
La mode est à la guerre, aux nouveaux porte-avions, aux muscles brandis d’un Président collégien, à la vitupération à l’endroit des américains “traitres” de l’Ukraine, au ton qu’on doit monter dans l’Otan, bref la mode est à la guerre en Europe. Mais le peuple ne suit pas et préfère ses enfants à leur table de Noël, loin des champs de bataille improbables.
Nous serions même déjà “en guerre” et on le dénie. C’est ce qu’on lit de manière récurrente sous la plume de journalistes qui s’ennuient avec le feu 49-3, prétendument remisé et qu’on ne peut plus vilipender. Ils cherchent donc une pensée originale parmi lesessayistes qui tentent de faire croire qu’ils pensent.
Le dernier se nomme Stéphane Audoin-Rouzeau, historien paraît -il . Il donne un entretien “à la mode” dans Le Point intitulé :
« Les Européens vivent toujours dans le déni de guerre“
“ENTRETIEN. Les Européens continuent de croire en une « paix définitive », s’inquiète l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau. Selon lui, le service militaire volontaire annoncé par Emmanuel Macron pourrait changer la donne.
Il est donc “inquiet” cet historien que l’on puisse croire à la paix (que l’on, évidemment, “définitive”
Il ajoute que :
Et sur ce plan, le déni persiste selon moi car, collectivement, nous continuons de penser comme inenvisageable une guerre au sein de l’espace européen, une guerre dans laquelle nos armes seraient engagées. Ce type de guerre reste en quelque sorte impensable au sens strict du terme, et donc impensé. « Gâtés à la paix » [formule de l’historien allemand Karl Schlögel, NDLR] depuis des décennies, nous nous révélons incapables de sortir de notre croyance – car il s’agit bien d’une croyance – d’une paix définitive.
Cet “historien” qui aime la guerre en vient presque la souhaiter lorsqu’il dit que :
Je ne pense pas qu’un consensus politique – et donc sociétal – soit envisageable en quelque sorte « à froid », dans une société « à haut niveau de pacification » (Norbert Elias) comme la nôtre : c’est le basculement dans la vraie guerre qui, selon moi, pourra seul créer un tel consensus. Cela dit, dans une telle hypothèse, le politique aura alors un rôle moteur central : la décision d’entrer en guerre est fondamentalement une décision politique, le rôle d’entraînement du politique sera alors décisif“.
A dire vrai, il a raison cet essayiste de pages du weekend : le peuple est dans le déni de la guerre. Et il ne se trompe pas. Plus on dénie, plus on fait reculer l’objet du déni (ici la guerre). Plus on dénie, plus on échappe, disent certains psychanalystes, à la douleur de l’appréhension de la réalité et même au réel lui-même, dont quelquefois, l’on n’a pas besoin qu’il vienne escagasser notre vie construite au mm pour tenter de nous protéger d’un malheur inutile. Le déni est un moyen d’effacement veule peut-être (pour les marchands de malheur) mais souvent efficace dans l’instinct de préservation.
Le déni devient néfaste lorsque le réel ne peut s’effacer. En Israël, le déni est un concept inconnu. La guerre réelle a englouti tout déni.
Vive le déni ! A bas son objet !