Un Professeur fabuleux

Je ne résiste pas à simplement coller ici une fable sur le mode de celles de Jean, paru aujourd’hui dans une revue juridique très sérieuse et écrite par un Professeur d’Université.

L’humour avance, même dans les chaires (j’ai failli ajouter « à ne pas confondre avec les délices de la bonne chère et ceux de la chair tout court, mais j’ai vite effacé.

Lisez donc la fable, je ne commente pas.

 

Les animaux et l’égalité des sexes

Jean-Baptiste de La Fontaine Perrier, Professeur à Aix-Marseille Université

 

Les animaux, réunis en conseil par leur Sire,

Débattaient de nouvelles façons de dire :

« Chers amis, une idée venue des hommes sur la féminisation

A conduit certains d’entre nous à faire des propositions.

Il s’agirait, lorsque nous parlons, de ne pas oublier les femelles,

Car le mâle l’emportant, il nous faut leur faire la part belle. »

« Ridicule ! », s’exclamèrent certains, « quelle ânerie ! »

« Nous n’allons pas suivre les hommes et leurs fantaisies !

Et pourquoi pas, tant qu’on y est, l’écriture inclusive ? »,

Terminèrent les détracteurs par cette invective.

« Voilà bien une réaction de mâles embouchés ! »

Réagirent quelques-unes des moins effarouchées,

« Vous parlez d’ailleurs des hommes et non des humains,

Comme le font plus correctement les animaux canadiens. »

« Procédons alors à des accommodements raisonnables »

Suggéra prudemment un hennissement du fond de l’étable.

« Il s’agirait simplement de féminiser certains noms,

Car le fait qu’ils soient communs ne saurait être un pardon.

Il y a des docteures, professeures et maîtresses de conférences,

Il en serait de même pour les désireuses dans cette audience. »

Et c’est ainsi que la serpente, la castore, la corbelle et l’aiglette

Virent leurs demandes toutes réglées d’une seule traite.

La brochette et la verre de terre étaient moins satisfaites

Quant à la femelle faucon, elle préféra taire sa requête.

Puis, le mâle grenouille prit la parole, dans un coassement de soupir : « Et moi, qui suis toujours au féminin, que devrais-je dire ? »

En réponse, les femellistes renommèrent le grenouil, ainsi que l’hirondel.

« Voyez, la chose était simple, inutile d’avoir une telle querelle ».

Mais la vache prit la parole, pour prolonger la discussion :

« Je n’ai pas à me plaindre de mon nom, mais de ma condition.

Le fermier n’a de cesse de me traire et de m’enlever mes veaux,

Pendant que le taureau se prélasse sans se soucier de ma peau ».

La poule vint aussi se plaindre : « Qui couve et élève les petits,

Pendant que le coq parade et est admiré à chaque cri ? »

« Holà cher.e.s ami.e.s ! N’allons pas trop loin ni trop vite !

À peine avons-nous progressé qu’en voilà qui réclament des suites.

Face à ces demandes et à cette ingratitude de leur part,

Il vaut mieux en rester là et reporter le reste à plus tard. »

Les requérantes sortirent le bec cloué et les cornes liées

Elles comprirent que tout n’était que farce et iniquité.

L’égalité ne doit pas être une fable de la Constitution,

Elle doit se défendre au quotidien, grâce à l’éducation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *