no es nadie, señor, soy yo

Plutôt que d’ajouter un PS à mon billet précédent, et le noyer ainsi sous les mots, je fais un mini-texte de ce que j’avais omis de mentionner dans cette petite démonstration de l’inexistence de l’identité personnelle, d’un moi pré-identitaire qui serait profondément ancré dans chaque personne du monde et qui ne serait pas celui, social, qui se suffit à lui-même et encombre, adroitement, sans lamentations faussement poétiques, le moi tout court (ou tout long, comme l’on voudra).

J’ai en effet omis de citer l’anecdote dans le bouquin Octavio Paz intitulé « Le Labyrinthe de la solitude ». Elle est significative, drôle et embrasse le sujet (le sujet ?)

Une nouvelle servante se présente au domicile de son patron, lequel fait la sieste et ne l’entend pas arriver. Soudain il se réveille et sursaute : « Qui va là ? » Réponse de la servante : « No es nadie, señor, soy yo » – ce n’est personne, monsieur, c’est moi.

Tout est dit ici. Et je ne commente pas.

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