

Discussion mythologique aujourd’hui avec des amis. Levi-Strauss, Nature et culture, cru , cuit, cruauté. 

Le cru s’oppose donc au cuit, comme le rappelle Claude Lévi-Strauss lorsqu’il aborde dans « Mythologiques » le passage de la nature à la culture par la cuisson des aliments.

L’on s’est, donc, spécialement aujourd’hui, interrogé aujourd’hui sur la relation, nécessairement existante puisque étymologique, entre le cru et cruauté.

En effet, le terme de cruauté vient du latin crudelitas, lui-même issu de crudelis (cruel, méchant, atroce) et crudus (cru, sanglant).

La réponse est peut-être donnée par le sociologue Michel Wieworka qui voit dans l’acte de cruauté une volonté de déshumanisation de celui qui la subit.

On connaît la thèse : la victime, avilie dans sa dignité, aide le cruel à s’affranchir de toute culpabilité à son égard et de manière générale à s’affranchir dune faute.. En abolissant une humanité par la cruauté, en constituant l’autre en objet, le cruel peut ainsi se déculpabiliser et imaginer qu’il ne commet aucune « faute » à l’égard de l’autre et, partant, à l’égard du monde. Le cruel se blanchit. 

La cruauté d’accompagne ainsi de la brutalité presque animale et du mot avilissant, concomitant de la déshumanisation précitée.

Ainsi la cruauté qui expulse, absout les fautes, déculpabilise, a besoin d’être « sanglante », comme dans une chasse.

C’est donc ici qu’il faut chercher le lien non explicite entre le cru et la cruauté. Le sang et la faute.

L’idée de Saint-Anselme.

Il est une proposition philosophique qui peut laisser pantois mais qui m’a toujours aidé à clore une discussion inutile ou fatigante. Et ce alors, qu’en aucune manière je n’adhère à son contenu, assez médiéval, du moins dans l’approche des idées qui ont traversé le monde et le traversent encore.

C’est celle de Saint-Anselme (1033-1109) qui prétend que LE SEUL FAIT QUE NOUS AYONS L’IDÉE DE DIEU NOUS PROUVE QU’IL EXISTE..

Changez « Dieu  » par ce que vous voulez et votre interlocuteur est bloqué. Et l’on peut, vite, passer à autre chose si la conversation est ennuyeuse.

La dernière fois, c’était à propos du bonheur. Le discoureur développait, orgueil démesuré dans son affirmation, que ce type de fadaises, populaires et idiotes l’énervait.

Certes, mais c’est le genre de discussion qui peut énerver.

Je lui ai donc sorti l’idée de Saint-Anselme.

Il n’a pas su répondre alors que c’est vraiment facile de contrer cette pensée, assez dépassée.

Essayez avec tout ce que vous voulez (amour, ange, démon, baleine rouge ou singe jaune), ça marche…

Mais vous savez, évidemment comment répondre si on vous assène du Saint-Anselme.

Ne répondez pas que VOUS N’EN AVEZ AUCUNE IDEE.

Car on poutait vous répondre que le seul fait que vous ayez l’idée que vous n’en avez pas démontre que vous en avez.

Les mots s’amusent.

Moby Dick, le chef-d’oeuvre

Lisez les extraits et vous comprendrez le titre.

Il est des moments et des circonstances dans cette affaire étrange et trouble que nous appelons la vie où l’univers apparaît à l’homme comme une farce monstrueuse dont il ne devinerait que confusément l’esprit tout en ayant la forte présomption que la plaisanterie se fait à ses dépens et à ceux de nul autre. Pourtant, rien ne l’abat, comme rien ne lui paraît valoir la peine de combattre. Il avale tous les événements, tous les credo, toutes les croyances, toutes les opinions, toutes les choses visibles et invisibles les plus indigestes, si coriaces soient-elles comme l’autruche à la puissante digestion engloutit les balles et les pierres à fusil. Car les petites difficultés et les soucis, les présages d’un proche désastre ne lui semblent que des traits sarcastiques décrochés par la bonne humeur, des bourrades joviales dans les côtes expédiées par un farceur invisible et énigmatique. Cette humeur insolite et fantasque ne s’empare d’un homme qu’au paroxysme de l’épreuve ; ce qui, l’instant d’avant, dans sa ferveur lui apparaissait si grave, ne lui semble plus qu’une scène de la farce universelle. Rien de tel que les dangers de la chasse à la baleine pour développer cette libre et insouciante cordialité, cette philosophie désespérée ! C’est sous ce jour que désormais, je vis la croisière du Péquod et son but : la grande Baleine blanche.

« Toutes les baleinières, hormis celle de Starbuck, furent bientôt à la mer, les voiles établies, toutes les pagaies maniées vigoureusement, soulevant des ondulations rapides, elles se ruaient sous le vent, celle d’Achab en tête. Dans les yeux caves de Fedallah s’alluma une pâle lueur de mort, un rictus hideux tordit sa bouche.
Telles de silencieuses coquilles de nautiles, leurs proues légères fendaient la mer, mais elles ne purent approcher leur ennemi que lentement, car à mesure qu’elles avançaient, l’Océan se fit plus calme encore, il paraissait étaler un tapis sur les vagues et sa sérénité en faisait une prairie matinale. Enfin le chasseur haletant fut si près de sa proie, apparemment sans méfiance, que sa bosse éblouissante fut tout entière visible, glissant comme une île solitaire sans cesse sertie de l’anneau mouvant d’une écume verdâtre, légère et floconneuse. Il vit les grandes rides indiquées qui barraient son front soulevé hors de l’eau à l’avant et, projetée loin en avant sur le moelleux tapis d’Orient des eaux, la chatoyante ombre blanche de ce large front laiteux qu’accompagnait, joueuse, la musique des vaguelettes, cependant que, derrière lui, la mer bleue roulait dans la vallée mouvante de son sillage, et que de part et d’autre de ses flancs des bulles brillantes jaillissaient en dansant. Les pattes légères de centaines d’oiseaux joyeux les faisaient aussitôt éclater, dont les plumes posaient leur douceur sur la mer au gré de leur vol capricieux. Pareil au mât de pavillon d’une caraque dressé sur sa coque peinte, la haute hampe brisée d’une lance, récemment reçue, se dressait sur le dos blanc de la baleine. Par moments, s’isolant du dais léger tendu par le nuage des oiseaux qui planaient au-dessus du poisson, l’un d’eux se perchait et se balançait sur la hampe, les longues plumes de sa queue flottant comme des banderoles.
Une joie paisible, une souveraine sérénité dans l’élan même enveloppaient le glissement de la baleine. Jupiter, taureau blanc emportant à la nage Europe accrochée à ses cornes gracieuses, coulant ses beaux yeux malicieux vers la jeune fille, filant, avec une vitesse ensorcelante, vers la demeure nuptiale de Crète, Jupiter ne surpassait pas, en sa majesté suprême, la glorieuse Baleine blanche en sa nage divine.
De chaque côté de son flanc éclatant, le flot partagé s’évasait largement, et la baleine soulevait une vague de séduction. Il n’est pas étonnant, dès lors, que certains chasseurs, indiciblement transportés et attirés par tant de sérénité se soient aventurés à l’attaquer, découvrant pour leur malheur que cette quiétude n’était qu’apparence et cachait des ouragans. Ainsi tu voguais, ô baleine, calme si calme aux yeux de ceux qui te voyaient pour la première fois, sans souci de tous ceux que tu avais déjà pris à ce piège pour les tromper et les détruire.
Ainsi à travers la tranquillité de la mer tropicale dont les vagues, au comble de l’extase, taisaient leurs applaudissements, Moby Dick avançait, cachant encore l’épouvante détenue par son corps, et dissimulant la hideur de sa mâchoire torve. Mais bientôt il se leva sur l’eau, et pendant un instant le marbre de son corps s’arqua, pareil au pont naturel de Virginie, il agita, en signe d’avertissement, l’étendard de sa queue, et le dieu révéla en entier sa grandeur, sonda et disparut. Les oiseaux blancs planèrent et plongèrent, puis s’attardèrent longuement sur le lac agité qu’il avait laissé.
Les avirons matés, les pagaies baissées, leurs écoutes choquées, les trois baleinières flottaient en silence, attendant que réapparût Moby Dick.

Au coucher du soleil
(La cabine ; Achab, seul, est assis et regarde au-dehors par les fenêtres donnant vers l’arrière.)
Quel sillage blanc et trouble je laisse sur mon passage, de pâles eaux, de plus pâles joues. Les lames envieuses s’enflent derrière moi pour effacer ma trace. Qu’elles la fassent disparaître, j’aurai néanmoins passé le premier.
Là-bas déborde la coupe toujours pleine, la vague chaude rougit comme un vin. Le fil à plomb d’or sonde la mer. Le soleil qui, lentement, décline depuis le matin achève sa courbe plongeante, il descend cependant que s’élève mon âme ! Elle peine à cette montée sans fin. Serait-elle trop lourde, la couronne que je porte ? Cette couronne de fer des rois lombards ? Elle est pourtant sertie de pierres précieuses et moi qui la porte je ne puis voir l’éclat qu’elles jettent au loin, mais je sens obscurément que cet éblouissement engendre la confusion. C’est du fer – je le sais – non de l’or. Elle est brisée – je le sens. Ses bords déchirés me blessent si profond que mon cerveau semble palpiter dans un étau de métal. Oui, mon crâne est d’acier, point n’est besoin de casque dans cette lutte où la charge est lancée contre mon esprit !
La fièvre brûle mon front. Oh ! il fut un temps où le soleil levant m’était un noble aiguillon et un apaisement le soleil du soir. Rien ne m’est plus. Cette lumière adorable ne m’éclaire pas, toute beauté m’est une angoisse dont je ne peux tirer nulle joie. S’il m’est accordé de la percevoir à l’extrême, je suis privé de l’humble pouvoir d’y prendre plaisir. Je suis damné de la plus subtile, de la plus perverse façon ! Damné au cœur du paradis ! Bonne nuit… bonne nuit ! (Il agite la main et s’écarte de la fenêtre.)
Ce ne fut pas tâche si ardue. J’aurais cru trouver du moins un rebelle, mais ma roue dentée s’adapte à tous leurs engrenages et ils tournent. Ou bien, si l’on préfère, ils sont devant moi comme des tas de poudre et je suis l’étincelle. Mais le pire c’est qu’il faille consumer l’allumette pour communiquer aux autres la flamme ! Ce que j’ai osé, je l’ai voulu, ce que j’ai voulu, je le ferai ! Ils me croient fou – Starbuck le croit. Mais je suis satanique, je suis la folie elle-même déchaînée ! Cette folie furieuse qui n’a de lucidité que pour se comprendre elle-même ! La prophétie veut que je sois déchiqueté, eh… oui ! J’ai perdu cette jambe. Je prédis à présent que je démembrerai qui m’a démembré. Sois maintenant et le prophète et l’exécuteur. C’est plus que vous ne fûtes jamais, Dieux Grands. Je me ris de vous et je vous conspue, vous les joueurs de cricket, les pugilistes, les Burke sourds et les Bendigoe aveugles ! Je ne dirai pas ce que disent les écoliers aux brutes : « Trouvez quelqu’un à votre taille, ne me rossez pas ! » Non, vous m’avez abattu et je me suis relevé, mais vous vous êtes enfuis et cachés. Sortez de derrière vos ballots de coton ! Je n’ai pas de fusil pour vous atteindre. Venez, Achab vous présente ses compliments, venez voir si vous pouvez me détourner. Me détourner ? Vous ne le pouvez sans dévier vous-mêmes ! C’est là que je vous tiens ! M’écarter de ma voie, quand la route qui mène à mon but immuable est faite de rails d’acier et que les roues de mon âme sont creusées pour la suivre. Au-dessus de l’abîme des gorges, à travers le cœur transpercé des montagnes, sous le lit des torrents, je me rue tout droit devant moi ! Ni obstacle ni tournant à ma voie ferrée !

Les ronchons de la raison. Éloge de l’humain ému.

Lorsque, très humblement, vous précisez vous intéresser à la philosophie, beaucoup (à vrai dire presque tous) vous envient de connaître les principes de la sagesse, en ajoutant (c’est à la mode) que les penseurs ou sages orientaux ont, c’est dommage, été beaucoup ignorés avant que des intellectuels ou journalistes de renom ne viennent aider à leur réhabilitation.

Puis, beaucoup (là encore, presque tous) rappellent que « Philosophie » signifie « étude ou amour de la sagesse » et vous envient (encore) de connaître les penseurs grecs, inventeurs de ladite philosophie. Vous êtes donc un « sage » …

Puis, quand le « philosophe » s’énerve, lance un mot un peu vif, dénigre, pleure, est triste, réagit mal, tous (sans exception ici, sauf les vrais philosophes) s’étonnent de cette dichotomie, de cette non-coïncidence entre la philosophie maîtrisėe entendue donc comme sagesse et recherche de la rationalité et ce comportement non idoine, inadéquat au regard du couple conceptuel idéal initié par les grecs (raison et sagesse)

Le philosophe étant un sage devrait ainsi le rester toujours, sa connaissance philosophique devant configurer son cerveau et ses actes. Et la sagesse acquise par la philosophie s’incruste dans le corps du « philosophe »…

Rien n’est plus énervant (…) que cette conviction assez primaire qui ignore ce qu’est la philosophie. Rien n’est plus crispant que celui ou celle qui vous dit : »mais à quoi servent tes lectures philosophiques ?  »

C’est, d’abord, en effet, confondre philosophie et sagesse, puis philosophie et pensée grecque, philosophie et développement personnel, et, enfin, philosophie et raison.

Bref, une définition scolaire de la philosophie à l’attention des lecteurs de bords de piscines débordantes…

Or, nul n’ose le dire ouvertement, de peur de subir la critique, que « la raison » à laquelle les grecs (nos amis dans leur majorité) nous convient de manière récurrente, n’aide pas toujours à rassembler nos forces. Au contraire souvent et nécessairement, elle provoque le désarroi devant l’impuissance à la trouver, confortant l’impuissance dans la prétendue sortie nécessaire du sentiment (ou du romantica).

Et ce alors qu’il s’agit aussi d’une force vitale humaine, ce sentiment qui passe par l’exacerbation d’une émotion éclatée, assumée dans un langage explosif.

Elle aide les humains qui ne peuvent s’entendre dire constamment que la raison doit l’emporter. L’homme doit sûrement chercher à devenir « l’être de raison ». Mais c’est aussi un jongleur du sentiment qui peut louper une exhibition, sans que la raison ne l’aide à rétablir une passe. Laquelle, jonglerie merveilleuse avec l’air du monde, peut devenir, y compris dans la tristesse ponctuelle, un atout pour rester un humain et revenir non pas nécessairement à la raison, mais, plus simplement à la joie.

Puis, la philosophie ne peut se résumer à une technique ou à la sagesse. Il ne peut s’agir que d’une tentative de compréhension (non scientifique et conceptuelle) du monde, de ses ressorts, des idées qui peuvent, même fausses, le gouverner.

Donc, pour revenir à notre propos initial, la philosophie ne peut se limiter à un apprentissage, une recherche de la sagesse et un objectif (la raison).

Ce type de définition ne peut concerner que la pensée grecque, au demeurant post-socratique. Le philosophe peut parfaitement ne pas être un sage. Sauf (et c’est ici que se trouve le point nodal) si la maîtrise des concepts, alliée à une volonté de synthèse, bref la connaissance se transforme en génératrice de sagesse. À vrai dire de vérité, si l’on ose dire…

Il faut, au surplus, au risque de la répétition, les penseurs grecs ne nous aident pas toujours, carrés et donneur de leçons du raisonnable, lequel n’est pas nécessairement jouissif.

Ainsi, dans le livre IV de la République de Platon, Socrate établit une distinction dans l’âme humaine qui posséderait trois parties : le « principe désirant », (appétit, le désir), l’« ardeur morale », ou thymos (colère, le courage, irascibilité) et enfin le « principe rationnel » ( pensée, accès au divin).

L’émotion, elle, attachée donc au « thymotique », aux humeurs, au cœur, situées entre le bas-ventre et la tête, doit absolument être « maitrisée » par le principe de raison (« le principe rationnel doit commander et les principes dirigés n’entrent pas en conflit avec lui ».

Cette triple distinction, selon certains, sont en réalité celle entre le ça, le moi et le surmoi proposé par Sigmund Freud.

Aucune émotion, et statufiés…

Or c’est tant la connaissance du monde que la capacité émotive qui sauvent les humains.

Et peu d’humains peuvent suivre Épictète (v. 50-v. 125), lequel nous intime l’ordre de dominer nos passions en distinguant ce qui « dépend de nous » (nos « représentations ») et « ce qui ne dépend pas de nous » (les événements). Les armes du stoicisme.

Ainsi, devant un danger, de mort, j’ai peur. Or, stoïque, je dois me dire que la mort n’est pas si terrible, qu’elle n’est qu’un retour à la matière ; et qu’il ne dépend pas de moi que ce qui va éventuellement me faire mourir. Je suis devenu un héros. Même pas peur! Et ce avec la « bonne » représentation de la mort , « compréhensive » disent les stoïciens. Prêt à mourir, sans peur. Epictète, dans cette froide et prétendue utile rationalité la pousse assez loin.

Il dit : « Ton enfant est mort ? Il a été rendu. Ta femme est morte ? Elle a été rendue » (Manuel). Le deuil est ainsi rejetė puisque nous n’avons aucune prise sur la vie et la mort de nos proches,

Rendus, comme des objets prêtés…

Ces stoïciens pourtant admirés (y compris par moi),impassibles devant tout (destin, amor fati) nous transforment, loin de l’humain dans une mécanique qui oublie notre chair, notre sang…

Ils font des hommes des pierres sans sentiment qui tombent ou s’effritent…

Difficile de combattre le stoïcisme. Mais difficile de l’aimer quand on jouit du sentiment ou même dune jolie émotion…Celle de l’amour, par exemple. Qui nous ramène toujours à l’humain dont la faiblesse est aussi la force, la belle force du sentiment.

En réalité, c’est Kant qui a raison lorsqu’il propose les quatre questions qui couvrent le champ de la philosophie : Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? Qu’est-ce que l’homme ?

Et celui qui connaît quelques réponses documentées à ces questions peut, parfaitement ne pas être un sage. Et, pourtant, un vrai philosophe (cf supra, sur la définition dépassée de la philosophie).

Étant, au surplus observé que lorsqu’il s’agit de la première des réactions humaines constituée toujours par une émotion, elle n’intéresse la philosophie traditionnelle (grecque) que pour, encore, la détruire par la Raison.

Donc la philosophie, telle que la comprennent beaucoup n’aident pas beaucoup celui qui peut attendre du concept philosophique un accompagnent de l’émotion. Trop facile cette soumission à la raison, laquelle peut, au demeurant, si l’on lit entre les lignes de Damasio, être aussi une émotion…

Dès lors, la définition kantienne de la philosophie, post-inaugurale, après les grecs, peut, elle, nous aider, en comprenant le Monde et l’une de ses parties (nous). Et l’impassibilité du sage rationnel peut être ennuyeuse, non humaine à vrai dire…

La philosophie, entendue comme la sagesse grecque peut donc être une imposture, fondant les ouvertures de cabinet de développement personnel, qui, prétendant faire appel aux sages philosophes façonnent l’entourloupette dans la relation au « patient » que serait le chercheur de raison…

La philosophie, dans sa compréhension du monde, qui englobe aussi l’étude de la raison dominante est la seule qui vaille.

Il faut donc tenter de ne pas être trop « chic » en convoquant constamment la philosophie grecque, et le rationalisme stoïque, en les réduisant rapidement à la philosophie.

Il vaut quelquefois mieux « connaître » que dompter l’émotion par la raison. Et être ému, ce qui peut- être assez ancré dans une jouissance de l’humanité.

C’est ce que nous pouvons aimer, sentir notre spécificité humaine : la submersion jouissive dans l’émotion

Comme le disait, Spinoza, il faut juste savoir qu’on n’est pas libre pour jouir de sa liberté.

Long PS. Pascal, Pensées (encore). Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur, c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c’est en vain que le raisonnement, qui n’y a point de part, essaie de les combattre. Les pyrrhoniens, qui n’ont que cela pour objet, y travaillent inutilement. Nous savons que nous ne rêvons point, quelque impuissance où nous soyons de le prouver par raison ; cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non pas l’incertitude de toutes nos connaissances, comme ils le prétendent.

Car la connaissance des premiers principes, comme qu’il y a espace, temps, mouvement, nombres, est aussi ferme qu’aucune de celles que nos raisonnements nous donnent et c’est sur ces connaissances du cœur et de l’instinct qu’il faut que la raison s’appuie et qu’elle y fonde tout son discours […]. Les principes se sentent, les propositions se concluent et le tout avec certitude quoique par différentes voies – et il est aussi inutile et aussi ridicule que la raison demande au cœur des preuves de ses premiers principes pour vouloir y consentir, qu’il serait ridicule que le cœur demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions qu’elle démontre pour vouloir les recevoir.

Cette impuissance ne doit donc servir qu’à humilier la raison, qui voudrait juger de tout, mais non pas à combattre notre certitude, comme s’il n’y avait que la raison capable de nous instruire ; plût à Dieu que nous n’en eussions au contraire jamais besoin et que nous connaissions toutes choses par instinct et par sentiment, mais la nature nous a refusé ce bien ; elle ne nous a au contraire donné que très peu de connaissances de cette sorte, toutes les autres ne peuvent être acquises que par raisonnement.”

_Pascal, Pensées

Presque une imposture

C’est à l’arrêt, devant un feu rouge trop long qu’on m’a posé la question de savoir où trouver un résumé clair et fécond de la pensée de Spinoza.

La questionneuse (une vraie curieuse) me demande si le texte qu’elle vient de lire dans l’encyclopédie Universalis, signé par Robert Misrahi, est suffisant pour une première appréhension de la pensée du philosophe qui a inventé la modernité.

Je m’énerve un peu, pas trop (c’est fatigant) et lui réponds que je n’arrive toujours pas à comprendre comment ce Misrahi, certainement intelligent, lettré, cultivé, interessant (je ne plaisante pas ) a pu se voir confier, au lieu et place de Henri Atlan, un exposé sur la pensées de Spinoza.

On me demande pourquoi et je réponds immédiatement que je ne vois pas comment un sartrien (JP Sartre) notoire peut comprendre, en tous cas entrer dans la pensée de Spinoza à l’opposé du sujet existentiel sartrien. Mieux encore, son antinomie.

Je suis retourné voir le texte de Misrahi qui m’avait déjà choqué il y a quelques années lorsque j’ai décidé de me consacrer sérieusement à l’étude du Maitre;

Je colle ici un extrait :

Lisez, c’est presque Sartre, de la psychologie de très bas étage. De la transformation d’une structure en sujet, pour faire court.

Dommage, Misrahi  n’est pas un homme vain. Mais infesté par l’existentialisme, il détruit ses vertèbres..

Lisez.

Dans un prochain billet, j’écrirai, très sérieusement, à quel point cette vision du sujet joyeux inc-vent »é par Misrahi dans la pensée de Spinoza est une erreur, à la limite de l’imposture.

« L’homme libre et la joie

Souvenons-nous d’abord de la nature de la servitude : elle ne consiste pas dans la causalité stricte qui lie les idées aux idées et les événements matériels (ou corporels) aux événements matériels. Le déterminisme de la nature (si fortement affirmé par Spinoza) n’est jamais posé comme servitude : celle-ci n’est au contraire que l’ignorance des déterminismes et la soumission à des déterminations externes.

Il n’y aura donc pas contradiction entre déterminisme et liberté si celle-ci est définie non pas comme l’absence de cause et comme l’inintelligible libre arbitre, mais comme la connaissance réflexive de l’affect qui, dissolvant les images et les faux biens, transforme l’affect passif (hétéronome et aveugle) en affect actif (autonome et éclairé). La libération n’est pas la suppression du désir, mais sa transmutation par la réflexion : or cette réflexion sur le désir est toujours possible puisque l’affect est précisément l’idée d’une affection du corps, et que nous sommes toujours conscients de nos idées. Quand nous sommes « inconscients » (l’appétit remplaçant le désir), c’est que nous n’avons que des idées confuses et tronquées sur nous-mêmes et le monde où nous agissons.

Par la connaissance réflexive de la nature et de nous-mêmes, nous pouvons donc transformer le désir passif en désir actif, passant de la dépendance par rapport aux causes externes à l’autonomie qui nous réalise selon notre propre désir et notre propre causalité. Le pouvoir de l’individu se déploie alors effectivement ; son essence singulière se réalise alors authentiquement dans la joie et l’indépendance.

La liberté n’est donc pas la fuite hors de la nature ni la négation du corps, mais bien au contraire la réalisation, dans cette nature et selon ses lois, des puissances conjointes du corps et de l’esprit. Le spinozisme est le contraire d’un ascétisme. Libéré des valeurs transcendantes et objectives, libéré de la peur de la mort et de l’angoisse métaphysique (puisqu’un seul monde est donné, qui est le nôtre), l’homme devient effectivement ce qu’il désire être, et déployant son pouvoir, il accède à la joie.

Ce pouvoir, il est clair qu’il dépend de la connaissance adéquate (réflexive et totalisatrice), puisqu’elle seule peut rendre le désir à lui-même et l’homme à sa causalité immanente. C’est pourquoi la connaissance du troisième genre (qui est la philosophie même) sera la plus haute « vertu «  : la vertu, c’est-à-dire la perfection, n’est rien d’autre pour Spinoza que la réalité. Puissance, réalité, perfection sont identiques. Or seule la connaissance peut conduire le désir à sa plus haute réalité et à sa plus haute perfection. Seule elle est capable de définir, pour chacun, l’« utile propre », c’est-à-dire un bien qui soit à la fois spécifique et réel : seule, par conséquent, elle peut mener le désir à la plus haute joie, qui est de puissance, d’indépendance et de sérénité. La liberté n’est rien d’autre.

On le voit, elle est fondée sur la réflexion, seule capable de réaliser authentiquement le désir par la cohérence des buts finaux et des moyens termes. Et cette liberté réflexive, inséparable d’un authentique pouvoir, a pour contenu la joie même.

C’est pourquoi il n’y a pas de différence entre liberté et béatitude. La liberté comme joie et perfection souveraine est béatitude parce que, ainsi que le recherchait le Traité de la réforme de l’entendement, elle est permanente et continue. La béatitude est donc, comme liberté et joie, le salut même : c’est la plus haute perfection, la plus haute joie et la plus solide des réalités. C’est pourquoi elle est le plus haut contentement de l’esprit et du désir : l’acquiescientia in se ipso, à la fois satisfaction de soi, accord avec soi-même et le monde, et repos actif en soi-même.

Cette joie et cette liberté découlent, on l’a vu, de la connaissance du troisième genre, c’est-à-dire d’une « science intuitive » et rationnelle qui est la philosophie même. Elles découlent donc de la connaissance de l’unité de la Nature, ou Dieu. Comme elle est une joie, on peut la considérer comme un amour : l’amour n’est rien d’autre que la joie accompagnée de l’idée de sa cause. Le suprême pouvoir et la suprême vertu conduisent à l’« amour intellectuel de Dieu «  : relation réflexive au tout de l’Être, qui confère joie et satisfaction, indépendance et liberté.

Par-là, la conscience accède à une certaine espèce d’éternité : non pas l’immortalité empirique et imaginative (il n’y a pas d’âme), mais une manière d’être et de vivre selon la vérité des déterminations essentielles, détachée des contingences empiriques liées au temps ordinaire. Certes, cette « éternité » appartient à l’esprit par essence et par nature. Cependant, puisqu’au terme du long itinéraire que constitue L’Éthique la conscience accède à une joie et à une permanence qu’elle n’avait jamais éprouvées, tout se passe comme si « l’esprit commençait seulement à être » (Éth., V, 31, sc.) et commençait seulement à comprendre les choses sous l’aspect de l’éternité.

Il s’agit en fait d’une « seconde naissance » (comme le disait déjà le Court Traité) : cet amour intellectuel de Dieu, quoique éternel, « a toutes les perfections de l’Amour, comme s’il avait pris naissance » (Éth., V, 33, sc.).

Il s’agit (puisque Dieu, Nature, Vérité sont identiques) d’une naissance à soi, d’une entrée dans la liberté et la joie, et non pas d’une entrée ou d’un voyage dans un autre monde. Le langage même de Spinoza oblige à faire cette précision : c’est que l’allusion aux valeurs mystiques est seulement destinée à suggérer que l’enjeu existentiel du spinozisme (joie, liberté, repos actif en soi-même) est aussi important que l’enjeu métaphysique des mystiques ; la béatitude éternelle n’a, en fait, qu’un sens recevable et c’est, croyons-nous, le sens spinoziste, purement immanent, mais suprêmement exigeant, totalement réflexif et totalement existentiel à la fois.

Donc, lisez, je reviens donc bientôt, étant précisé qu’il y a des bribes de Spinoza dans ce texte, mais mâtiné de psychologisme, on écrase, sous le sujet, la pensée du Maitre. 

Pascal, infini

On ne lasse pas de lire les pensées de Pascal et sa page tirée du fond d’une écriture presque divine sur l’homme dans l’infini.

Donc, on colle et on relit :

“Que l’homme, étant revenu à soi, considère ce qu’il est au prix de ce qui est; qu’il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature; et que de ce petit cachot où il se trouve logé, j’entends l’univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix.

Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? 

Mais pour lui présenter un autre prodige aussi étonnant, qu’il recherche dans ce qu’il connaît les choses les plus délicates. Qu’un ciron lui offre dans la petitesse de son corps des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures, des veines dans ces jambes, du sang dans ces veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ces humeurs, des vapeurs dans ces gouttes; que, divisant encore ces dernières choses, il épuise ses forces en ces conceptions, et que le dernier objet où il peut arriver soit maintenant celui de notre discours; il pensera peut-être que c’est là l’extrême petitesse de la nature. Je veux lui faire voir là dedans un abîme nouveau. Je lui veux peindre non seulement l’univers visible, mais l’immensité qu’on peut concevoir de la nature, dans l’enceinte de ce raccourci d’atome. Qu’il y voie une infinité d’univers, dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible […].

Car enfin qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d’où il est tiré, et l’infini où il est englouti.

Puis la plus connue, en conclusion de ceux qui la précèdent.:

«88-. Quand je considère la petite durée de la vie, absorbée dans l’éternité précédente et suivante, le petit espace que je remplis, et même que je vois, abîmé dans l’infinie immensité des espaces que j’ignore et qui m’ignorent, je m’effraie et m’étonne de me voir ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors. Qui m’y a mis ? Par l’ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi ? Memoria hospitis unius diei praetereuntis (*).

«89-. Pourquoi ma connaissance est-elle bornée ? Ma taille ? Ma durée à cent ans plutôt qu’à mille ? Quelle raison a eue la nature de me la donner telle, et de choisir ce nombre plutôt qu’un autre, dans l’infinité desquels il n’y a pas plus de raison de choisir l’un que l’autre, rien ne tentant plus que l’autre ?

90-. Combien de royaumes nous ignorent !

91-. Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie»

Pascal, Pensées.

Trois mousquetaires sous le crâne.

Paul MacLean est un neurobiologiste américain.

En 1969, il a exposé la structure du cerveau humain, la réaction des humains aux diverses situations.

Et les 3 cerveaux qui déterminent le processus de conviction et des réactions.

1. le cerveau reptilien

C’est le plus ancien de nos cerveaux et aussi celui que nous partageons avec les animaux. Il gère tout. Tous nos désirs et se déclenche sans cesse et nous rend impulsif, ne réfléchit pas et se cale dans le présent. C’est le premier cerveau à se déclencher quand nous sommes confrontés à quelque chose de nouveau. Par exemple, si vous essayez de convaincre ou de persuader quelqu’un , c’est d’abord son cerveau reptilien qui réagira. Il fuit (on verra… ) , attaque (pas OK, nul !) , ou paralyse (le OK, Ok… ).

2. le cerveau limbique

C’est le cerveau des ÉMOTIONS et des jugements de valeur. Possible, pas possible ? Il est créatif et accompagne, dans sa plasticité le positif, la bonne réaction, .

3. le néocortex

C’est le cerveau évolué, spécifique aux humains. RÉFLEXION, raisonnement, logique et de la mise en mouvement. C’est avec ce cerveau que NOUS décidons de nos actions (vacances, inaction dépense) Avec ses deux hémisphères cérébraux, c’est celui qui prend le plus de place. Il est à l’origine du langage et de l’imagination. Il peut analyser, faire des comparaisons et maîtriser les notions de distance et de temps (passé, présent, futur). Il a des capacités d’apprentissage infinies et évolue sans cesse.

Alors ? Grâce à cette découverte des trois cerveaux de McLean, nous pouvons enfin comprendre pourquoi, lorsque nous nous acharnons à vouloir faire raisonner et à mettre en mouvement nos interlocuteurs, nous n’y arrivons pas. C’est impossible si nous ne les avons pas rassurés (cerveau reptilien) et touchés (cerveau limbique) avec des émotions positives avant. décision tout seul ! Grâce à cette théorie et les derniers travaux des neurosciences, nous savons comment agir.

Mais n’y arrivons jamais parfaitement.

Vous savez pourquoi ?

Parce que les trois cerveaux nous noient dans leur gélatine.

Il faut, je le crois, fabriquer, pour mieux vivre un quatrième cerveau :

Celui qui repose les cerveaux.

Mais les trois autres qui veulent exister se rebelleraient. Tous contre un.

Le repos est un ennemi du cerveau.

Dommage.

Un demi !

Rien ne vaut un bonne bière friche. Et l’on constate, aux terrasses de café qu’il s’agit (à par l’idiot cocktail Pritz à la mode et mauvais) qu’il s’agit de la boisson la plus consommée.

Je n’hésite donc pas à coller ci-)dessous un article de mon « Flipboard » qui m’a assez enchanté, ma consommation de cette boisson étant presque quotidienne.

« Les 6 bonnes raisons de boire de la bière selon la science !

 

De nombreuses études ont prouvé que la bière, à l’instar du vin, pouvait avoir des effets bénéfiques sur la santé, à condition d’une consommation modérée. Voici notre top 6 des effets positifs de la bière sur la santé selon la science. 

Boire de la bière, c’est bien. Mais que ça soit validé par la science, c’est mieux ! Non, vous ne rêvez pas, boire de la bière, d’après la science, c’est bon pour la santé. On savait déjà que boire un verre de vin rouge par jour était bon pour le coeur, mais on imaginait pas tous les effets bénéfiques de la bière sur la santé. Voici le top 6 des meilleures raisons de boire de la bière cet été, selon la science ! 

1. Les os 

Ne culpabilisez plus, après le boulot, pendant une partie de pétanque ou même en vous prélassant à la plage, vous pouvez boire une bière, c’est bon pour votre santé. À commencer par vos os ! La bière contient une importante quantité de silicium, qui permet le développement des tissus osseux. Grâce à une consommation modérée, la bière va donc prévenir l’ostéoporose. En 2009, une étude a démontré que les personnes s’autorisant un à deux verres de bière par jour avaient une densité osseuse plus élevée que les autres.

2. Le coeur  

Une petite mousse, à l’instar du vin rouge, c’est aussi bon pour le coeur. De très nombreuses études montrent l’importance de la consommation quotidienne de bière afin de prévenir des maladies cardio-vasculaires. Les chiffres sont impressionnants, puisqu’il s’agit d’une réduction de 20 à 40% des risques de subir une crise cardiaque. La bière contient également du « bon cholestérol » le HDL, qui va aider à prévenir l’obstruction des artères. 

3. Les reins 

En plus des os et du coeur, la bière serait également bénéfique pour les reins. Eh oui, on savait déjà que l’eau est importante pour permettre aux reins de bien fonctionner et que la bière est composée à 95% d’eau (en moyenne). Mais c’est grâce au houblon de la boisson que l’on va empêcher la formation des calculs rénaux. Pour les consommateurs réguliers, le risque de développer des calculs peut chuter de près de 40%.

4. Le cerveau 

Bien que pour certains, une bonne consommation de bière ne vous rend pas plus intelligents, cette dernière a tout de même des effets bénéfiques sur le cerveau. Oui, oui, sur le cerveau. D’après une étude, la bière réduirait les propensions à développer la maladie d’Alzheimer et les autres maladies neurodégénératives

5. Diabète et AVC.  

Diabète et AVC, vous pouvez lutter contre ces deux fléaux avec de la bière. En effet la bière va contribuer à augmenter votre sensibilité à l’insuline, ce qui aider à vous protéger du diabète. La bière va également diminuer les risques de formations de caillots sanguins.Ces derniers ne vont donc pas obstruer les flux sanguins vers le coeur et le cerveau, ce qui aidera grandement à réduire les risques d’AVC (accident cardio-vasculaire).

 
6. Les vitamines 

Enfin, si vous en doutiez, la bière, c’est plein de vitamines. Les consommateurs réguliers de bière ont un taux de vitamines B6 30% plus élevé que la moyenne, et une petite mousse contient également de la vitamine B12 et B9

 
 

Le corps et le monde

 

 

Conversation téléphonique avec une personne curieuse et honnête (de celles, simples et rares qui ne connaissent pas la fourberie, ou la trahison).

Conversation autour de la sensibilité. Il s’agissait, pour ce qui me concerne, de la sensibilité concrète, émotive, émotionnelle, du côté du sentiment, de la plénitude des instants. Des gens de cœur, des gens « sensibles », pour faire court. Rien ne vaut la sensibilité disais-je, elle empêche, par un cœur qui se transporte dans l’espace et les autres, la vilénie et le blues. Une sensibilité joyeuse contre la sensibilité génératrice du désespoir et du spleen. Accompagnatrice des moments grandement perçus et vécus, qui s’ordonnaient en cercle autour d’un sens et générait joie ou tristesse. En tous cas une émotion. Donc pas la sensiblerie, mais la sensibilité presque romanesque.

Et rien à voir avec un concept philosophique. J’attendais donc une conversation enjouée sur « le cœur » et ceux qui le possédaient.

Mais voilà que je suis rattrapé par une réputation de petit connaisseur de la philosophie et l’interlocuteur me pose la question de la sensibilité chez Kant. En insistant sur le fait que chaque fois qu’il lit un texte où il est question de ce philosophe, l’on tombe toujours sur le terme de « sensible », opposé, me dit-il à « il-ne-sait-pas ».

Il me demande si je peux expliquer.

Je m’énerve un peu, précise à nouveau que je n’étais pas dans le concept mais dans le sens (la sensibilité du sens). Et le coeur, au sens du sentiment.

L’interlocuteur insiste.

Je tente donc, un peu excédé, d’expliquer. Du moins, je fais appel à mes souvenirs sur la distinction entre le monde perçu et le monde tel qu’il est vraiment ( en soi).

Et je me souviens de la citation de base du kantisme selon laquelle « il existe deux mondes : notre corpset le monde extérieur ».

Je sors donc la base explicative d’une simplicité scolaire :

Notre sensibilité qui est notre pouvoir (inné et non conceptualisé) de percevoir un monde s’oppose à la connaissanclaquelle est conceptuelle (ou intuitive).

Notre sensibilité fait apparaitre le monde et ses choses dans l’espace et le temps et notre connaissance conceptualise les choses.

D’un côté, une apparition, de l’autre, une construction.

Dès lors qu’est donc la chose ? dis-je, comme un professeur socratique au téléphone (je me laisse donc, idiotement entrainer dans le petit cours). Simple : celle qui existe « en soi », le réel tel qu’il est lui-même, radicalement indépendant de l’idée qu’on peut en avoir, de la connaissance intuitive et sensible. La « chose en soi ».

Ces choses « en soi » ne sont pas perceptibles et sont hors de la connaissance première.

« Il existe donc deux mondes : le monde sensible perçu par notre corpset le monde tel qu’il est en lui-même. » (Kant)

J’entends un long silence au bout du fil.

Je questionne : pas clair ?

On me répond : tout ceci pour dire la différence entre la vision du carré et ses propriétés géométriques ?

Et c’est là que je me surprends à répondre : Absolument pas : la différence entre la caresse d’un bras et l’idée de l’amour.

Je ne sais ce qui m’a pris, tant la comparaison est idiote, même si elle est un peu kantienne.

L’interlocuteur me répond :

 – Ah, je comprends, je vais, de ce pas caresser le bras de ma femme, et si elle a l’idée de l’amour, nous le ferons.

Nous avons ri. C’était sympa. Il en faut peu pour retourner un instant.

 

23 euros pour mendier

Je colle ci-dessous une nouvelle dont le commentaire est inutile. Sauf pour dire que la Suède, depuis quelques années, y compris sur son antisémitisme, est sur la voie de la disjonction…

« Depuis le 1er août, les mendiants de la ville d’Eskilstuna, non loin de Stockholm, doivent acheter un permis pour être autorisés à faire la manche.

C’est une mesure qui fait parler d’elle en Suède comme à l’étranger. À Eskilstuna, une ville de 100.000 habitants à l’ouest de Stockholm, un permis tout à fait nouveau est expérimenté depuis le 1er août 2019: celui de faire la manche. Facturé 250 couronnes, soit environ 23 euros, et valable trois mois, il est désormais nécessaire pour avoir le droit de mendier dans les rues de la ville. »

(Le Figaro.fr. 08/08/2019)

Doisneau, le baiser non volé.

Tout le monde s’est extasié devant cette magnifique « photo de rue », intitulée Baiser de l’hôtel de ville, prise en 1950 par Doisneau. Et tout le monde sait depuis longtemps qu’il s’agissait d’une mise en scène.

Beau couple, amour, passion, Paris. Photo mythique, collée par milliers dans les chambres d’étudiants.

On connait donc l’histoire de cette photo censée avoir prise dans la spontanéité : une commande du magazine Life, mise en scène avec des étudiants en théâtre au cours Simon, que Doisneau a vu s’embrasser à une terrasse de café et à qui il a demandé de refaire le même baiser debout au, milieu de la place de l’Hôtel de Ville.

On sait aussi que la jeune femme s’appelle Françoise Bornet, laquelle a intenté un procès à Doisneau pour encaisser des droits d’auteur. Elle a perdu ce procès parce que pas identifiable. Doisneau a aussi perdu moralement, certains considérant qu’il s’agissait donc d’une filouterie.

L’on connaît ma passion pour les photos dites « de rue ». Mais, ici, je ne donnerai pas mon avis et laisse le lecteur le deviner.

Je colle néanmoins ci-dessous, une « vraie » photos d’un vrai baiser de rue. Madrid.

Assombrie à outrance, pour ne pas risqué le procès : non identifiables. Ils sont très beaux.