

On donne ici un texte paru dans Le Point de Hector Obalck, paru en le 1/9/2024. Malgré les règles du Copyright que je viole un peu, même s’il s’agit d’une citation, cet écart est nécessaire dans la progression de l’esprit de l’art.
La tradition picturale de ce type de sujet oblige à montrer Jésus dans les bras de sa mère, laquelle est assise sur les genoux de sainte Anne. Comme il n’est pas naturel d’asseoir une mère sur une grand-mère, Léonard trouve une solution élégante pour suivre la tradition archaïque mais en lui offrant un réalisme propre à la Renaissance, grâce à l’enchevêtrement gracieux des anatomies et des drapés, reposant sur un trépied humain et insolite.
Au bord d’un précipice
Dans cette « Sainte Anne », tous les détails sont admirables, notamment les délicats tissus (charlotte et serre-tête surmonté d’un fichu) que sainte Anne accumule sur sa chevelure. Quant aux visages, ils battent des records de douceur et de tendresse.
En haut du tableau, un paysage de glaciers entoure les protagonistes, tandis que coule à leurs pieds un ruisseau, comme s’ils étaient au bord d’un précipice. C’est-à-dire que Léonard a encadré sa scène de deux immensités – l’une s’enfonçant verticalement vers le centre de la Terre, et l’autre s’étendant au lointain vers des sols lunaires – servant d’alpha et d’oméga à ce portrait on ne peut plus intime d’une famille biblique qui se voulait universelle.
* Hector Obalk est critique et historien de l’art. Il livre chaque mois, pour « Le Point », son regard sur une œuvre d’art. Son spectacle « Toute l’histoire de Jésus à travers la peinture » est à voir au Théâtre libre, à Paris (1er et 15 octobre, 12 et 26 novembre, 10 dé
PS. Mon titre ne se veut aucunement désobligeant à l’égard des japonais. Mieux encore, j’admire leur volonté, leur ténacité dans leur posture, celle qui ne veut rien négliger qui ne soit important dans le monde. Ils nous donnent la leçon, contre la désinvolture et la paresse, l’attente de tout ce qui vient sans effort. Un japonais fait la queue au Musée du Louvre en jouissant déjà de ce qu’il va découvrir. Le français, lui, râle sur la désorganisation inexistante, l’anglo-saxon, lui, la considère (la queue) comme une obligation, presque quotidienne. C’est chez les peuples soviétiques qu’elle était dramatique. Etant observé que je suis un fan du coupe-file.