Jouissance de l’indiscernable infini

Californie. Cette photographie, l’une de mes préférées, me permet de glorifier le graphisme, point nodal de la photographie, peut-être son centre ultime. Il amène le regardeur à faire abstraction du sujet, pour laisser son oeil jouir de la forme brute que la couleur et la lumière façonnent, comme une impression qui trouve son chemin dans la ligne. Des « réalités nouvelles » sont construites, transcendées par l’infini de la perception. L’oeil se promène, comme dans un doux manège, entrainé délicieusement dans l’imperceptible, presque dans l’essence du monde.

La recherche du graphisme dans la photographie, fonctionne comme un enlacement affectueux, amoureux des formes lesquelles se donnent sans réserve à ceux qui les décèlent dans leur mystère flagrant, dans un monde second, hors de sa réalité immédiate et qui devient ainsi une partition à déchiffrer.

La photographie, lorsqu’elle tente de s’ériger en art, n’est que déchiffrement.

PS. Je n’ose, ici, raccrocher avec le précédent billet sur le magnifique Blanchot et sa théorie de l’imaginaire dans l’image, solitude et émotion. On me traiterait de cuistre ou de pédant. C’est fou comme l’autocensure aplatit le monde. Ce n’est qu’au paradis que les jugements sont abolis et que les Messieurs K du Procès kafkaïen (ceux qui doivent chercher ce pourquoi ils sont coupables) sont inconcevables. Ce PS me semble un peu amer. Mais je n’efface pas. Il est dans un instant (cf supra dans un autre billet)

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