La mort et l’argent.

L’on ne veut, ici, plaisanter avec le discours surréaliste, inspiré par notre va-t-en-guerre sans pouvoir  (qui usurpe donc la fonction présidentielle) qu’il veut reconstituer, classiquement, à la Machiavel, par la construction d’un champ de bataille qui serait presque celui d’une nation désolée par la présence d’un usurpateur. En prétendant que si l’Ukraine ne gagnait pas, Poutine viendrait avec ses soldats sur la Place de la Concorde. Et nous parlerons russe dans 50 ans. Certains poussent l’humour jusqu’à imiter les mauvais humoristes de France Inter, en clamant que ça vaut mieux que de parler l’arabe d’une future charia.

L’on est cependant assez sidéré par la violence européenne, sans armée qui veut faire échouer, pour des motifs ténébreux et paranoïaques, ce mauvais plan de paix américain, proposé par Trump, qui n’a qu’un seul mérite, mais qui vaut son pesant d’humanité : éviter de nouvelles centaines de milliers de morts au combat fratricide dont l’Ukraine, la Russie, et l’Europe se passerait bien.

Il faut désormais faire avancer la paix même si tout choque dans ce plan américain assez capitulard, au premier abord. Mais il faudra toujours capituler. Tout se joue dans la guerre et le rapport de force. Ici, défavorable eu égard aux faibles moyens des ukrainiens, en armes et en finances, un manque allègrement compensé par nos deniers européens qui seraient mieux utilisés dans nos hôpitaux de paix, à embaucher des infirmières qui ne soigneraient pas les jambes coupées dans le Donbass.

Il faut arrêter cette guerre.

Juste un point qu’il faut débattre en exigeant la morale : les européens veulent  financer la reconstruction de l’Ukraine par les fonds russes dont ils se sont emparés (180 milliards d’euros au fond d’une banque belge). C’est du vol et heurte la morale. Pire encore, la proposition de Trump qui veut s’en servir, non pour les prendre mais pour aider à la reconstruction, une sorte d’emprunt, en précisant que cette reconstruction matérielle et économique générera des bénéfices dont il réclame sa part à hauteur de 50%. Un scandale.

On propose à tous les commentateurs de gloser sur ce sujet au lieu de nous faire subir la parole idiote de vieux généraux à la retraite qui cachetonnent sur LCI, aidés par les ingénieurs de pacotille qui nous décrivent, presque en jouissant, les bombes nucléaires qui feront bientôt fureur. LCI devrait recevoir le Nobel de la Guerre.

En délimitant le champ du débat dans celui de la mise en œuvre de la reconstruction ukrainienne, de l’argent volé et des bénéfices incroyablement réclamés par un État occidental, le langage se déplacerait vers la paix et les positions immorales seraient révélés. Ce qui fait toujours du bien à la démocratie.

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Michel Béja