Philosophie pharmaceutique, femme belle.

Copie d’un e-mail (véritable) reçu aujourd’hui d’une personne qui se prétend mon ami. (je laisse dire).

« Bonjour M,

Je vais te raconter ce qui m’est arrivé hier.

Je laissais mon café refroidir à une terrasse de café avec chauffage extérieur lorsque j’entendis à une table voisine une voix forte, articulée, qui d’un ton péremptoire criait presque : « Platon, pas Prozac ! ».

Je tournai discrètement la tête et aperçus un couple jeune et beau qui, manifestement, s’était engagé dans une discussion au demeurant conviviale, presque amoureuse. J’esquissai un sourire entendu et la femme me dévisagea. Ce qui me fit, immédiatement détester son compagnon, escroc dragueur qui connaissait trop les ficelles, les trucs et les combines qui passent par la belle et mystérieuse devise qui épate la galerie. Faiseur ! Imposteur !

J’étais donc prêt à m’associer à la conversation mais ils n’en avaient pas envie, me délaissant, me snobant, me faisant baisser la nuque. J’étais très en colère, surtout lorsqu’il lui prit la main et qu’elle ne la retira pas.

Et pourtant j’aurais pu leur dire plein de choses. Comme par exemple que la philosophie, à l’inverse de ce que nous racontent d’autres faiseurs ne sert, justement pas à éviter le Prozac, à se consoler du monde, mais, bien au contraire à faire vivre et maintenir la délicieuse inquiétude; qu’Epicure était un angoissé et les cafés de philo une autre imposture consolidée par les « coachs » fauchés qui trouvent la manne dans des cerveaux malléables; que..bref, mille choses.

La femme était vraiment belle. »

On aura compris que celui qui se prétend mon ami (je laisse dire) se croit philosophe (je laisse dire).

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