Toujours l’autre Roth

Première page

Il y a de nombreuses années vivait à Zuchnow un homme qui avait pour nom Mendel Singer. Il était pieux, craignait Dieu et n’avait rien d’exceptionnel, c’était un juif tout à fait ordinaire. Il exerçait le modeste métier de maître d’école. Dans sa maison, qui se composait uniquement d’une vaste cuisine, il transmettait à des enfants la connaissance de la Bible. Il enseignait avec une ferveur sincère et sans obtenir de résultats spectaculaires. Avant lui, des centaines de milliers d’hommes avaient vécu et enseigné de la même manière que lui.
Son visage pâle attirait aussi peu l’attention que son existence. Une barbe d’un noir tout à fait ordinaire l’encadrait complètement. Sur sa tête était posée une casquette de reps noir, une étoffe dont on fait parfois des cravates bon marché et d’apparence peu moderne. Son corps était vêtu du caftan demi-long traditionnellement porté par les juifs du pays, dont les pans voletaient quand Mendel Singer se hâtait à travers la ruelle et venaient frapper la tige des hautes bottes de cuir en faisant entendre comme un bruit de battement d’ailes, sec et régulier.

Joseph Roth.

Joseph Roth, l’américain a effacé le prénom de Joseph. Ils n’ont pu se connaître. Mieux encore, je crois qu’ils ne seraient pas appréciés.

Joseph Roth est un immense écrivain austro-hongrois qui a fini ses jours au Café le Tournon, rue de Tournon à Paris, près du Sénat, accoudé au fond de la salle, plusieurs mauvais vins et cognac de piètre qualité qui emplissaient sa table. Jamais,à jeun et toléré pour son talent par le tenancier parigot.

Il fit un dernier voyage au cimetière de Thiais ou un bagarre s’initia entre juifs et catholiques qui, chacun, revendiquait pour le mort la religion de son cœur. Tous disent avoir obtenu gain de cause

L’extrait est la première page,d’un livre plusieurs fois traduit, notamment dans la, collection du Livre de Poche,sous le titre ” le Poids de la,grâce que je ne peux pas donner à comparer la collection de poche ne l’ayant pas édité en numérique.

Mais si l’on cherche bien dans ce satané site, j’ai du photographier quelque part cette page du “Poids”.

Ce roman est fabuleux, il m’a, au demeurant, presque appris à écrire.

Je ne sais quelle traduction je préfère. Les deux sont bonnes. La plus récente, évidemment numérique étant évidemment plus moderne,, dès lors,un peu plus sèche, ce qui est un style de traduction.

N’allez pas croire que Joseph Roth n’est connu que par ce Job. Il est plutôt connu pour “LA MARCHE DE RADESKY”.

Je donne au demeurant sa bibliographie.

Il n’y a pas qu’un Roth (Philip), l’un de mes auteurs préférés, comme il n’y pas qu’un SINGER (Isaac Bashevis) mais son frère Joshua, admirable écrivain de la “famille Karnovsky.”

La biblio de JOSEPH

Du même auteur
 aux mêmes éditions
La Marche de Radetzky
roman, 1982
coll. « Points Grands Romans », n° 8
 
La Crypte des capucins
roman, 1983
coll. « Points », n° 196
 
Tarabas, un hôte sur cette terre
roman, 1985
coll. « Points Grands Romans », n° 2285
 
Juifs en errance
suivi de l’Antéchrist
essais, 1986 et 2009
 
La Légende du saint buveur
nouvelle, 1986
 
La Rébellion
roman, 1988
coll. « Points », n° 1510
 
Les Fausses Mesures
roman, 1989
 
Croquis de voyage
récits, 1994
 
Le Marchand de corail
nouvelles, 1996
 
Gauche et Droite
roman, 2000
 
Zipper et son père
roman, 2004
 
Le Roman des Cent-Jours
2004
 
La Filiale de l’enfer
Écrits de l’émigration
2005
 
Lettres choisies (1911-1939)
2007, prix Sévigné
 
Le Cabinet des figures de cire
précédé d’Images viennoises
Esquisses et portraits
2009

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Michel Béja