l’étole

C’est dans les gris moelleux que s’enveloppe cette étoffe toute en milliards de points tactiles, pointes d’aiguilles infinies, brillantes et sans nombre, ronde de filaments, qui tourneboulent, se retournent, pour chercher le centre lumineux, ciel en boule. Non, non. Pas une étoffe. Ça a ripé dans les mots. Une étole, longue et lisse qui s’enroule sur ses bras dorés, nombril en vrille, en instance du bruit immédiat, manège crissant du désir, sens crispés qui ne veulent vagabonder au-delà des contours, par-delà les brindilles, à côté des virages inutiles. Bousculade.

L’homme détache le tissu. Et la peau s’empourpre, rivée, attelée aux instants. Peau de flamme, l’air est éruptif, le cri en alerte, la fougue serrée.

L’homme la regarde. Elle baisse les yeux.

F.

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