La menace, une monstruosité

J’ai ressorti un cahier d’écolier, plein de mon écriture brouillonne, raturée, exécrable, prétentieuse, et des milliers d’interprétations de moi-même en marge.

J’adorais les marges pour me »reprendre ». Une idiotie. L’écriture, même inutile et idiote ne peut être que définitive. A défaut, on ne se découvre pas, laissant le champ libre à la pluralité des sens, concomitante de la lâcheté de soi.

A vrai dire, je cherchais dans ce cahier ce que j’avais pu écrire, il y a longtemps, sur la « menace », celle physique ou morale, celle proférée dans la fureur. Celle dont vous ne revenez pas (« je n’en reviens pas »).

Lorsque j’avais écrit ces mots dans le cahier, une personne m’avait menacé de je ne sais quelles représailles physiques, pour je ne sais plus quel acte répréhensible (je n’en commets, je l’assure, aucun, tous mes actes étant consentis par l’Autre. Même si cet Autre, souvent une femme, tournant le dos à leur être et leur responsabilité, effacent leur propre volonté, pour dissoudre acte et action consentis mais regrettés sans motif sinon celui de la douleur construite.

Or, et je n’en reviens toujours pas, je crois avoir été récemment menacé. Mais c’était sûrement dans un cauchemar. Mais peut importe le temps ou la circonstance, c’est la menace dont il s’agit ici.

J’ai retrouvé le cahier.

J’avais écrit, il y a donc longtemps : « celui ou celle qui me menace n’a jamais mon pardon, pourtant prolixe et facile. Il ou elle devient mon » ennemi(e)  »

J’avais ajouté en marge « une vraie monstruosité, la menace, un retour à la barbarie. Une folie qui tourne le dos à l’humanité. Un truc d’animal préhistorique »

Bon, de la prose post-adolescente.

Mais je maintiens que, jamais, absolument jamais, je ne pardonnerai la menace. Celui ou celle qui menace est déjà sous terre pour moi. Sorti (e) du monde.

On crie, on hurle, on insulte, mais on ne menace pas.

C’est curieux comme quelquefois les vieux cahiers qu’on croyait désuets contiennent les vérités.

PS. Je ne résiste pas à reproduire ici ce qui était écrit sur la page de gauche du vieux cahier et qui n’avait rien à voir avec la menace :

« Le jour où, loin de tout, un humain me posera la question, je répondrai qu’il ne s’est rien passé, juste un sentiment innommable, une pulsion incommensurable, entre deux types de cieux, juste dans une lame de nuage éthéré. Il ne s’est rien passé, juste une amitié amoureuse, un amour sentimental, compassionnel, impossible mais réel. Sentimental.
Et j’ajouterai qu’elle m’a sauvé la vie.
Une amoureuse qui m’a sauvé la vie.  »

Comment peut-on écrire comme ça ? Mais oui, c’est vrai, elle m’avait sauvé la vie. A gauche une vie sauvée, à droite une vie menacée.

Les vieux cahiers sont sublimes.

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