Diogène, pour les faiseurs

Dans un café, j’entends une conversation. Ils parlaient vraiment fort. Et c’est assez gênant, sans le vouloir, d’être presque invité à une table trop proche de la votre.

L’homme faisait la leçon à une assez jolie femme, laquelle, je crois, l’écoutait sans plus. Sûr qu’elle n’était pas amoureuse. Mais là n’est pas l’objet de ce billet.

Il s’agit de Diogène le cynique dont tous les wikipédiens raffolent. Ses mots sont adorés par ceux qui n’ont rien à dire et jouissent simplement de la provocation, laquelle, comme on le sait, peut être le début d’une réflexion, mais qui ne peut en tenir.

Je n’aime pas Diogène ((413-323 av. J.-C.). Il est sale et sans intérêt.

On connait ses prétendus bons mots, toujours méchants (un bon mot peut être méchant, évidemment)

Ainsi, à Alexandre qui lui demandait ce qu’il désirait, il répondit : « Ôte-toi de mon soleil ! »

Pour contredire Platon et sa vision du monde, après avoir hurlé qu’il s’agissait d’un « animal à deux pieds sans plumes », il jeta au milieu du cercle des auditeurs un coq plumé et s’écria : «Voici l’homme de Platon. »

En plein jour, il se promenait une lanterne à la main et répondait à ceux qui s’étonnaient  : « Je cherche un homme. »

Ceux qui aiment ou citent Diogène sont des collégiens de bar à bières, des apprentis dragueurs. D’ailleurs, le cynisme est terrifiant de bêtise.

J’aurais aimé le dire à l’homme qui brillait devant la jolie éperdue. Mais j’ai eu très peur. Un homme qui cite Diogène peut être violent. Puis, je l’assure, comme si elle lisait dans mes pensées, la belle femme, alors que, subrepticement je jetais un oeil sur son beau front, m’a souri.

J’ai demandé l’addition.
 
  

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *