Romain Onfray

« Sagesse », de Michel Onfray

(Albin Michel/ Flammarion, 528. Non, je ne crois pas que j’achèterai son dernier bouquin à la gloire de Rome et des romains.

Il faut choisir. J’ai choisi la Grèce. 

EXTRAITS de « Sagesse »

La leçon du Vésuve

« Si le monde doit disparaître, qu’on ne disparaisse pas, soi-même, avant l’heure, ce qui serait donner raison au monde et tort à soi-même. Pline l’Ancien donne l’exemple : sous la pluie de cendres et de feu qui va le tuer, il prend un bain, il dîne, il manifeste de la gaieté, il se rend aimable, il dort, il ronfle même bruyamment. Le souci de soi est un devoir.

Quand l’heure est venue de mourir, il ne convoque pas le ban et l’arrière-ban. Son neveu raconte la scène, elle est un antidote à la mort chrétienne parfumée aux fleurs du mal : on étend un drap à même le sol, on demande un verre d’eau, on s’allonge, on meurt. Savoir mourir est un devoir ; c’est même la forme ultime du savoir-vivre.

Rappelons-nous cette phrase magnifique, déjà citée, de Pline : « Dieu est, pour un mortel, le fait d’aider un mortel, et c’est là la voie vers la gloire éternelle. C’est le chemin qu’ont emprunté les plus éminents des Romains » (II, V, 18-19). Voilà le seul Dieu possible et pensable pour un athée dans un monde déserté par le Dieu des autres. Ne pas ajouter à la misère du monde, augmenter son savoir, aimer son ami, aider son prochain, se soucier de soi, savoir mourir parce que c’est savoir vivre : voilà de quoi attendre sagement que le volcan nous recouvre de cendres.

Commentaire : Bof…Presque une rédac de troisième, peut-être un exposé au tableau noir. 13,5/20.

Bien vieillir avec Caton et Cicéron

« La vigueur n’a pas que du bon. Caton constate qu’en politique ce sont les jeunes qui cassent, défont, démontent et brisent les choses, alors que ce sont les vieux qui les préservent, les protègent et les restaurent. « L’irréflexion est bien le propre de l’âge en fleur, la sagesse celui de l’âge qui vieillit » (Cicéron, « De la vieillesse », VI, 20). Variation sur le thème des jeunes cons et des vieux sages – une pensée profonde inaccessible… aux jeunes !

Les vieux perdraient la mémoire, dit-on. Non, pas les vieux, mais, quel que soit leur âge, ceux qui ne l’exercent pas, ne l’entretiennent pas. Car elle est moins l’affaire de la matière qui la porte, le cerveau, que de la dynamique qui l’entretient, la mémorisation. Cicéron s’avère très moderne sur cette question de la plasticité neuronale par l’exercice.

Cicéron défend une thèse qui, hélas, n’est plus d’actualité dans notre Occident nihiliste : celle de la déférence que les jeunes portaient aux vieux. Dans nos temps de religion du progrès, le futur incarne la parousie technologique et le passé, l’obscurantisme en la matière. Les vieux sont donc obsolètes et jetables, alors que les jeunes sont parés de toutes les plumes du paon. L’ignorance et la naïveté, l’inexpérience et l’incompétence sont devenues les vertus d’une époque sans vertu. Pendant ce temps, le savoir accumulé par les vieux compte pour rien. L’adage africain selon lequel « un vieux qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » est devenu un proverbe réactionnaire. Voilà pourquoi Caton ne pourrait plus dire : « Le poids de la vieillesse est allégé par la déférence et l’affection de la jeunesse ; en revanche, les adolescents goûtent les préceptes des vieillards, qui les ramènent à la recherche de la vertu » (IX, 26). Les conseils de sages antiques ne sont plus pensables.

Commentaire : reBof… C’était « mieux avant », Mr Onfray ?

Egalité femme-homme ?

(…) Pour que la société romaine soit, il ne suffit pas que les femmes effectuent leur devoir de mères en donnant au mari une descendance à qui seront transmis les patrimoines familiaux et les valeurs de la civilisation. Avec le ventre des femmes, Rome fabrique des enfants. Les filles seront des épouses, des mères et des matrones ; les garçons donneront des soldats et des sénateurs, des paysans et des marins, des légionnaires et des commerçants, des colons et des prêtres, des rhéteurs et des avocats, des écrivains et des maîtres d’école, des gladiateurs et des sportifs. On ne demande pas aux petites filles ce que l’on exige des petits mâles.Si la femme perd son honneur avec sa pureté, l’homme perd le sien par manque de vertu, dont le courage. Pour l’être et le devenir de la cité, la femme doit procréer et l’homme se battre ; elle fait des soldats qu’il conduit sur les champs de bataille. C’est ainsi que Rome est, mais surtout que Rome est grande.

Commentaire : on le laisse aux femmes pas d’avant

Désir à la romaine

L’homme ne perd son honneur en devenant homosexuel que si et seulement si, dans cette relation, il occupe une position passive ; en revanche, s’il occupe une position active, il ne craint rien de la société. Celui qui prend est sauf ; celui qui est pris est vil.

Valère Maxime rapporte ainsi une histoire édifiante sur ce sujet : un jeune esclave eut un jour envie de manger de la viande ; son maître énamouré fit abattre un boeuf de labour ; le mignon eut son rôti ; le maître, son giton ; mais il fut traîné au tribunal… Non pour avoir usé d’un jeune garçon, mais pour avoir tué un animal de travail – ce qui était alors interdit (VIII, I, 8).

Commentaire : on cherche l’humour ou l’extraordinaire. Trop simple comme chute… Bref, Onfray…Les Romains punissaient très sévèrement l’adultère pour une femme de condition libre. A l’origine, c’était la mort. Plus tard, on répudie l’épouse discrètement en conservant sa dot. La répudiation oblige l’homme qui, sinon, devient un entremetteur.

En même temps, les Romains sont d’une grande tolérance pour les relations entre un homme de condition libre et une femme qui ne l’est pas. Le même Caton rencontra un jour un jeune homme qui sortait honteusement du bordel et reconnut l’austère censeur. Il prit peur. « Bravo, courage, lui cria la divine sagesse de Caton ; oui, lorsqu’un désir furieux vient gonfler leurs veines, c’est là que les jeunes gens doivent descendre plutôt que de pilonner les femmes d’autrui » (Horace, « Satires », I, 2, 31-35). Le lendemain, fort du conseil reçu la veille, il retourna au même endroit. Le même Caton le surprit une fois de plus sortant du lupanar et lui dit, comme Diogène aurait pu le faire : « Je t’ai loué d’aller chez les filles, c’est vrai, mais pas d’habiter chez elles » (Porphyrion, « Commentaire à Horace », I, 2, 31). En finir avec un désir qui tenaille en prenant le chemin du boxon, oui ; y prendre pension, non.

Commentaire : Onfray veut imiter Houellebeq, n’ y arrive pas…

Réhabiliter les gladiateurs

Sous le soleil écrasant, des hommes théâtralisent la vertu sans laquelle Rome ne serait pas ce qu’elle est : le courage. Ici, le courage se donne en spectacle. Il ne s’agit donc pas de bestialité, de sauvagerie, de barbarie, de brutalité, de férocité, mais d’édification morale : sur le sable, les gladiateurs racontent comment un homme doit se comporter devant la mort : avec courage.

Dans « De la constance du sage », Sénèque parle de la réaction de deux gladiateurs devant la souffrance : « l’un comprime sa blessure et ne bouge pas d’une ligne (…), l’autre, se tournant vers le public en rumeur, fait signe qu’il ne s’est rien passé et refuse qu’on suspende le combat » (XVI, 2). Ce sont deux façons de se comporter face à l’adversité : la première est celle des épicuriens, pour lesquels le sage supporte la douleur, donc ne la nie pas ; la seconde, celle des stoïciens, pour lesquels il n’y a pas de douleurs, car il n’existe que des représentations de celles-ci sur lesquelles le sage a tout pouvoir. Dans les deux cas, quels que soient les chemins, il faut parvenir à ce mépris de la douleur. Disciple du Jardin ou adepte du Portique, le sage méprise la douleur. Il montre du courage.

Commentaire : Du Montherlant matiné de Jean Cau; un peu désespérant.

 

Le péplum, propagande chrétienne

Le péplum est aussi l’occasion de nombreux films de propagande chrétienne : Jésus et les premiers chrétiens y jouent un rôle important. Dans ce genre, le film est souvent construit à destination d’un public de patronage : les Romains sont méchants, ils ont mis à mort le Christ ; les juifs ne sont pas gentils, car ils ont fait cause commune avec les méchants ; les premiers chrétiens se cachent dans les catacombes, où ils se réunissent, mais on ne sait pas de quoi ils se protègent puisqu’on nous les présente comme désireux du martyre : à quoi bon, dès lors, se priver de ce qu’on chérit le plus ? Pourquoi craindre ce qu’on prétend vouloir ? Ces chrétiens de la première heure sont doux, ils mangent du pain et du poisson, ils parlent, mastiquent et déglutissent lentement, comme pénétrés par l’importance de chacun de leurs gestes ; ils posent sur le monde un regard un peu niais ; ils font le bien alors que les Romains, même à l’écran, sentent l’ail et la sueur, le cuir puant et le vin non coupé. Le légionnaire éructe et rote, peu s’en faut qu’il ne pète, il a une mine patibulaire, il n’est pas rasé, il pourrait même arborer un tatouage d’avant l’époque où la chose ne signifiait pas encore la rébellion panurgique. Au bout de plus de cent vingt minutes, le bon persécuté voit son visage enfin illuminé, car le légionnaire qui puait, rotait et pétait s’est converti et se met, lui aussi, à boire, à manger, à marcher, à parler avec une infinie componction. Le péplum nous dit que le bien triomphe toujours du mal et que la Rome païenne était du côté obscur de la force et que la Rome chrétienne apportait la lumière à ces temps enténébrés.

Commentaire : La confusion entre le « paien » et le « vulgaire » est assez classique. des couches rajoutées…

Les Grecs ? Des idéalistes !

Athènes aime les idées et les concepts, la métaphysique et l’idéalisme. Athènes, et la Grèce avec elle, c’est la sphère de Parménide et le nombre de Pythagore, le « Parménide » de Platon et « La métaphysique » d’Aristote, l’Idée pure du premier et le Premier moteur immobile ou la Cause incausée du second, c’est la métempsycose et la métensomatose pythagoricienne recyclée par Platon puis par le christianisme. (…)

Rome aime les choses et la réalité, le monde et l’histoire, la géographie et l’architecture, l’agriculture et la politique, les sciences naturelles et la rhétorique, la poésie et le théâtre, le droit aussi. (…) A Rome, on ne fait pas carrière avec des idées pures ou des concepts, mais avec du concret;

Commentaire : sans les grecs, les romains n’auraient pas existé, sauf dans la violence admirée par notre philosophe un peu aigri

Stoïque. « Le souci de soi est un devoir », écrit Michel Onfray dans son livre « Sagesse » (Albin Michel).

Commentaire : on reste stoïque et sceptique sur l’intelligence philosophique d’Onfray…

 

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