Le pompon blanc

Oui, c’est le pompon. Lisez cet extrait du Figaro. Je ne commente pas.

L’Oréal supprime les mots «blanc», «blanchissant» et «clair» de ses produits

Cette décision intervient dans un contexte mondial de manifestations anti-racistes.Par Le Figaro avec AFPPublié il y a 10 heures, mis à jour il y a 6 heures

Le groupe L’Oréal a décidé de retirer certains mots, tels que «blanc» ou «blanchissant», de la description de ses produits cosmétiques sur ses emballages, dans un contexte mondial de manifestations anti-racistes.

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«Le groupe L’Oréal a décidé de retirer les mots blanc/blanchissantclair de tous ses produits destinés à uniformiser la peau», indique le géant français des cosmétiques dans un communiqué publié en anglais samedi 27 juin, sans plus de détails, notamment sur un retrait immédiat ou non des rayons.

Cette décision vient après celle de la filiale indienne d’Unilever, qui a choisi de rebaptiser sa crème éclaircissante pour la peau commercialisée sous le nom de «Fair & Lovely». L’entreprise anglo-néerlandaise a promis de ne plus recourir au mot «Fair» («clair») car la marque se dit «engagée à célébrer tous les tons de peau».

Géant américain, Johnson and Johnson a décidé d’aller plus loin, en interdisant cette semaine la vente de substances éclaircissantes conçues pour l’Asie et le Moyen-Orient.

D’autres entreprises font des dons : Apple a lancé une initiative pour «l’équité raciale et la justice» de 100 millions de dollars, pour l’éducation, les associations et entreprises détenues par des personnes noires. PepsiCo, de son côté, a annoncé un plan de 400 millions de dollars sur 5 ans «pour soutenir les communautés noires et augmenter leur représentation» au sein du groupe.À lire aussi : La communication des marques est-elle devenue politique ?

L’ampleur des protestations anti-racistes, déclenchées par la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis, met la pression sur les entreprises. Plusieurs groupes américains ont annoncé leur intention de modifier leur identité visuelle, tels que Mars, qui dit réfléchir à faire évoluer son célèbre Oncle Ben’s.

Rosenszweig et l’éclat de rire

Comme promis dans le précédent billet. Cette histoire de la décision soudaine de la non-conversion de Franz Rosenzweig, il la racontait presque tous les jours, cet ami, du moins presque. Il ne faut pas expliquer les fondements de cette obsession. Tu laisses ça aux traqueurs de l’angoisse, les compliqués. Rien de grave, et puis l’histoire est belle. C’est ce que je lui disais, lorsque le sang lui montant aux tempes, s’empourprant de colère, il me fixait pour attendre un mot, une accolade, un geste adéquat. Je lui disais qu’il ne fallait pas chercher à expliquer. Calme, calme, reste calme, ami.

Dans sa lettre adressée à Rudolf Ehrenberg, datée du 10 octobre 1913, Rosenzweig écrivait :

« Cher Rudi, je dois te faire part d’une chose qui risque de te chagriner et qui, à tout le moins, te sera incompréhensible. Au terme d’une réflexion longue et, comme je le crois, approfondie, je suis arrivé à la conclusion de devoir revenir sur ma décision. Elle ne me semble plus nécessaire et, pour cette raison, elle devient dans mon cas impossible. Je reste donc juif. » [1]

On rappelle l’histoire. Franz Rosenzweig, l’un des rares philosophes du judaïsme, prit cette décision de ne pas se convertir au christianisme dans lequel il baignait depuis des années. Il entendit, dans cette nuit (c’est sûrement un mythe, il faur plusieurs nuits pour changer les rides d’un front) dans le judaïsme une dimension méta historique et intemporelle et la vocation du peuple juif comme réalité du monde moderne. Stéphane Mosès (lisez son « retour au judaisme » le raconte merveilleusement Donc, une discussion « nocturne » du 7 juillet 1913 avec Eugen Rosenstock, juif converti au protestantisme, qui l’avait poussé dans cette voie de la conversion, le convainquant que le christianisme constituait la nouvelle civilisation, au-delà de la théologie. Franz avait annoncé à ses parents qu’il allait se convertir au christianisme.

Puis, pour une dernière fois, à Berlin, il assista à l’office de Yom Kippour. Et il eut cette révélation, une sorte de frisson. Celle de l’existence du peuple juif et sa particularité dans le monde, par son livre et sa pratique qui, presque seul dans le monde des peuples, tord le cou au paganisme. Parole que les prophètes d’Israël auraient transmise aux générations futures : l’éthique contre le politique et la réalité historique.

Mais je m’étais promis de ne pas, dans mon billet, exposer la pensée et la triturer. Juste évoquer les tempes explosives de mon presque-ami lorsque Rosenzweig et sa presque-conversion était évoquée.

Puis, un jour, je ne sais comment, alors qu’il fermait les yeux, fatigué par une conversation que nous initions à la terrasse d’un café entre plusieurs anciens étudiants, j’ai eu une révélation. Sa fatigue était celle d’une obsession et sa réaction sur Rosenzweig devait avoir un sens.

Alors, rentré chez moi, je lui téléphone, persuadé que c’était le moment, le temps de l’éclaircissement. Et je lui pose , d’emblée la question de l’origine de l’exacerbation de de sa friction précitée.

Et il me dit qu’il a appris que sa mère n’était pas juive, il y a cinq ans, qu’elle avait menti puisque sa mère, donc la grand-mère, n’était pas juive, qu’elle aussi avait menti. Et qu’un juif qui veut se convertir, ça lui fait monter le sang dans les tempes…

Je crois que je n’ai jamais autant, de ma vie, éclaté de rire. Il a d’abord été choqué par ma réaction. Puis les hoquets de mon rire qui n’en finissait pas aidant, il se mit à rire aussi.

Et le lendemain, on s’est rencontré et quand on a prononcé le nom de Rosenzweig, on a encore éclaté de rire. Et puis, dans les petites années qui ont suivi, lorsque l’on écoutait à notre table, un fanfaron ou un idiot, on se regardait, on levait notre verre et on disait « Rosenzweig ! ». Personne ne comprenait notre éclat de rire.

Il ne m’a jamais dit que je l’avais sauvé par mon rire. Il aurait pu.

Chaque fois que je lis le nom de Rosenzweig, je suis ébloui par l’intelligence de ce philosophe. Mais je commence à rire avant de lire. Ce n’est pas sérieux.

étoile

Mon titre est le nom que je donne à Franz Rosenzweig, immense bonhomme. En référence, évidemment, à son ouvrage majeur sur le judaisme qui devrait interpeller le monde et pas seulement les juifs. Même si beaucoup, sont un peu rebutés par l’hégélianisme, de temps à autre « convoqué ». Mais je l’assure, il suffit de choper quelques bribes d’un livre pour l’absorber entièrement et il n’est nul besoin d’érudition radicale pour ce « vol » de l’essentiel. Les mots vrais sont toujours rattrapés par le lecteur.

Dans un prochain billet, je raconterai, en romançant à peine, l’histoire de cet homme que j’ai connu, pas vraiment un ami mais presque, qui était hanté et obsédé par la nuit pendant laquelle après ce qu’il croyait être son ultime office de Yom Kippour avant sa conversion au christianisme, Franz Rosenzweig renonça en écrivant le lendemain « je reste juif ». Je raconterai sans emphase comment, à ce presque-ami, le sang lui montant aux tempes, son visage s’empourprait dès qu’on faisait allusion à cette non conversion subite de l’immense philosophe de la judéité, l’auteur de « l’Etoile de la rédemption ».

En l’état, je fais profiter, à ceux que ça intéresse d’une de ses lettres dans laquelle, l’on décèle, sept ans après la fameuse nuit ce qu’est devenu la personne, dans sa pensée -s’entend.Il est bon de lire de tels textes si bien écrits, au fond de lui.

Cassel, le 30 août 1920.

Très vénéré Professeur,

« Je vous remercie cordialement pour les mots bienveillants que vous avez dits à propos de mon Hegel  [1][1]Il s’agit du premier volume de Hegel et l’État qui avait été,… ; j’espère pouvoir rapidement déposer entre vos mains le second volume ; j’envoie sous huitaine les dernières corrections à Oldenbourg.

Tout récemment, à Berlin, j’ai senti ne pas être capable de vous rendre convaincante la nécessité personnelle de ma démarche. Pourtant, c’est ce à quoi j’aurais bien voulu parvenir. La nécessité seulement personnelle ; l’objective – j’y crois également –, mais je sais qu’alors je puis me fourvoyer, et je n’ai pas assez d’obstination dans ma volonté d’avoir raison pour ne pas y renoncer. Ce fut certes mon erreur à Berlin que d’avoir voulu néanmoins essayer de vous rendre clair ce qui était décisif sur le plan personnel à partir de ce qui était objectif, et qui cependant n’était à mes yeux, dans le meilleur des cas, qu’une confirmation de ce qui, intérieurement, était depuis longtemps conscient, rien de plus. Sans doute me trompé-je dans mon jugement historico-philosophique sur le moment que nous avons vécu ; je suis assez dépendant du monde où j’ai grandi pour justement souhaiter me tromper. Mais c’est tout à fait indépendamment de cela (tout au plus comme un pressentiment personnel, si cela existe, entretient un lien de dépendance avec la catastrophe mondiale qui le suit), indépendamment, donc, de tout optimisme historico-philosophique ou de tout pessimisme, que s’est produit ce qui m’est arrivé et qui, comme vous l’écrivez et comme je dois l’admettre, m’a muré la voie simple et droite « offerte à mon talent ». Il est si difficile d’en parler. Ce fut une sorte de lâcheté qui, à Berlin, me fit tenter de m’expliquer auprès de vous à partir d’un point de vue objectif. Or cela n’est pas praticable. Il me faut donc écarter toute honte et parler de moi, personnellement. Prêtez-moi une oreille amicale.

5En 1913, il m’est arrivé quelque chose qui, si je dois jamais en parler, ne peut être autrement défini que par le terme d’ « effondrement » [2][2]Entre 1910 et 1913, Rosenzweig avait envisagé de se convertir…. Je me suis retrouvé soudain dans un champ de ruines ou, plutôt, je me suis aperçu que le chemin que je suivais conduisait à des irréalités. C’était justement la voie que seul mon talent ou plutôt mes talents m’indiquaient. Je devinais l’absurdité d’une telle main mise du talent et de cet auto-assujettissement. Sous mes yeux, un effroi s’empara de moi, semblable à celui qu’avait pressenti chez moi, un an auparavant à Fribourg, Kähler [3][3]Siegfried Kähler (1885-1967) était un étudiant, ami de…, face à ma faim insatiable, absurde et sans but, de structures, faim dont l’impulsion se nourrissait d’elle-même. Cette soif de formes, ce que je pensais être une insatiable réceptivité, l’étude de l’histoire à laquelle je me consacrais aurait dû la servir ; je me serais certainement contenté d’être l’auxiliaire de cette impulsion. Cet homme que j’étais et face à qui, comme je le constate aujourd’hui, d’autres ressentaient de l’effroi, me faisait peur à cette époque-là. Parmi les lambeaux de mes talents, c’est moi que je cherchais ; parmi toute cette pluralité de personnes, j’en cherchais une. C’est ainsi qu’alors je descendis en moi-même (on ne peut parler de ce genre de choses qu’à travers des métaphores), vers les caves voûtées de ma nature, là où les talents ne pouvaient plus m’accompagner, et je parvins à cette vieille malle dont je n’avais jamais oublié l’existence, car j’étais habitué à descendre dans cette cave à certains moments précis, et à contempler ce qui gisait sur le dessus de cette malle une fois ouverte ; et ce furent toujours les grands moments de mon existence. Je ne pouvais plus alors me borner à cela : j’y plongeai mes mains et me remuai couche après couche jusqu’à parvenir au fond de la malle ; mais je n’atteignis pas ce fond. J’y puisai et me chargeai de tout ce que mes bras purent emporter ; j’oubliai presque que j’étais toujours simplement… dans le sous-sol de mon moi. Je remontai vers les niveaux supérieurs et j’étalai les trésors rapportés ; la lumière du jour ne les priva pas de leur éclat. C’étaient mes trésors, ma propriété la plus intime, mon héritage, rien d’emprunté. En leur possession et pleine jouissance, j’avais désormais ce qui auparavant m’avait manqué : le droit de vivre – et même d’avoir des talents, car c’est alors moi qui les possédais et non pas eux, moi.

6Mais, pour le dire sans métaphores : d’historien (parfaitement digne de l’habilitation), j’étais devenu philosophe (totalement impossible à habiliter), si je veux subsumer cet événement d’alors sous ces notions qui ne sont pas très appropriées. L’essentiel, pourtant, est que, pour moi, la science en général n’avait plus une signification centrale, et que, depuis lors, ma vie est commandée par cet « élan obscur » dont je suis conscient que l’appeler « mon judaïsme » n’est en fin de compte que lui donner seulement un nom. L’aspect scientifique de toute cette démarche, la métamorphose de l’historien en philosophe, n’est qu’un épiphénomène qui m’a cependant apporté cette confirmation toujours bienvenue que « l’esprit que j’ai vu » n’était pas un diable ; je crois avoir aujourd’hui une plus solide assise dans le monde qu’il y a sept ans. L’auteur de L’Étoile de la Rédemption, qui va très bientôt paraître chez Kaufmann à Francfort, est d’un autre calibre que celui de Hegel et l’État. Mais, finalement, ce nouveau livre n’est précisément qu’un… livre. C’est pourquoi je n’y accorde pas trop de valeur. La modeste « exigence quotidienne », souvent très ténue, telles celles auxquelles je fais face dans ma situation francfortoise [4][4]Rosenzweig avait fondé une « maison d’étude » (Lehrhaus) sur… – beaucoup de confrontation personnelle, usante, insignifiante, avec les hommes et les conditions extérieures –, voilà ce qui pour moi est devenu le véritable contenu de ma vie, préféré en dépit de toutes les contrariétés corollaires, et non plus le fait d’écrire des livres. La connaissance n’est plus à mes yeux une fin en soi ; elle est devenue un instrument. Au service d’êtres humains, certes pas au service de « tendances » (ne vous méprenez pas). Ce qui ressortit à des tendances m’est plus que haïssable ; je crois que cela m’est impossible. La connaissance reste en elle-même libre ; elle ne se laisse prescrire ses réponses par personne. Non pas ses réponses, mais ses questions (et c’est ce en quoi consiste mon hérésie par rapport à la loi non écrite de l’Université). Toute question ne vaut pas qu’on la pose. Je ne suis plus désormais plein d’une curiosité scientifique ou d’une soif esthétique de matériaux – c’est la seconde qui, autrefois, m’avait sous sa coupe. Je n’interroge que lorsque je suis interrogé. Interrogé par des hommes, non par des savants, par la « science ». Dans tout savant gît en effet un homme qui interroge, qui a besoin de réponse. Qui interroge en lui l’homme, mais plus la science dans le savant, plus ce spectre insatiablement curieux, dévorant sans répit, ce fantôme qui dépèce celui qu’il possède jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus rien de son humanité. Ce spectre m’est haïssable comme tous les fantômes. Ses questions ne sont pas à mes yeux des interrogations. Mais les questions de l’homme me sont d’autant plus devenues insistantes. Y faire face aussi bien que possible, et y répondre pour autant que je sache le faire – à partir d’un savoir restreint, ce dont je suis bien conscient, et d’une capacité encore plus limitée –, voilà ce que désormais j’ai appelé « connaître au service de ». Et vous-même comprendrez ce qui me tient éloigné de l’Université, et m’oblige à suivre la voie que j’emprunte ; non pas la conscience claire, trop lucide (qui s’éveille en fait seulement quand je suis contraint de me justifier, maintenant précisément, alors que je suis en train d’écrire ces mots), mais l’ « élan obscur », justement celui que vous évoquiez.

7Vous me comprendrez désormais. Je n’espère pas davantage. Et je ne souhaite effectivement pas plus. Je voulais simplement m’ouvrir à vous afin que vous puissiez me voir. Je n’ai donc parlé que de moi et uniquement de moi-même, en sollicitant ainsi votre indulgence de la manière la plus incongrue. Mais je suis à vrai dire soulagé d’un poids ; car, à l’époque, je vous avais quitté non sans une grande tristesse puisque je n’avais pas réussi à déchirer en temps opportun le voile que j’avais moi-même tissé autour d’une conversation sur l’ « époque contemporaine », ni à remplir l’unique obligation effective imposée à l’amitié que voue le cadet à son aîné, l’élève à son maître. L’obligation d’une confession toute respectueuse qui s’impose lorsque les voies de l’élève s’écartent de celles du maître.

8Puis-je espérer que vous me croirez lorsque je vous dirai que je n’ai pas méconnu l’extrême bienveillance qu’expriment vos lignes ? Puis-je espérer que vous croirez précisément en raison de cette réponse que je vous fais ?

9Je suis et reste, en toute reconnaissance, votre obligé,

10(Traduit de l’allemand par Marc de Launay.)

  • [1]Il s’agit du premier volume de Hegel et l’État qui avait été, d’abord, la thèse de Rosenzweig, soutenue en 1912 sous la direction de F. Meinecke. En 1914, Rosenzweig avait presque achevé le livre initialement projeté, et, en 1920, il parut à Berlin en 2 volumes (aujourd’hui, il est publié en un seul volume chez Sciencia Vlg, Aalen, 1962, et il a été traduit en français par G. Bensussan en 1991 aux PUF).
  • [2]Entre 1910 et 1913, Rosenzweig avait envisagé de se convertir au christianisme, ce dont témoignaient la fréquentation de ses cousins, plus spécialement Eugène Rosenstock et les entretiens avec eux. En 1913, au moment même où il envisageait sérieusement cette conversion, il se rendit tout de même à la synagogue pour assister à l’office de Yom kippour. Il éprouva un choc qui le fit renoncer à la conversion et s’orienter plus spécialement vers un retour à son héritage juif. C’est ce dont il s’explique dans cette lettre.
  • [3]Siegfried Kähler (1885-1967) était un étudiant, ami de Rosenzweig à Fribourg. Il se consacra à l’étude de Humboldt, et son livre suivait à peu près des voies similaires à celle de Rosenzweig traitant de Hegel : Wilhelm von Humboldt und der Staat, Göttingen, 1963 (2e éd.).
  • [4]Rosenzweig avait fondé une « maison d’étude » (Lehrhaus) sur des bases qui correspondaient à l’essentiel de ce qu’avait mis au jour L’Étoile de la Rédemption, ainsi qu’à une approche toute nouvelle de la tradition juive.