Mario Vargas Llosa

Je vais enfin le dire. C’est le jour. Je ne sais si c’est l’auteur ou le traducteur. Mais le style de Vargas Llosa est lourd,très lourd. Je suis muet lorsque les admirateurs, a vrai dire rares, blablatent sur la prétendue immensité de cet écrivain.

Pourquoi le dire ce soir ? Un lecteur avisé, qui vient de me téléphoner (tard), pour évoquer la beauté des arènes de Séville, comprendra. La lourdeur est lourde, les jours de plomb. Musica callada del toreo.

Lisez, c’est lourd.

Il se leva, murmura « bonne nuit » et sortit, sans lui donner la main, car il craignait que Doña Asunta ne la dédaignât. Il mit son képi n’importe comment. Après avoir fait quelques pas dans la ruelle terreuse de Castilla, sous les étoiles brillantes et innombrables, il retrouva son calme. On n’entendait plus la lointaine guitare ; seulement les cris perçants des gosses, se disputant ou jouant, le bavardage des familles à la porte de leur maison et quelques aboiements. Que t’arrive-t-il ? pensa-t-il. Pourquoi es-tu si impulsif ? Pauvre petit. Il ne serait plus le caïd des Mangaches tant qu’il n’aurait pas compris comment il pouvait y avoir sur terre des gens aussi méchants. Surtout que, selon toute hypothèse, la victime semblait avoir été un bon petit gars, incapable de faire du mal à une mouche.
Il parvint au vieux pont et, au lieu de le traverser, pour revenir en ville, il entra dans le Ríobar, construit en bois sur la structure même du très vieux pont qui unissait les deux rives du Piura. il sentait sa gorge sèche et sa langue râpeuse. Le Ríobar était vide.
Dès qu’il s’assit sur le tabouret, il vit s’approcher de lui Moisés, le patron du bistrot, avec ses grandes oreilles décollées. On l’appelait Jumbo.

Extrait de « Qui a tué Palomino Molero. Mario Vargas Llosa

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