Blumenfeld, attrape-corps, le vertige

artblumenfeld

On a tendance à considérer, dans les écrits théoriques (contemporains) sur la photographie, que celle dite de mode est mineure et que l’on ne peut, lorsqu’on travaille pour Vogue, figurer parmi mes plus grands.

Erwin Blumenfeld est un immense photographe. Immense.

On livre, d’abord, ci-dessous, sa biographie (source wiki)

Après avoir participé au mouvement Dada sous le pseudonyme de Jan Bloomfield, il commence une carrière dans la photographie professionnelle aux Pays-Bas au début des années 1930 ; il émigre en France en 1936 où il commence à travailler pour Verve et Vogue France, embauché par Michel de Brunhoff sur les conseils de Cecil Beaton ; interné dans un camp, en France, en 1940 à cause de son origine allemande, il parvient à s’enfuir avec sa famille aux États-Unis en 1941.

Blumenfeld devient célèbre pour ses photographies de mode des années 1940 et 1950, notamment pour les magazines américains Vogue et Harper’s Bazaar3.

Solarisation, combinaison d’images positives et négatives, photomontage, « sandwich » de diapositives couleur, fragmentation opérée au moyen de miroirs, séchage du négatif humide au réfrigérateur pour obtenir une cristallisation, etc. Blumenfeld sait mettre à profit ses expérimentations de « dadaïste futuriste » pour la photo de mode.

Du maquillage des modèles qu’il réalise souvent lui-même aux manipulations diverses dans l’obscurité de son laboratoire, il n’hésite jamais à jouer avec les couleurs qu’il sature, décompose, filtre, colle ton sur ton… What Looks New (Vogue, 1947), sa très cubiste fragmentation d’un visage à plusieurs bouches pour un rouge à lèvres, Œil de biche (Vogue, 1950) où il recadre l’une de ses photos en noir et blanc sur l’œil gauche, la bouche et le grain de beauté étant rehaussés de couleur. Ou encore ce mannequin en béret et manteau rouges sur fond rouge (Vogue, 1954). Sa vertigineuse photographie du mannequin Lisa Fonssagrives sur la tour Eiffel (Vogue, 1939) restera notable. En 1955, il commence son autobiographie, Jadis et Daguerre, qu’il terminera l’année de sa mort, qui survient en 1969 à Rome.

On incruste les fameuses photos sur la Tour Eiffel

 

Et on propose un panaché;

 

Rares sont les photographes qui ont su manier la peau et la couleur, faire toucher la couleur par la peau et réciproquement.

En 2013, une expo au Musée du jeu de Paume l’a consacré. Le lien, en cliquant ici. C’était une vraie joie.

Il n’y a pas que Doisneau. Et les femmes qui prétendent qu’elle sont devenues des objets par la photo de mode se trompent. On ne peut pas davantage magnifier le sujet, célébrer la beauté. Que demander de plus, sauf à ne photographier que des lions, des panthères, des usines polluantes pour les exposer sur Arte. Nul ne peut photographier comme ça et ne pas aimer la femme (je n’ai pas dit les femmes).

La femme photographiée fait caresser le bonheur, pour tous les humains et pas que les hommes.

PS. Arte est une excellente chaine. Je taquine, même si quelquefois son catastrophisme est exaspérant. Il y a aussi Blumenfeld, il n’y a pas que de la catastrophe en germe.

 

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