« Refuser le brouillage des frontières « 

J’avais dans un précédent billet précisé, ce qui peut parfaitement n’intéresser personne, que je m’étais attelé à la lecture d’un vrai bouquin, loin des billevesées d’apprentis écologistes écrit par le grand Alain Prochianz, neurobiologiste et Professeur au Collège de France, dont j’avais dit combien son livre intitulé « Qu’est-ce que le vivant « m’avait marqué. Par la clarté de l’exposé et la saveur de la connaissance qu’il portait.

Son dernier ouvrage s’intitule « Singe toi-même «  (Éditions Odile Jacob).

Il veut, sérieusement, s’attaquer au débat « SPECISME ou ANTISPECISME qui hante les petites discussions initiés par des petits écologistes sans réflexion structurante qui veulent donner des droits aux animaux, les considérant comme des sapiens.

L’on connait la définition de l’antispėcisme (ici celle de Wikipedia):

« L’antispécisme est un courant de pensée philosophique et moral, formalisé dans les années 1970, qui considère que l’espèce à laquelle appartient un animal n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter et de la considération morale qu’on doit lui accorder.
L’antispécisme s’oppose au spécisme (concept forgé par les antispécistes sur le modèle du racisme), qui place l’espèce humaine au-dessus de toutes les autres. L’antispécisme ne préconise pas de donner exactement les mêmes droits aux animaux et aux êtres humains, mais plutôt de leur accorder une considération morale fondée sur le critère de différences de capacités et non plus sur celui d’espèce’.

Prochianz s’attaque donc scientifiquement à cette question pour ne pas la laisser errer dans les volutes sans réflexion des tables parisiennes et les cafés à proximité des marchés bios où s’installent les terroristes de la sacralisation de la Nature et de la Terre (Gaïa )

Je n’ai jamais voulu discuter ou rompre des lances avec ces idéologues ( je ne parle pas des v2gans ou végétariens qui réalisent leur liberté mais des terroristes qui frôlent tous les complotisme du monde et caressent un chat en ricanant devant les spėcistes et les humains)

En effet, il n’y a de discussion possible, hors de la doxa facebookienne, tweeterienne (tiens, la terre est dans le tweet dans ce néologisme) que si la connaissance, la science s’en mêle.

Donc Prochianz vient, en scientifique, aborder le sujet.

Je cite des passages de son introduction :

Le présent ouvrage aborde la question importante de la place des humains dans l’histoire des espèces animales et, particulièrement, de leur parenté avec les autres primates. Il s’agit d’une question qui agite fortement la sphère sociétale, ce que reflètent les discussions sur le statut des animaux, qu’ils soient de compagnie, d’élevage ou sauvages. Ce statut varie selon les cultures et avec les époques, ce qui indique évidemment son caractère contingent. S’installent donc des débats sociétaux sur la question des rapports entre les humains et les animaux. (….)

Certains aujourd’hui mènent donc un combat idéologique sur la question animale, y compris à travers des positions antispécistes qui, sans nier forcément les distinctions entre espèces, attribueraient à toutes les espèces une sorte d’égalité ou de « droit à la parole ». On peut en prendre acte, mais on peut aussi considérer, c’est mon cas, que de refuser que soient infligées des souffrances gratuites aux animaux ne met pas ceux-ci au même rang que les humains victimes de préjugés et discriminations dont chacun sait les niveaux d’horreur auxquels ils peuvent mener.
(….). Pour le dire le plus clairement possible, oui nous sommes des primates, mais nous sommes différents des primates non humains et c’est à cette proximité évolutive en même temps qu’à cette distance, elle aussi évolutive, que j’ai décidé de consacrer ce livre.

mesurer la distance qui sépare les différentes espèces de primates, pour ne rien dire des autres espèces, puisque les liens de parenté entre vivants remontent aux origines de la vie sur terre. Mesurer une distance, cela veut dire s’intéresser à la notion de temps en biologie.
…J’espère, à travers ces pages consacrées pour beaucoup aux primates, donner aux lecteurs les moyens de contourner le débat idéologique, ou d’y participer, en leur fournissant les faits qui permettront à chacun de comprendre ce qui nous rapproche, mais aussi ce qui nous sépare, de nos cousins, puis de se forger sa propre opinion.
Si ce qui est proposé ici est bien, j’insiste, de mettre à la disposition du lecteur un certain nombre de faits à partir desquels il pourra penser par lui-même, je n’en défendrai pas moins évidemment la conception qui me semble juste, et que j’ai déjà souvent exposée, de la position singulière de sapiens dans l’histoire des espèces. Position résultant d’un cerveau monstrueux qui l’a poussé, pour ainsi dire, hors de la nature, l’en a comme privé, tout en lui conférant un pouvoir sans précédent sur la nature à laquelle il ne cesse d’appartenir puisqu’il en est le produit évolutif. « Anature » par nature ou encore « être ET ne pas être un animal », deux façons identiques d’énoncer la conception que j’ai de sapiens, et il va sans dire qu’elle ne va pas sans exiger de notre espèce une responsabilité particulière vis-à-vis de cette nature et de tous ses composants, vivants et non vivants.

JE LIVRE DESORMAIS, IN EXTENSO SA CONCLUSION APRES 370 pages qui ont accompagné une insomnie.

Désormais, on peut donc « débattre « , même si j’avoue mon hypocrisie en l’écrivant, tant il est vrai que le « débat « est un vrai leurre. Vérité ou affabulations du temps du dessert. Pas d’autre alternative. Le « débat  » nous fait perdre du temps pour agir, de la discutaillerie pour remplir, justement, le temps de ceux qui cherchent ce vain remplissage..

J’accepte, ici, la critique de « terrorisme » intellectuel, facile. Je l’accepte car je laisse parler ceux qui croient savoir et écoutent ceux qui savent…

CONCLUSION PROCHIANZ

‘Nous voici donc au terme de ces réflexions consacrées aux phénomènes qui distinguent massivement les animaux sapiens des autres primates. Je ne mentionne évidemment pas les autres animaux qui sont évolutivement encore plus loin de nous que les grands singes. J’ai voulu rendre compte par un examen parfois difficile mais néanmoins indispensable de plusieurs des mécanismes génétiques et cellulaires qui sont à l’origine des spécificités de notre espèce et sont encore à l’œuvre dans sa physiologie. De toute évidence, il y a un abîme entre le 1,23 % de mutations ponctuelles qui sépare les humains des chimpanzés et les 400 % de différence dans la taille globale du cerveau, et beaucoup plus encore que 400 % pour les régions impliquées dans les tâches cognitives. Les artefacts culturels témoignent de cette distinction et ce n’est pas nier l’existence des cultures animales que de ne pas mettre au même niveau la brindille à termites des chimpanzés et la chapelle Sixtine. Ce n’est donc qu’en entrant, avec l’effort indispensable, dans les détails de la structure et de l’évolution des génomes, sans oublier les conséquences de ces évolutions génétiques sur la physiologie, l’anatomie et le comportement, qu’on peut rendre compte de l’exception humaine et répondre sérieusement à la question de notre place dans l’évolution et de ce qu’elle signifie en termes de proximité, mais aussi de distance, avec les autres espèces.
C’est à partir de cette étrangeté qui est la nôtre, d’être des singes chez lesquels un petit nombre de mutations en 7 millions d’années, une broutille au regard des 3 milliards d’années de l’évolution du monde vivant, a permis un destin cognitif monstrueux, qu’il nous faut maintenant réfléchir à ce que cela implique quand on se met dans la perspective d’une « politique de la nature ». Car notre place dans la nature, à la fois dehors et dedans, « anatures par nature» ne peut pas se traduire en termes des droits que les uns ou les autres, humains et non-humains, vivants et inertes, peuvent avoir. Il n’y a pas de droits dans la nature, sinon les lois sans pitié de la lutte pour la vie, mais plutôt des devoirs que pourrait, si nous en décidions ainsi, nous imposer notre nature humaine ; vis-à-vis de nous-mêmes, on peut l’espérer, mais aussi vis-à-vis de la Terre et de ses autres habitants, pour nous limiter égoïstement à notre petite planète.
Si nous revenons un instant sur les prétendues lois de la nature et adoptons un point de vue matérialiste, il est important de préciser qu’en dehors de la lutte entre individus qui est au cœur de l’œuvre de Darwin, et de celle qui oppose les espèces, il ne saurait y avoir de loi de la nature autre que transcendantale et à laquelle seuls les croyants peuvent se référer, même si cette transcendance, depuis le siècle des Lumières, avance masquée, la nature s’étant, pour ainsi dire, substituée à Dieu. C’est donc là une mascarade, au sens littéral du terme, dont les premiers jalons ont été posés par Galilée qui a au moins eu le mérite, en croyant sincère, de ne pas tricher puisque c’est bien Dieu qui, pour lui, a écrit le grand livre de la nature, en termes mathématiques qui plus est, grand livre qu’il appartiendrait désormais aux savants de déchiffrer.
On me permettra donc de ne pas adhérer à cette religion de la nature qui se manifeste de façon insistante et prend des formes politiques qui peuvent sembler sympathiques mais peuvent aussi inquiéter dès lors qu’elles se présentent comme salvatrices d’une nature sacralisée. Si on refuse d’adhérer à des sociétés fondées sur la lutte sans pitié entre individus et entre espèces, alors il faut se débarrasser de cette mythologie naturaliste et assumer la place qui est la nôtre dans l’histoire de l’évolution, cette rupture qui résulte de cette monstruosité cérébrale dont je me suis efforcé d’expliquer l’origine biologique tout au long des pages qui précèdent. Toutes les espèces étant mortelles, quand sapiens aura disparu, la nature sans ses éléments humains continuera son évolution, et on peut être certain que nous serons loin des visions idylliques d’un parc de loisirs, même s’il n’y aura plus personne pour raconter la suite de l’histoire.
En attendant, sapiens est encore présent même si tout indique qu’il travaille à l’accélération de sa perte, pas à celle d’une nature qui, pour ce qui concerne la planète Terre, continuera son existence aveugle pendant quelques milliards d’années, jusqu’à l’explosion prévue du système solaire. Nous sommes donc en charge de nous-mêmes et du milieu, pas du tout naturel, qui est le nôtre et il nous appartient d’œuvrer pour prolonger l’aventure humaine aussi longtemps que possible, même si on aura compris qu’aux yeux de l’histoire de notre univers, voire de tous les univers, cela ne représente en rien une nécessité, juste notre désir de rester les gagnants de l’évolution sur Terre et de voir pousser nos rejetons et les rejetons de nos rejetons, sur le plus grand nombre de générations possibles. Ce n’est donc pas de la nature qu’il s’agit, mais bien de l’espèce humaine. Ayons donc la franchise d’assumer notre égoïsme puisque, de toute façon, la nature s’est débrouillée avant nous et n’a pas besoin de nous pour poursuivre son évolution aveugle, sans fin et sans finalité, sinon la fin calculée par les astrophysiciens.
Pour continuer sur le thème de la survie de l’espèce, la nôtre, le cerveau humain, qui n’a pas d’équivalent, nous donne la possibilité de nous projeter dans le futur et d’anticiper. Nous savons aujourd’hui, et les scientifiques jouent dans cette prise de conscience un rôle décisif, que notre mode de développement et les structures sociales et géopolitiques actuellement dominantes mettent la survie de notre espèce en danger et ce à court terme. Il faudra donc, si on veut prolonger un peu l’aventure, modifier notre façon d’habiter la Terre. Cela demandera une sortie du darwinisme social et des égoïsmes nationaux et individuels, mais aussi le développement des outils technologiques qui permettraient, par exemple, de modifier les modes de production et de stockage (pour leur réutilisation) des énergies. Cette adaptation est en accord avec le destin de sapiens qui sans une organisation sociale et le développement des outils, et des armes, n’aurait jamais pu survivre. Le petit humain en effet, cela a été expliqué dans cet essai, est d’une très grande vulnérabilité à la naissance et les adultes ne sont pas non plus, question force physique, des foudres de guerre. Théorie de l’esprit et technique ont permis le succès sans équivalent de notre espèce, et peuvent seules permettre de survivre aux conséquences des choix politiques et économiques encore dominants.
C’est la raison pour laquelle l’obsession du retour à une nature mythique constitue, à mes yeux en tout cas, une impasse intellectuelle, voire un cul-de-sac existentiel. Que l’on prenne par exemple la question des génomes et des organismes génétiquement modifiés (OGM), chacun doit avoir compris que le génome n’est pas un texte sacré, qu’il se casse, se répare, est modifié en permanence par des mutations ou l’insertion d’éléments mobiles. Le modifier n’est donc pas un crime de lèse-nature. On peut néanmoins comprendre, voire soutenir le refus de la production et de la mise sur le marché d’OGM dès lors que les intentions sont purement commerciales et que cette technologie se révèle, entre certaines mains, un vecteur d’assujettissement des agriculteurs ou des éleveurs. Cela ne doit pas nous faire oublier que les espèces actuellement cultivées ou élevées ne sont pas naturelles, mais le résultat d’un processus de sélection exercé par les agriculteurs eux-mêmes depuis plusieurs générations. Mieux, il se pourrait que si nous ne sommes pas en mesure de contrôler à temps et suffisamment les modifications de la biosphère, en premier lieu les changements climatiques, alors le recours aux OGM s’avère alors indispensable pour accélérer un processus d’adaptation génétique des plantes et des animaux, l’évolution naturelle étant trop lente au regard de la rapidité de l’évolution climatique, même si nous changeons notre façon d’habiter la Terre. Il en ira peut-être de la survie de notre espèce, et très certainement de celle des populations qui se retrouveront les otages de ces conditions extrêmes et qui n’auront pas la possibilité, ou l’envie, d’engager une migration vers des contrées plus hospitalières. Je parle là de l’hospitalité climatique, pas de celle des habitants, dont les événements récents en Europe peuvent nous faire douter.
Pour revenir à la question animale et éviter toute confusion, ce livre dit bien que nous sommes des animaux et nous ne pouvons pas ignorer cette animalité qui est en nous, même s’il nous appartient par les lois contingentes que nous prenons, de contrôler les formes les plus détestables de notre animalité, je parle ici de la sauvagerie que nul ne peut ignorer à qui s’adonne, non sans jouissance perverse parfois, à la lecture des faits divers les plus violents. Les lois humaines sont faites pour permettre la vie en société et maîtriser la « bête dans la jungle » qui – évolution oblige – niche en nous, parfois à notre insu. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut refuser tous les plaisirs de l’animalité au nom d’une morale transcendantale qui se traduit, souvent avec violence, dans les organisations sociales. Il en est des inoffensifs et parfaitement plaisants que je ne crois pas nécessaire de détailler ici, chacun ira puiser dans sa propre expérience ou, à défaut, dans son imagination. Il reste que ces lois sont des lois humaines, ce qui veut dire pensées par des humains, variables au travers des époques et possiblement distinctes selon les cultures. Par exemple, si la souffrance animale nous apparaît aujourd’hui généralement inacceptable et si nous édictons, dans certaines sociétés, des lois pour les limiter, ce n’est pas par un effet de proximité, voire de solidarité vis-à-vis de nos « frères en évolution », mais justement par un effet de distance cérébrale qui nous permet d’édicter des lois nous imposant des devoirs vis-à-vis des animaux. Ce qu’aucune autre bête ne ferait, qu’on aille faire un tour sans artefacts humains, vêtements, médicaments et armes, dans les jungles qui nous restent. Je souhaite sincèrement bonne chance à ceux qui seraient tentés par cette expérience.
Mais voilà, ce n’est pas parce que nous sommes culturellement à des années-lumière du primate non humain le plus évolué que nous ne pouvons pas, en même temps, être troublés par notre proximité avec les autres animaux. Ce rapport de fascination existe, probablement parce que, si j’ose dire, il s’en est fallu d’un poil, d’une plume ou d’une écaille. Et ce n’est pas l’étude de l’évolution cérébrale à laquelle nous nous sommes livrés ici qui pourra infirmer cette étrange attirance, parfois mêlée de répulsion, pour un monde animal si proche et si éloigné. À quoi pensent-ils ces cousins animaux et si nous leur donnions la parole – simple expérience par la pensée – qu’auraient-ils à nous dire ? La littérature est pleine de cette interrogation, depuis Ovide jusqu’à Franz Kafka. Dans Les Métamorphoses, c’est la privation de parole qui marque le passage de l’humain au non-humain (animal, végétal ou minéral) et dans le Rapport pour une académie, le primate non humain prend la parole pour expliquer comment il a traversé la frontière qui le séparait de l’humanité. On ne devra donc pas s’étonner si ce livre s’est longuement attardé sur la question du langage, de sa possibilité mécanique et de son contenu intellectuel. Pour aller plus loin, être animal, c’est être à la fois mort et vivant, conséquence de la privation de parole. La démence qui accompagne parfois le vieillissement, cette forme retrouvée d’animalité pure, nous horrifie et c’est lucidement que nous préférerions, tant que nous pouvons encore penser, être vraiment morts et ne pas vivre sans notre raison humaine, comme le font les autres bêtes.
On l’aura sans doute compris, cette question du rapport entre les humains et les autres animaux m’a, je l’avoue aisément, occupé pendant de nombreuses années et je suis arrivé à la conclusion que le danger auquel nous sommes confrontés est d’abord celui de l’anthropomorphisme. Ce n’est pas respecter les animaux que de les humaniser et de les priver de leur animalité, chaque espèce ayant la sienne propre, comme nous avons la nôtre qu’on appellera humanité. Un danger extrême de l’anthropomorphisme, de ce brouillage des frontières entre humains et non-humains, est qu’il joue dans les deux sens. À travers, l’histoire, y compris l’histoire très récente, la cruauté extrême d’humains pour d’autres humains a été facilitée par la déshumanisation des victimes, qu’elle porte le nom de racisme, d’antisémitisme ou de misogynie. Au risque de me répéter, mais l’enjeu est ici de taille, seuls les humains peuvent écrire le droit, sauf à en référer à des droits de la nature, dans une conception religieuse de la nature. Tout le contraire d’une empathie dictée par un fantasme de proximité : une raison née de la distance qui nous sépare. Contrairement à ce que pensait Darwin, oui l’évolution fait des sauts et sapiens est le résultat d’un de ces sauts évolutifs, un bond qui le fait comme « sorti de la nature ». Il est ironique de constater que ce saut évolutif est lui-même en grande partie lié à l’activité des gènes sauteurs.
Cela me permet, pour conclure ce bref essai, de revenir sur son titre Singe toi-même dont le sens est évidemment double. S’adressant à lui-même, sapiens doit reconnaître qu’il est un singe, sauf à nier le processus évolutif. Cela a été le cas de savants aussi prestigieux et créatifs que Wallace qui signa avec Darwin une première ébauche de la théorie de l’évolution présentée en 1857 à la Société linnéenne, ou encore du grand géologue Lyell. Tous deux acceptaient la théorie de l’évolution, mais en excluaient sapiens. Ils nous en excluaient, un peu comme les idéologues et politiciens pour qui le nuage radioactif de Tchernobyl s’était arrêté, par miracle aux frontières orientales de l’Hexagone. En même temps, l’expression « singe toi-même » est une façon lapidaire de refuser ce brouillage des frontières dont je viens de dénoncer les possibles conséquences désastreuses. Un autre titre de l’essai eût donc pu être Être ET ne pas être un singe, le ET majuscule soulignant que nous sommes ET à la fois ne sommes pas des singes. »

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