
Je trouve assez scandaleux ce que je vais écrire et n’en voudrai pas à ceux qui pousseraient des cris d’orfraie en s’aventurant ici.
1 – la volonté du Président Trump d’annexer le Groenland par tous moyens, financiers ou guerriers, bafouant dès lors les règles sacrées de la souveraineté nationale, est une infamie, un coup d’état mondial, plus que l’impérialisme, lequel, lui, se nommait.
2 – La réaction danoise (au demeurant, si l’on ose dire, s’agissant du Groenland, assez frileuse, celle des européens, désormais attachés au Grand Guide de la guerre qu’est devenu notre Président qui s’acharne à exister, sur le dos de “nos enfants” et de nos impôts, sont, évidemment de mise : la schizoīdie de Trump qui s’arroge le droit de prendre une terre qui est un pays est assez inacceptable.
3 – Mais quoi ? Vous nous trompez, dira mon lecteur. Vous deviez choquer et ne proférez que des banalités sur la sacralisation de la souveraineté et la folie d’un homme.
C’est que je n’ai fini.
4 – Car, en effet, à la réflexion, même s’il eût mieux valu que la situation soit gelée (…) et puisque nous sommes dans le conflit qui peut dégénérer, je suis enclin, par pur égoïsme, à prendre le parti de Trump. Et ce pour les motifs qui suivent :
A – L’Occident dans lequel je me reconnais, inclut Europe et États-Unis.
Et a l’inverse de ce qu’énoncent les petits éditorialistes qui sévissent sur LCI, il est faux de prétendre que Poutine serait conforté dans ses postures impériales, imitées par Trump.
Bien au contraire, l’envoi d’un message de l’unité de l’Occident qui peut, à bas prix : 57.000 habitants devenant américains au statut médical et social inchangé (loi de la conservation des avantages acquis). l’Occident s’agrandit, l’Occident admet que pour le contrôle défensif en Arctique, défense globale d’un bloc donc, l’on se permette une entrave, sans sang versé au droit international. Au profit de l’Otan, donc de nous, européens, qui devraient, plutôt que de tenter de s’ériger en puissance guerrière (trop tard et trop de peuples différents), redevenir un “allié” du Grand Occident, qui s’installe désormais, aux côtés des États-Unis contre la Russie, la Chine et le Sud global qu’on n’oublie pas. Trump ne nous aurait jamais lâché si nous avions tenus ce discours. Mais l’antiamericanisme qui servit dans les salles de presse et les couloirs sombres des consulats ne pouvait l’admettre. La gauche a envahi, derrière “Le Monde diplomatique”, journal gauchiste, tiers-mondiste de pacotille
B – Par ailleurs, cette terre ne me semble pas danoise après son annexion par quelques trappeurs de Copenhague. Elle est loin du Danemark et ses habitants, inuit, sont plus américains que danois, éparpillés jusqu’en Alaska. Comme d’ailleurs nos colonies sont loin de chez nous, à la différence qu’ils sont peuplés d’individus, antillais, polynésiens qui sont la France. Les inuit du Groenland ne sont pas le Danemark et se sentent américains, au sens géographique du terme. L’histoire a sculpté des positions, des cultures, une appartenance.
Dés lors quand je vois une affiche satirique montrant un Trump le doigt sur le Groenland, disant “This is my hémisphere “, j’efface la satire, la vérité se terrant dans le slogan.
Je conclus : je suis un hémisphèriste désormais convaincu de la pertinence de cette idéologie géographique.
J’aurais préféré ne pas voir les frères occidentaux se chamailler. Je lutte contre ces chamailleries en clamant qu’il faut laisser Trump prendre une terre peu peuplée qui pourrait, au-delà des profits américains qui profitent toujours à l’Occident, permettre une défense efficace de notre camp (occidental).
Il y a peu de temps les pays s’achètaient, Alaska, Louisiane, Nouveau -Mexique. Il y a peu de temps, les pays subissaient l’annexion et la colonisation.
Les temps ont changé, heureusement.
Cependant l’annexion d’un territoire presque vierge, dans son hémisphère pour défendre un bloc et le faire prospérer, rocher blanc qui voit tout et d’où part tout dans une période où le conflit armé n’est plus un gros mot, ne me choque plus. Et il y a loin entre l’installation de bases US sur le territoire que sa possession qui agrandit le pays et, partant, l’Occident actif et puissant.
Il m’a fallu quelques jours pour arriver à cette opinion choquante.
PS. Lorsqu’au téléphone, j’ai raconté ce que j’allais écrire, l’interlocuteur m’a répondu que je défendais les États Unis parce que ce pays protégeait Israël. Je jure que je n’y avais pas pensé mais c’est bien volontiers que j’ajoute aux motifs, cette réalité.
PS2. Ce billet est-il une plaisanterie ?