La part du roman

J’avais abandonné les illustrés (le mot pour les BD, dans mon pays). D’ailleurs pour toujours. Je ne comprends absolument pas cet engouement, surfait et de circonstance pour la bande dessinée qui met, lorsqu’il s’agit de décerner des prix, le Festival d’Angoulême au même niveau que l’Académie française. Le seul prix auquel j’accorde, encore maintenant de l’attention, les autres étant de l’ordre du remplissage des rayons de la FNAC, prévisibles, destinés à ceux, vaillants et formidables, qui veulent lire, ce qui est presque un devoir mais achètent en rangeant dans un tiroir, à côté des factures d’électricité, les bouquins qui ont eu le prix, après la lecture des premières lignes, désarçonnés par la langue employée qui n’est pas celle des romancières anglaises (les secondaires, pas Woolf, Brontë ou Austen) à la mesure de l’impossibilité de l’amour de la langue. La langue.

Un roman n’est pas une histoire et certains lauréats des prix littéraires savent vraiment écrire, ce qui peut rebuter ceux qui n’ont que le temps d’un trajet de RER pour gober des pages.

Le feuilleton de fin de siècle dans lesquels excellaient nos grands romanciers français, insérés en première page des journaux populaires ont plus fait pour la littérature et la passion des mots que ces prix accordés à de bon écrivains qui ne peuvent cependant être appréciés à leur mesure, le lecteur étant dans l’immédiateté et dans l’histoire, laquelle n’a pas à être engluée dans la littérature. Les Musso et Levy l’ont compris.

On lit que je m’éloigne encore. Mais j’avais prévenu : les contre-allées sont indispensables pour revenir au centre. Les espaces dans l’écriture, s’ils ne sont pas éclatés, au gré d’une nécessité d’écrire -ce qui nous vient, sont droites, alors que seul le détour fait le chemin, le sentier de soi, dirait le mauvais philosophe, professeur du développement de sa « personne ».

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