# LA FOCALE GAZA, chapitre I

Ce billet est le premier d’une série sur Israël.
LIMINAIRES
Une majorité de français vilipende un État d’Israel « génocidaire » et « cruel », s’embourbant dans un discours souvent confus, envenimé par des chercheurs de voix électorales (LFI) souvent antisémites, humanitaires de parade ou, encore par le prêt-à-parler, prêt-à-penser charrié par les bonnes âmes qui trainent sur les plateaux de télévision et de radio.
Cette parole qui n’est plus souterraine, cette posture qui peut être antisémite ont été confortées par les images des chaines d’info, en premier lieu, celles de LCI, la chaine qui, en boucle, sans discontinuer, montraient, lors des bombardements de Gaza contre le Hamas et ses dommages collatéraux (générés par la proximité physique, stratégique, du mouvement religieux qui s’abritait derrière la population) des images de gravats à Gaza dans lesquels se trouvaient, désemparés et désœuvrés, des enfants palestiniens de la guerre.
Les discours sur le prétendu « génocide », sur la guerre à Gaza, qui ont effacé, annulé ceux sur les massacres du 7 octobre, ont donc fabriqué la haine ou la suspicion à l’égard du petit pays grand comme la Normandie, qui lutte pour sa survie depuis sa création en 1948, laquelle ne peut être oubliée par les habitants des territoires désormais israélienne.
Il ne peut être nié que les juifs, devenus israéliens, se sont emparés du territoire qui leur était concédé, entrainant l’exode des populations arabes ou même des expulsions forcées de ces habitants sans État. Le nier serait faire preuve d’une mauvaise foi insigne, même s’il est vrai que le monde s’est structuré par la guerre et l’occupation, les israéliens considérant que cette terre était également, depuis des millénaires, la sienne ; qu’en tous cas, elle leur avait été concédée par un partage refusé par les arabes.
L’on ne peut cependant, dans l’analyse du conflit, ignorer, effacer cet épisode. Étant cependant observé que ce temps a été absorbé et que le discours anti-israélien ne s’est pas constitué sur les conséquences de cette guerre dite d’indépendance » de 1948 ; que mieux encore, dans les milieux dits de gauche, l’idéologie « kibboutz » qui coïncidait avec une sorte de scoutisme humaniste et un zeste de proudhonisme utopiste était magnifiée. Israel n’était pas le grand méchant.
Puis, pendant les guerres successives (1967, guerre de Kippour, guerre des six jours, et les autres) les français, les européens n’étaient pas, farouchement, anti-israéliens, le mot du Général de Gaulle, en 1967, qualifiant les israéliens de peuple « sûr de lui et dominateur » ne faisant que conforter, à vrai dire, l’admiration à son égard.
L’antisémitisme religieux, anticapitaliste, restait confiné dans le territoire français. Il demeurait, amoindri cependant par le tournant historique majeur sur la relation au judaïsme qu’a constitué la déclaration conciliaire Nostra Ætate en 1965, une déclaration du concile Vatican II qui condamne l’antisémitisme, rejette l’accusation collective de déicide portée contre les Juifs et rappelle les liens spirituels unissant l’Église au peuple de l’Alliance.
Bref, l’antisémitisme, comme la baguette boulangère, faisait partie du décor derrière le rideau, normalement, si l’on ose dire, sans vagues, aurait dit un proviseur de lycée.
Un temps nouveau s’est installé depuis quelques années, la guerre de Gaza devenant l’ultime référence du discours qui le supporte, la mémoire du pogrom du 7 octobre étant radicalement occultée.
L’antisémitisme, sous toutes ses formes, en réserve sous le boisseau, sort désormais de son caveau millénaire, et, pour ne pas apparaitre sur le sol français, prend un nouveau nom, celui de l’antisionisme, se concentre, par une stratégie sémantique trop flagrante sur Israel ou sur une politique menée dans le pays par un premier ministre qu’on revêt de l’uniforme du nazi en puissance.
Il ne faut pas craindre de dire que dans les antisémites du jour, figurent, outre les immigrés, dans leur majorité hostiles à Israel et aux juifs et les membres de LFI qui en font une structure discursive, les antisémites religieux ou d’extrême-droite qui ont trouvé la porte d’entrée pour revenir.
Israël est donc assimilée à un État meurtrier, génocidaire. Aucune autre image, comme celle, entre autres, d’un pays démocratique, soucieux des droits de l’homme, le seul dans la région, ou encore celui à la pointe de la recherche médicale, profitable au monde entier.
Lorsque l’on pose la question, non pas aux hargneux du monde mais à l’honnête homme, de l’origine de son acrimonie à l’égard d’Israel, qu’il estime légitime, il répète inlassablement le sort fait aux palestiniens et Gaza.
Quand on lui pose la question du 7 octobre, de la cruauté du Hamas à l’égard des mêmes palestiniens, de la volonté d’effacer l’État d’Israel de la carte du monde, il reste muet.
Quand on lui rappelle que cette terre était aussi celle des juifs, il ne répond pas.
Et quand on dit, très simplement, que les enfants d’Israel préféreraient jouer au volley-ball sur la plage de Tel-Aviv plutôt que subir un service militaire de 3 ans et mourir à la guerre pour défendre leur pays, il ne répond toujours pas.
En réalité, hormis la haine du juif, celle religieuse (les juifs auraient tué le Christ) ou de gauche (tous les juifs sont des banquiers au nez crochu) qui s’immisce souvent dans ce discours, la méconnaissance forge cette réaction spontanée devenue, grace aux médias et à certains partis, le prêt-à-parler, le prêt- à-penser. Israel nazifié, Israel génocidaire, Israel, force sans limite, dans sa cruauté à l’égard des palestiniens.
Il nous a semblé, dès lors utile de revenir sur des faits, d’une simplicité telle, que j’ai un peu honte à les rappeler.
Cependant, de nombreuses conversations récentes ont pu me convaincre de la méconnaissance desdits faits, de nature à corrompre le débat.
PETITS RAPPELS
1 – Les juifs ne sont pas en Ouganda, là où Joseph Chamberlain, ministre des Colonies de la Grande-Bretagne, en 1903, voulait les voir s’établir, dans le cadre du sionisme naissant, pour éviter la crise avec les ottomans, en proposant un territoire de 13 000 km², là se trouve dans l’actuel Kenya, à l’époque rattaché administrativement au protectorat de l’Ouganda. Les juifs sont sur une terre ancestrale sur laquelle leurs temples ont été détruits, le « mur des lamentations », le Kotel, à Jérusalem, constituant un vestige du second (temple). La terre de Palestine (de Judée-Samarie, pour les juifs orthodoxes) est ancestrale.
2 – L’État d’Israel est désormais un fait, un état juif, du moins dans sa majorité, se voulant comme tel, mais démocrate et nonobstant la volonté des orthodoxes d’en faire un Etat religieux. Un équilibre « juif et démocratique » : L’État garantit l’égalité des droits civiques et politiques à tous ses habitants sans distinction de religion ou d’origine, tout en maintenant une majorité démographique juive (notamment via la loi du retour qui permet à tout Juif de s’installer en Israël).Ce fait (un État) ne peut être remis en cause soit par l’effacement physique (Iran et Charte originelle du Hamas) ou par un biais qui ne dit pas son nom : le « droit au retour » prôné par les idéologues palestiniens qui ferait des juifs une minorité sur la terre, soit par l’État binational qui se substituerait à la spécificité de l’État juif.Toute solution au conflit ne peut donc pas passer par la fin de l’État d’Israel.
3 – L’État d’Israel n’occupe pas la bande Gaza. Il occupe cependant la Cisjordanie qui est un territoire d’une superficie de 5 860 km², situé à l’ouest du Jourdain et de la mer Morte, peuplé d’environ trois millions de Palestiniens. Ce territoire fait l’objet d’une occupation militaire israélienne depuis la guerre des Six Jours en 1967. Depuis les accords d’Oslo, il est divisé en plusieurs zones (A, B et C), l’Autorité palestinienne administrant partiellement les grands centres urbains, tandis qu’Israël conserve le contrôle sécuritaire ou l’administration directe de la majeure partie de la région (Zone C).Les Implantations israéliennes (environ 500 000 colons israéliens résident dans les implantations de Cisjordanie, au milieu de la population palestinienne. Ces colonies sont jugées illégales au regard du droit international par l’ONU et constituent un problème sur lequel l’on reviendra. Un groupe de douze pays, dont la France et le Royaume-Uni, a annoncé son intention d’établir des restrictions et des sanctions ciblant les échanges commerciaux en provenance de ces colonies considérées comme illégales.
4 – La bande de Gaza : Il s’agit d’un territoire palestinien autonome de 365 km², long de 41 km et large de 6 à 12 km, situé au bord de la mer Méditerranée et frontalier d’Israël et de l’Égypte, une population de 2 millions d’habitants, majoritairement constituée de réfugiés et de leurs descendants déplacés lors des conflits de 1948. Jusqu’en 1967, le territoire a été placé sous administration militaire de l’Égypte. En 1967, lors de la guerre des Six Jours : Israël occupe la bande de Gaza. En 2005 : Israël se retire complètement et en 2007, le Hamas remporte les élections et après une brève guerre civile avec le Fatah (organisation palestinienne historique), ce mouvement prend le contrôle exclusif du territoire, ce qui conduit Israël et l’Égypte à imposer un strict blocus terrestre, aérien et maritime.
L’HOSTILITÉ, L’ACHARNEMENT
Près de 80 ans après l’instauration de l’Etat d’Israel, l’hostilité à son égard persiste, l’acharnement dans la volonté de sa destruction physique demeure, intangible….
SUITE DANS UN PROCHAIN BILLET DANS LEQUEL IL SERA QUESTION DE L’ACHARNEMENT DANS L’HOSTILITÉ ET DES SOLUTIONS BATARDES