burka pas ?

 

 

Deux observations liminaires :

Tout d’abord, je n’aime pas trop les jeux de mots dans le style que ceux que le journal Libération adopte dans ses titres, emportant le rédacteur dans sa certitude d’une invention extraordinaire dont il attend les louanges des liseurs de métro ou de maison en pierre de meulière d’anciens soixante-huitards.

Le journaliste, en jouant avec les mots du titre veut démontrer son recul dans l’humour. En réalité il tente, laborieusement d’altérer ou de lisser le contenu de l’article toujours rigide, sans souplesse, prévisible dans la critique de l’existant. Embêtant, pour rester poli. Le titre ne donne aucune noblesse au contenu, sauf pour les nigauds qui adorent ce qui est « téléphoné » (communément admis et, encore une fois prévisible).

J’ai donc eu du mal à maintenir le titre de ce bille (« burqa pas ? »). Mais c’est un ami qui me l’avait soufflé en défendant le port du burka, lorsqu’il a été interdit en France. Dans l’assistance, quelqu’un avait dit « mais, pourquoi pas ? ». Et ce facétieux avait sorti « oui, burka pas ? ». Donc je laisse le titre un peu lourd en honneur de cet ami que je n’ai pas revu depuis un siècle.

Deuxième observation, toujours liminaire : j’avais juré aux dieux des claviers de ne jamais transformer ce petit site en Tribune politique et je crois n’avoir jamais, frontalement du moins, manqué à cette promesse, le politique apparaissant peut-être en filigrane à l’occasion d’une analyse dans le champ philosophique ou celui de la quotidienneté, mais jamais directement.

Je suis donc assez hésitant dans la publication de ce billet qui concerne le port de la burka. Evidemment politique diront certains, alors qu’il ne s’agit que d’un recentrage sur l’existence potentielle de valeurs universelles qui peuvent être adoptées par le monde terrien.

Je cite, in extenso l’article fu Figaro du Jour (que je reçois, comme tous les autres journaux auxquels je suis abonné numériquement la veille de la sortie papier, ce qui me permet d’écrire un peu avant de dormir).

« L’ONU souhaiterait remettre en cause l’interdiction de la burqa en France . Par  Etienne Jacob Publié le 10/10/2018 à 21:26

L’ONU souhaiterait remettre en cause l’interdiction de la burqa en France

Le Comité des droits de l’homme devrait prochainement contester la loi française du 11 octobre 2010 sur la dissimulation du visage dans l’espace public, jugeant qu’elle est discriminante et porte atteinte à la liberté religieuse.

Le Comité des droits de l’homme devrait prochainement contester la loi française de 2010, jugeant qu’elle est discriminante et porte atteinte à la liberté religieuse.

Une prise de position qui pourrait faire jaser. Le Comité des droits de l’homme de l’ONU, organe de surveillance du Haut-commissariat aux droits de l’Homme (HCR), s’apprête à remettre en cause la loi française du 11 octobre 2010 sur la dissimulation du visage dans l’espace public, révèle le journal La Croix ce mercredi. L’instance, constituée de dix-huit juristes internationaux, devrait rendre en octobre ses «constatations» à propos de deux requêtes de femmes verbalisées pour avoir violé cette loi. Selon La Croix, le Comité devrait juger que la législation française sur le voile intégral «porte atteinte à la liberté religieuse» et crée une «discrimination» à l’encontre de ces femmes.

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Cet avis s’inscrit dans la lignée des dernières prises de position du Comité. L’été dernier, les experts avaient rendu leurs conclusions concernant l’affaire Fatima Atif, du nom de cette salariée marocaine licenciée de la crèche «Baby-Loup» pour faute grave en 2008 après avoir refusé d’ôter son voile au travail. La crèche avait mis en avant l’interdiction du port de signes religieux au nom de la neutralité. Son éviction avait d’ailleurs été validée en 2014 par la Cour de cassation. Toutefois, les juristes du Comité ont estimé en août que «l’interdiction qui lui a été faite de porter son foulard sur son lieu de travail constitue une ingérence dans l’exercice de son droit à la liberté de manifester sa religion». Ils ont également épinglé la France, jugeant qu’elle «n’a pas apporté de justification suffisante» permettant de conclure que «le port d’un foulard par une éducatrice de la crèche porte atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants et des parents la fréquentant».

Aucun pouvoir de contrainte

Le Comité des droits de l’homme de l’ONU a pour rôle de faire respecter le Pacte international sur les droits civils et politiques de 1966. Ses experts sont issus de pays divers et variés, de l’Égypte à Israël en passant par la France, représentée par le professeur de droit public Olivier de Frouville. Dernièrement, ses interventions se font de plus en plus pressantes, sur des sujets brûlants comme l’éviction de l’ex-président brésilien Lula, la détention de musulmans ouïghours par la Chine ou encore la violation des droits en République démocratique du Congo. Et si le Comité rend à chaque fois des avis, il n’a pas pourtant aucun pouvoir de contrainte. Ses recommandations ne sont donc quasiment jamais respectées. En France, pour l’affaire de la crèche Baby-Loup, les experts avaient sommé Paris d’indemniser Fatima Latif, indiquant que ce serait au conseil d’État de condamner l’État «si ce dernier ne fait pas de proposition sous 180 jours». Mais, pour l’avocat de la crèche, Richard Malka, «les décisions du Comité des droits de l’Homme n’ont aucune valeur juridiquement contraignante», avait-il déclaré, évoquant un «non-évènement».

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Les constations à venir du Comité des droits de l’homme n’appelleront donc pas à une modification obligatoire de la loi française sur la burqa. D’autant qu’elles sont en décalage avec celles des juridictions européennes. En 2014, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait validé la législation, mise en œuvre sous François Fillon. «Consciente que l’interdiction contestée pèse essentiellement sur une partie des femmes musulmanes», la CEDH avait relevé que la loi «n’affectait pas la liberté de porter dans l’espace public des éléments vestimentaires qui n’ont pas pour effet de dissimuler le visage et qu’elle n’est pas explicitement fondée sur la connotation religieuse des vêtements, mais sur le seul fait qu’ils dissimulent le visage».

Voilà. Je décide , l’instant même de ne pas commenter, préférant suspendre la discussion et la développer sérieusement ailleurs.

On aura compris qu’évidemment, je défendrai la Loi française. Il s’agira, plus tard, quand le temps du politique sera achevé, et que mon propre temps le permettra, de revenir sur le sujet à partir de Kant, de Spinoza et de Lévi-Strauss. Bref sur le relativisme absolu qui est la plaie de la réflexion adolescente.

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