L’être-torero

“L’être-torero” est une affirmation de la supériorité de l’esprit sur la matière. Chez les stoïciens, on retrouve cette idée que l’homme doit affirmer sa liberté en affrontant l’adversité. »F.W

On s’était promis de revenir sur Francis Wolff, philosophe fécond, un des rares à apprécier la corrida et à ne pas confondre, comme la majorité des terroristes de la pensée homme et animal (allez faire un tour du côté de le critique du spécisme (ici, par un clic, sur Wiki) et vous comprendrez la monstruosité)

Doit-on avoir peur de dire qu’on aime la corrida ? Ici, on assume, contre tout et les lecteurs outrés. Et on ne veut même pas se justifier ou rappeler qu’elle elle a inspiré les plus grands – les peintres Pablo Picasso et Francis Bacon, les écrivains Gertrud Stein et Georges Bataille, le cinéaste Sergei Eisenstein ou encore le jazzman John Coltrane.

Dans un entretien avec Andre Viard, ancien torero français et désormais éleveur et éditeur (« Terres taurines »), Francis Wolff, nous dit que : « C’est un geste gratuit mais pas vain. L’être-torero est une affirmation de la supériorité de l’esprit sur la matière, de l’impassibilité de l’âme sur le mouvement brut. Chez les sages stoïciens, on retrouve cette idée que l’homme doit affirmer sa liberté en affrontant l’adversité. Celui qui devient libre, c’est celui qui est capable de mettre sa liberté audessus de sa vie, explique encore Hegel dans sa dialectique du maître et de l’esclave. C’est un peu ce que raconte la corrida dans l’affrontement de l’humanité et de l’animalité. Affirmer son humanité, c’est se révéler capable de placer ses valeurs au-dessus de sa propre vie. »

Costume de torero, presque d’opérette, disent les méchants, les ignorants.

Francis Wolff: Ce costume signifie le triomphe de la lumière sur la mort, mais aussi quelque chose comme le triomphe de l ’apparence au sens fort. Dans l’arène, le torero ne peut pas se cacher, il n’a pas de coulisses. Comme dans toute civilisation célébrant le sens de l’honneur, l’homme met tout son être dans son apparaître, dans son costume. « Pendant que je suis là, au centre, je ne suis rien d’autre que cet apparaître. Vous ne verrez rien de mon intériorité, de mes sentiments de père de famille, de mari, d’Espagnol… Tout ça n’existe pas, je suis mon costume, je suis mon être de lumière. »

Il n’ya rien dans le monde qui ne se cristallise pas dans la corrida.

Et celui qui ne l’aime pas peut rester chez lui. Et regarder sur son écran de télévision 4K, extraordinaire, dernièrement acheté chez Darty ou plutôt à la Fnac, les primaires présidentielles de la Gauche.

On ne veut défendre la corrida. On ne peut que la glorifier. Justifier c’est comme si on n ous demandait de défendre un tableau du Gréco, notre peintre !

PS. La photo a été prise, à Séville, en 2005, un jour de salut ensoleillé. Avant un fino, un cigare et du Jabugo. Tant pis pour ceux qui ne connaissent pas ces mots.

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