# LA FOCALE GAZA, chapitre 2

Suite de « la focale Gaza »
Dans notre premier chapitre de cette série sur Israel, on en était resté aux faits, en réalité un seul, incontournable : l’existence d’un État d’Israel. Il a du mal à se faire accepter, les guerres se multiplient, les pays avoisinants ne pouvant le tolérer sur un sol considéré comme « musulman », ne pouvant, au surplus, imaginer que ce petit pays pouvait résister à l’attaque guerrière.
Les guerres se sont succédé. La paix a pu être conclue avec l’Égypte, des accords n’ont pas vu le jour alors qu’ils étaient sur le point de se conclure.
Il nous parait opportun de rappeler, brièvement, ces faits, avant de cerner « la focale Gaza » qui chamboule le tout. Le Chapitre qui suit est donc plus documentaire qu’interprétatif.
Sauf à transformer tout écrit en une polémique, une diatribe, dans le type « Facebook énervé », il faut passer par ces rappels et dégager des faits une description de l’état actuel de la situation, au regard de notre propos essentiel dans cette plongée dans le Moyen-Orient : la focale, la focalisation sur Gaza qui a bouleversé la donne géopolitique et celle, quotidienne, de l’antisionisme qui camoufle l’antisémitisme. On ne s’ennuie jamais à lire l’histoire.
GUERRES ET PAIX
1967 (Guerre des Six Jours) :
Israël mène une attaque préventive contre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. En six jours, Israël conquiert le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau du Golan.
Cette guerre marque le début de l’occupation militaire des territoires palestiniens et du mouvement de colonisation civile israélienne. Nul ne peut le nier. Il s’agit pour Israel de se protéger de l’attaque dite de « frontière ». Il s’agit pour les pays arabes et pour les palestiniens de colonisation dure.
1973-1993 (Guerres régionales, paix avec l’Égypte, surgissement de la question nationale palestinienne :
La guerre du Kippour (1973) débouche sur les accords de paix israélo-égyptiens de Camp David (1978-1979) et la restitution du Sinaï. Une paix initiée par Anouar El Sadate, dirigeant égyptien, assassiné en 1981.
En novembre 1977, El Sadate accomplit un geste historique et inédit en se rendant en visite officielle à Jérusalem pour s’adresser à la Knesset, brisant un tabou majeur dans le monde arabe. Ce geste aboutit aux Accords de Camp David (1978), sous l’égide du président américain Jimmy Carter. Accords de paix avec le Premier ministre israélien Menahem Begin, ce qui lui vaut le prix Nobel de la paix. Ce traité de paix, signé en mars 1979, provoque le gel des relations diplomatiques de l’Égypte avec la plupart des autres pays arabes, qui considèrent cette démarche comme une trahison.
L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par Yasser Arafat, s’impose désormais comme représentante des revendications nationales palestiniennes.
La première Intifada (« guerre des pierres ») éclate en 1987 dans les territoires occupés, conduisant à l’émergence du mouvement islamiste Hamas.
Accords d’Oslo (1993-1995) : Une avancée, une reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP, création de l’Autorité palestinienne pour une autonomie transitoire. L’échec des négociations finales (Camp David 2000) et la seconde Intifada (2000-2005) enterrent la dynamique.
Israël évacue unilatéralement Gaza en 2005, où le Hamas prend le pouvoir en 2007, entraînant un blocus israélo-égyptien. En Cisjordanie, la colonisation israélienne continue de croître.
Actuellement, le conflit alterne entre normalisations diplomatiques régionales sans volet palestinien (Accords d’Abraham en 2020) et violents embrasements militaires réguliers entre Israël, le Hamas et l’axe régional allié à l’Iran.
ACTUALITÉ DE L’AMBIANCE RÉGIONALE
La position des pays du Moyen-Orient sur la question palestinienne je varie entre le soutien actif à la cause, la normalisation pragmatique et l’opposition frontale, tout en restant unie sur le principe d’un État palestinien.
L’axe de la résistance et du soutien direct : Iran et Syrie
L’Iran : Il soutient politiquement, financièrement et militairement le Hamas et le Jihad islamique, tout en instrumentalisant la cause pour étendre son influence régionale à travers son « axe de la résistance » (comprenant le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen).
La Syrie : Historiquement alliée à la cause palestinienne et membre de l’axe pro-iranien, elle reconnaît l’État palestinien mais reste affaiblie par sa propre crise interne.
L’axe de la médiation et de la diplomatie : Qatar, Égypte, Jordanie
Le Qatar et l’Égypte Ils jouent un rôle clé de médiation dans les conflits (notamment à Gaza), tout en maintenant un soutien diplomatique constant à la création d’un État palestinien. On ne peut cependant oublier que le Qatar, propriétaire du PSG finance abondamment le Hamas. On y reviendra.
La Jordanie : Elle abrite une immense population d’origine palestinienne et défend la solution à deux États, tout en veillant strictement à sa propre stabilité intérieure face aux tensions régionales.
L’axe du pragmatisme et de la normalisation sous conditions : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahrein
L’Arabie saoudite : Elle subordonne toute normalisation officielle de ses relations avec Israël à la concrétisation d’une solution pour un État palestinien.
Les Émirats arabes unis et le Bahreïn : Signataires des Accords d’Abraham, ils maintiennent des liens diplomatiques avec Israël tout en condamnant fermement les violences faites aux civils à Gaza.
LE HAMAS ET LE FATAH
Le Hamas et le Fatah sont les deux principaux mouvements politiques palestiniens, souvent qualifiés de « frères ennemis » en raison de leur rivalité historique et de leurs visions opposées.
Le Fatah
Fondé à la fin des années 1950 (notamment par Yasser Arafat), le Fatah est un mouvement nationaliste, laïque et modéré. Il domine l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et l’Autorité palestinienne (AP). Il privilégie la voie diplomatique et a reconnu l’État d’Israël dans le cadre des accords d’Oslo en 1993. Il administre principalement les territoires de Cisjordanie. [1]
Le Hamas
Fondé en 1987 lors de la première Intifada, le Hamas est un mouvement islamiste sunnite et la branche palestinienne des Frères musulmans. Contrairement au Fatah, il s’est opposé aux accords d’Oslo et a longtemps refusé de reconnaître Israël, prônant la lutte armée.
Il bénéficie d’un ancrage social fort grâce à ses actions caritatives et religieuses.
Il a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007 après de violents affrontements contre le Fatah.
En 2007, après la victoire législative du Hamas en 2006 et une brève cohabitation, une guerre civile éclate en 2007. Le Hamas chasse le Fatah de Gaza, divisant de facto le pouvoir palestinien entre la Cisjordanie (Fatah) et Gaza (Hamas.
Les tentatives de réconciliation par différents pays (comme la Chine ou l’Égypte) pour tenter de former un gouvernement d’union ou administrer conjointement Gaza, les divisions persistent en raison de désaccords profonds sur la gouvernance et la stratégie face à Israël.
IRAN, LIBAN, HEZBOLLAH.
Le Hezbollah (Parti de Dieu) est un parti politique et un groupe paramilitaire islamiste chiite libanais fondé en 1982 avec le soutien de l’Iran au moment de l’invasion israélienne du Liban. Présent à la fois sur la scène politique institutionnelle et doté d’une puissante aile militaire, il constitue l’un des acteurs non étatiques les plus influents et lourdement armés du Moyen-Orient.
Le mouvement émerge en 1982, structuré par des clercs chiites et encadré par les Gardiens de la révolution iranienne (Pasdarans) dans le contexte de la guerre civile libanaise et de l’occupation du Sud-Liban par Israël.
Inspiré par la révolution iranienne de 1979 et le wilayat al-faqih (la tutelle du juriste-islamique), son manifeste historique prône la résistance armée contre l’État d’Israël et l’opposition à l’influence occidentale dans la région.
En raison de ses actions armées et de ses liens étroits avec Téhéran, le Hezbollah est désigné comme une organisation terroriste par de nombreux pays, incluant les États-Unis, le Canada et l’Union européenne (pour sa branche militaire).
Principal représentant de la communauté chiite libanaise, le parti s’est ancré localement à travers un vaste réseau d’œuvres sociales, d’écoles, d’hôpitaux et d’institutions de reconstruction. Intégré dans le jeu politique institutionnel libanais depuis les années 1990, il dispose de ministres au gouvernement et de députés au Parlement, exerçant un poids décisif sur la vie politique du pays.
Souvent qualifié de pivot de « l’Axe de la résistance » orchestré par l’Iran, le groupe a étendu son influence militaire et de conseil au-delà du Liban (notamment en Syrie aux côtés du régime de Bachar el-Assad). Après la guerre de 2006 contre Israël, le mouvement a ouvert un nouveau front d’affrontements à partir d’octobre 2023 en soutien au Hamas, débouchant sur une escalade majeure et des destructions d’ampleur au Liban. Les tensions persistent vivement autour de son désarmement et de l’application des résolutions internationales sur le contrôle exclusif du territoire par l’armée libanaise.
Parrain politique, financier et militaire du Hezbollah, l’Iran reste au cœur de l’affrontement indirect puis direct avec Israël, Téhéran dénonçant régulièrement des franchissements de lignes rouges tandis que l’État hébreu cherche à neutraliser durablement l’axe pro-iranien à ses frontières nord.
La volonté d’un accord de sécurité accepté par le Président libanais Joseph Aoun pousse activement en faveur d’un accord de sécurité avec Israël, qu’il présente comme la seule alternative pacifique pour éviter une destruction totale du pays et permettre le déploiement effectif de l’armée libanaise. Le mouvement Hezbollah dirigé par Naïm Qassem qualifie ces démarches gouvernementales d’abandon de souveraineté inacceptable et s’oppose farouchement à toute velléité de désarmement, maintenant une fracture politique profonde au sein même de l’État libanais.
On peut ainsi retenir, à ce stade, un acharnement de l’Iran et ses acolytes du Hezbollah qui s’ajoute à celui du Hamas à l’encontre du petit pays.
La paix qui pouvait, par le temps et la raison, advenir va, dans son processus, s’écrouler.
Les attentats du 7 octobre 2023, dénommés par le Hamas « Déluge d’Al AQsa » va, avec la riposte israélienne et les bombardement sur Gaza, la réalité d’une colonisation en Cisjordanioe, la violence des certains colons, fonder un nouveau discours jusque dans les rues européeenes. Celui du « génocide » qui alimente l’antisionisme, qui est, principalement un antisémitisme.
Une ère nouvelle de l’antisémitisme, encore une fois camouflé, va se mettre en place. L’ère de Rimla Hassan, la focale Gaza, le « génocide » en embuscade sémantique.
On continue dans un nouveau chapitre, dans les jours qui viennent.