# LA FOCALE GAZA, chapitre I

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CHAPITRE I – INTRODUCTION AU PROCESSUS DE GLISSEMENT SÉMANTIQUE
LIMINAIRES
1 – Ce billet est le premier d’une série sur Israël. Si le texte peut prendre, quelquefois, l’allure d’un mémento, d’un exposé didactique, il ne s’agit que de rappeler certains faits, certaines périodes de l’histoire de l’instauration d’un État israélien, marquée, assurément, par l’hostilité, y compris désormais, hors du champ strictement géographique.
2 – Il ne s’agit pas d’un petit précis historique ou géopolitique. D’emblée nous le précisons : on tente d’aborder les tenants d’un glissement, d’un passage de discours à un autre, comme un passage de relais dont le dernier, victorieux, est concentré, focalisé autour de Gaza (notre titre général) et d’un prétendu génocide, discours désormais structuré de telle manière qu’il absorbe le tout, tous les faits, toutes les positions, et tous les espoirs.
Les locutions (Gaza-génocide) ne constituent pas un “resumé” ou un slogan, mais plus grave, un avalement du passé, une succion par la nomination statutaire, de la totalité du fait israélien, y compris celui des avancées dans la résolution du conflit. Le mot veut faire sonner la fin de l’histoire (englobant celle d’Israël)
Il n’est nul besoin désormais pour les thuriféraires de la Palestine de passer par un discours historique souvent erroné et biaisé de l’accaparement des terres par les sionistes, du bien-fondé d’une cause, du blocus, de la force militaire, de la terre sainte piétinée, de la répression sans limites, autant de griefs déversés à tout va. Il suffit de prononcer un couple de mots définitif : Gaza/Génocide.
3 – Il faut donc, ici, convoquer quelques bribes d’histoire, sauf à gloser dans le vide, spécialité de la majorité des grands manifestants qui ne savent pas vraiment de quoi ils parlent, se concentrant sur la haine d’Israël, à dire vrai, plus que souvent, la haine des juifs, employant des slogans dont ils ne connaissent pas la signification (“du fleuve à la mer”), sans avoir, un jour de calme improbable, posé le nez sur une carte géographique pour situer le Fleuve Jourdain et la Méditerranée, qui donnent le sens (ultime) dudit slogan.
En réalité, la connaissance du sujet, juste la connaissance, au-delà des positions, est inversement proportionnelle à la hargne des récits.
I – LE TEMPS DU NOUVEAU DISCOURS : GAZA ET LE “GÉNOCIDE”
1 – Une majorité de français vilipende donc, désormais, un État d’Israël « génocidaire » et « cruel », adoptant un discours souvent confus, diffus, envenimé par des chercheurs de voix électorales dans les banlieues, des mosquées, des universités ou des territoires perdus de la République, le “palestinisme” y étant fortement fédérateur.
Il est, évidemment , question de LFI, gobeur electoral, guerrier du cri, spécialiste de la débandade parlementaire, souvent ou toujours antisémites, humanitaires de parade, encadrés par un prêt-à-parler, un prêt-à-penser mécanique.
Un discours rarement critiqué comme il se doit, avec véhémence, les bonnes âmes qui trainent sur les plateaux de télévision et de radio, accompagnant allègrement la nouvelle parole, d’abord craintifs de la réaction colérique d’un chef et ses petits marquis(es), puis fascinés par le désordre adolescent qui met l’ambiance sur les écrans, comme au parlement, entre deux pauses de publicité. Il est vrai que la brouille est devenue politiquement grave, que certains la considèrent comme “suspecte”, entre le Président de la République française et Israël, qui a pris des proportions alarmantes pour le français de confession juive, n’arrange pas la donne. Les attaques verbales du Président contre Israël, son absence à une manifestation contre l’antisémitisme, sa “reconnaissance” assez surréaliste au regard du vide géographique et politique d’un Etat palestinien, ses propos à l’ONU (22/09/2026) sur une situation à Gaza qui “font honte” au monde entier, ne sont pas de nature à entrevoir un ciel dégagé. Notre Président attise toujours, souffle toujours sur les braises (pour l’Ukraine, contre Israël. Il semble aimer le conflit. A me relire, j’ai un millième de seconde considéré que je m’éloignais de mon sujet. A la réflexion dans la seconde qui suivait, je me suis convaincu que non : un Président ne pouvait tenir une telle posture si la majorité du monde ne le lui permettait pas. Hors, cette majorité enlace le couple de mots précité.
2 – Le vent est, en effet, mauvais que celui qui, dans le palestinisme, souffle fort contre le petit pays, venant des universités, se dirigeant, par rafales, vers les places publiques, et jusque dans les ministères de toutes les affaires étrangères et les Palais présidentiels, lieux de l’amour, peut-être encore une fois adolescente, du conflit et de la guerre future qui justifient l’édifice et la fonction.
Dans ces lieux, on reconnaît un État palestinien sans en connaître l’embryon d’un commencement de contour. Dans ces Palais et Ministères, on boycotte aussi les produits des colons israéliens. On est à la pointe des combats, le premier étant celui, en concurrence avec LFI, de la pêche aux voix arabes et/ou antisémites, non antisionistes nous dira -t-on. On leur répondra plus tard, en testant, en l’état, un néologisme : l’antisionémite.
Vent mauvais au coeur des manifestations dans lesquelles trônent les drapeaux palestiniens, envahis par les foulards, les français ayant troqué le béret pour le keffieh. Vent Mauvais pour Israël.
3 – La nouvelle parole n’étant plus souterraine, des postures émergent, antisémites, confortées par les images des chaines d’info, en premier lieu, celles de LCI, la chaine des généraux-consultants qui ne font que jurer contre Israël, chaîne spécialiste de la guerre, son gagne-pain, qui, en boucle, sans discontinuer, montrait, lors des bombardements de Gaza contre le Hamas et ses dommages collatéraux, des images de gravats dans lesquels se trouvaient, désemparés et désœuvrés, des enfants palestiniens de la guerre. Sans jamais rappeler que le désastre était aussi généré par la proximité physique, stratégique, du mouvement religieux en armes, qui s’abritait derrière la population, et ses enfants.
4 – Les discours sur le prétendu « génocide », sur la guerre à Gaza, qui ont effacé, annulé ceux sur les massacres du 7 octobre, se sont ainsi fabriqué une nouvelle ossature, basculant, immédiatement, du géopolitique et sa solution diplomatique à deux Etats, discours dominant et réaliste, auquel j’adhère, tout en m’interrogeant désormais,.depuis le 7 octobre et la colonisation de la Cisjordanie, sur sa faisabilité.
Puis, le prétendu crime, le “génocide” ramène la parole à celle d’un temps sans histoire. Alors qu’elle a accompagné des avancées, des sursauts bénéfiques pour la paix des peuples. Le passé s’enterre désormais sous la parole dominante qui fait disparaitre les espoirs que les instants longs, difficilement, avaient forges.
Le passé, y compris le plus récent du pogrom du 7 octobre est donc remisé dans les tunnels, enterré. Il faudra du “temps” pour revenir à la réalité, au réel et aux solutions.
5 – C’est l’Afrique du Sud, celle de Mandela au pouvoir, qui a pris l’initiative de qualifier de chercher à qualifier de “génocide” la guerre à Gaza, devant la Cour Internationale de Justice.
C’est la même Afrique du Sud qui avait accueilli la maudite conférence de l’ONU (encore) de Durban en 2001, contre le racisme, laquelle a toléré, dans un dérapage inoui, le slogan nazi (un juif, une balle) et une hostilité contre les participants juifs au Congrès. Des foules de manifestants « antiracistes » et pro-palestiniens ont scandé le slogan « One Jew, one bullet ». Des tracts, des caricatures antisémites reprenant l’imagerie nazie et des exemplaires du pamphlet de propagande haineuse Les Protocoles des Sages de Sion y étaient également distribués ou vendus publiquement, jusque dans l’enceinte de la Conférence.
Il s’agissait de détourner un slogan historique, celui de l’ère de l’apartheid en Afrique du Sud, « One settler, one bullet » (« Un colon, une balle »), utilisé à l’origine par l’Azanian People’s Liberation Army (APLA). En substituant le mot « colon » par « Juif », le slogan a basculé d’une revendication politique locale à une incitation internationale au meurtre à caractère purement antisémite.
Colin Powell représentant les USA avait quitté la Conférence. Je n’irai pas, s’il me reste des jours à vivre en Afrique du Sud, pays qui laisse la honte s’installer.
Dieu que j’avais écrit et hurlé contre l’apartheid, la honte, un mot “apartheid ” au demeurant “essayé” par la propagande pro-palestinienne mais qui a fait long feu devant celui de “génocide”, plus efficient.
Je ne le regrette pas mais suis dépité. L’infamie dans son histoire n’autorise pas la haine contre un pays qui fait de 2 millions d’arabes des citoyens (le premier prénom en des nouveaux-nés en 2026 est Mohamed) et donne des leçons de tolérance et de démocratie au monde entier. Honte aux organisateurs de cette conférence.
La qualification (le génocide) n’a pas été retenue au regard du droit international, par les institutions internationales pourtant avides de rancoeur à l’égard du petit pays. Elles se placent désormais, sur ‘a qualification de crimes de guerre ou contre l’humanité, le premier ministre israélien étant sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Ce qui permet à LFI de hurler lorsque la France permet à l’avion officiel d’Israël. dans lequel se trouve Netanyahou, de survoler le territoire français pour économiser dans un long voyage (officiel) le carburant. On a bien lu.
Mais l’expression “génocide”, malgré l’absence d’établissement de sa preuve, est restée, comme si le fait était acquis. Tous, y compris nos artistes français, surtout les sans-talents, qui entre deux films piteux sans public, signent, et signent encore, à tire-larigot des pétitions contre “le génocide”. “Free palestine” clame t-on. Jamais “Just peace for Israël”
6 – La nouvelle donne sémantique n’a qu’un seul objectif : la cancellisation (l’annulation) non plus d’une politique gouvernementale d’un premier ministre corrompu (la parole subterfuge qui a servi un temps, qui sert encore les juifs de service), mais d’un pays. Après l’effacement du pogrom du 7 octobre, celui du pays honni, génocidaire.
La haine ou la suspicion à l’égard du petit pays grand comme la Normandie, qui lutte pour sa survie depuis sa création en 1948, se développe, dès lors, dans un autre champ, qui n’est plus celui de bataille, si l’on ose dire (le Hamas est presque décapité) mais désormais dans celui, exclusif, des mots-torpilles.
7 – Il serait lâche et retors de ne pas préciser ici que même des grandes voix talentueuses et respectables, paumes juives tournées vers le ciel, certes avec parcimonie de peur de se brûler et d’anéantir leur judéité, ose employer le terrible mot de génocide. Il en est ainsi de David Grossmann, grand écrivain israélien et, avec des milliers de circonvolutions verbales la rabbine Delphine Horvilleur, avide de médiatisation, qui comprend l’écrivain.
8 – Le terme ” génocide ” est donc employé pour caractèriser des évènements de guerre et ses dommages collatéraux générés par les combattants du Hamas lequel prend la population et sa jeunesse pour des boucliers humains, les trainant dans les tunnels, les laissant dans les immeubles dans lesquels ils se terrent (les combattants du Hamas ne sont jamais des guerriers sur un champ de bataille, ce sont des terroristes, donc des lâches).
Et ce alors que de manière inédite dans une guerre , l’armée israélienne annonce, par milliers de tracts, des SMS, toutes sortes d’avertissements, l’imminence d’une frappe à un endroit précis laissant le temps à la population de s’en retirer. Nul ne peut le nier.
II – PROLÉGOMÈNES AU CONFLIT
1 – Si l’on revient aux sources du conflit, Il ne peut être également nié que les juifs, devenus israéliens, se sont emparés du territoire qui leur était concédé, entrainant l’exode des populations arabes ou même des expulsions forcées de ces habitants sans État.
Le nier serait faire preuve d’une mauvaise foi insigne, même s’il est vrai que le monde s’est structuré par la guerre et l’occupation, les israéliens considérant que cette terre était également, depuis des millénaires, la sienne ; qu’en tous cas, elle leur avait été concédée par un partage refusé par les arabes en 1947 qui leur accordait (l’on ne sait à qui, la notion de peuple et d’État palestinien n’existant pas encore) beaucoup plus que ce qui est réclamé aujourd’hui dans la “solution à deux états”. Persuadés de leur force en nombre, les “voisins” ont envahi le pays pour y subir leur première défaite.
2 – L’on ne peut cependant, dans l’analyse du conflit, ignorer, effacer cet épisode. Étant cependant observé que ce temps a été absorbé et que le discours anti-israélien ne s’est pas constitué sur les conséquences de cette guerre dite “d’indépendance » de 1948 ; que mieux encore, dans les milieux dits de gauche, l’idéologie « kibboutz » qui coïncidait avec une sorte de scoutisme humaniste et un zeste de proudhonisme utopiste était magnifiée.
3 – Israel n’était pas le grand méchant. Puis, il ne faut jamais oublier la Danse des mots, de la nomination, si chère aux juifs dans leur existence, leur naissance en tant qu’êtres que ladite nomination constitue.
C’est, en effet , l’Empire romain qui avait donné ce nom de “palestinien” aux habitants, aux gens qui vivaient sur la terre, en souvenir des Philistins, peuple résidant, qui n’envisageait pas un millième de seconde de se dire Nation ou de se constituer comme telle.
4 – Le peuple palestinien existait. Des résidents, pas un peuple souverain, une Nation en herbe. Nul ne peut le contester.
La notion de “peuple palestinien” et, partant de son Etat à créer n’a surgi que dans les années Arafat, concomitament aux massacres des J.O de Munich. Nul ne peut affirmer le contraire. Même s’il faut ajouter que la haine de l’étranger juif pouvait souder les ressentiments.
D’aucuns osent prétendre, peut-être à juste titre, que le peuple palestinien et sa volonté étatique a été créé par les juifs, par réaction.
Puis, pendant les guerres successives (1967, guerre de Kippour, guerre des six jours, et les autres) les français, les européens n’étaient pas, farouchement, anti-israéliens, le mot du Général de Gaulle, en 1967, qualifiant les israéliens de peuple « sûr de lui et dominateur » ne faisant que conforter, à vrai dire, l’admiration à son égard.
5 – L’antisémitisme religieux, anticapitaliste, jamais antiisraélien, restait confiné, dans le territoire français, dans ses chaumières, en fin de repas dominical, dans le chuchotement. Il était cependant féroce même s’il se faisait discret et comptait, pour ainsi dire les points.
On se souvient que lorsque, en janvier 1904, Herzl, penseur du sionisme obtint une audience avec Pie X, à il lui demande “de considérer avec bienveillance le projet sioniste”. La réponse de Pie X est sans équivoque, cinglante dans son refus. Il répondit :
« Nous ne pouvons pas soutenir ce mouvement [sioniste]. Nous ne pourrons pas empêcher les Juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pouvons en aucun cas soutenir cela. Même si elle n’a pas toujours été sainte, la terre de Jérusalem a été sanctifiée par la vie de Jésus-Christ. En tant que chef de l’Église, je ne peux vous dire autre chose. Les Juifs n’ont pas reconnu notre Seigneur, c’est pourquoi nous ne pouvons pas reconnaître le peuple juif. » L’intelligence prend ici un sacré coup. La chrétienté s’est rattrapée par la suite.
Cet antisémitisme chrétien allait baisser la garde par le tournant historique majeur sur la relation au judaïsme qu’a constitué la déclaration conciliaire Nostra Ætate en 1965, une déclaration du concile Vatican II qui condamne l’antisémitisme, rejette l’accusation collective de déicide portée contre les Juifs et rappelle les liens spirituels unissant l’Église au peuple de l’Alliance.
Bref, l’antisémitisme, comme la baguette boulangère, faisait partie du décor derrière le rideau, normalement, si l’on ose dire, sans vagues, aurait dit un proviseur de lycée.
7 – Un temps nouveau s’est donc installé depuis quelques années, la guerre de Gaza devenant l’ultime référence du discours qui le supporte, la mémoire du pogrom du 7 octobre étant radicalement occultée.
L’antisémitisme, sous toutes ses formes, en réserve sous le boisseau, sort désormais de son caveau millénaire, et, pour ne pas apparaitre sur le sol français, prend un nouveau nom, celui de l’antisionisme, se concentre, par une stratégie sémantique trop flagrante sur Israël ou sur une politique menée dans le pays par un premier ministre qu’on revêt de l’uniforme du nazi en puissance. C’est un antisémitisme dit “mimétique” qui s’abat sur les campus, visage masqué derrière l’antisionisme honorable.
8 – Il ne faut pas craindre de dire et répéter à l’envi que dans le cercle élargi des antisémites du jour, figurent, outre les immigrés et leurs descendants, dans leur majorité, objeectivement hostiles à Israel et aux juifs, les membres de LFI qui en font une structure discursive électoirale, les antisémites religieux ou d’extrême-droite qui ont trouvé la nouvelle porte d’entrée, celle de Gaza, pour revenir.
9 – Il faut aussi répéter qu’à l’inverse du discours ambiant, comme je l’ai écrit dans ce site (le bouton “recherche” fonctionne parfaitement) dans un billet intitulé “ANTISIONIMME ET ANTISEMITISME, CONFUSION DES PHASES”, que :
l ’antisémitisme charrie l’antisionisme. Ce n’est pas l’antisionisme qui est une « forme d’antisémitisme » (la locution convenue).
L’antisionisme n’est pas le « cheval de Troie » de l’antisémitisme. L’antisionisme n’est pas une « forme d’antisémitisme » (ltoujours la locution convenue). C’est bien l’antisémitisme qui crée l’antisionisme. Le renversement des mots n’est pas fortuit : l’antisémite ne supporte pas Israël. Ce n’est pas le comportement de tel ou tel gouvernement d’Israël (encore un prétexte, un paravent) qui provoque la rage du cri de la « rue antisémite », une rue en minorité occidentale, mais bien la haine du juif. Celui passé de tueur de Christ à celui de gazaouis.
L’antisionisme permet simplement de surfer sur le fondement inexpiable du cri antisémite.
Déjà en 1967, Vladimir Jankélévitch rappelait que :
L‘antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission – et même le droit, et même le devoir – d’être antisémite au nom de la démocratie ! L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. » L’imprescriptible, 1967. Fin de citation de moi, MB.
Jean Améry, le célèbre auteur de Par-delà le crime et le châtiment (1966), a, lui, ce mot définitif dans un article publié par Die Zeit en 1969 : « L’antisionisme porte l’antisémitisme comme la nuée l’orage.
10 – Israël est donc assimilée à un État meurtrier. Aucune autre image ne surgit, comme celle, entre autres, d’un pays démocratique, soucieux des droits de l’homme, le seul dans la région, ou encore celui à la pointe de la recherche médicale, profitable au monde entier. Ou même l’État qui a en son sein près de 2,1 millions d’arabes citoyens israéliens (se considérant comme palestiniens) représentant près de 21% de la population, possédant les mêmes droits civiques que les autres israéliens.
Pour l’anecdote, déjà évoquée : Le prénom le plus attribué en Israël selon les derniers chiffres officiels publiés par l’Autorité de la population et de l’immigration est Mohamed pour les garçons et Tamar pour les filles.
Mais pire encore, l’antisioniste, l’antisémite ne s’en prend pas, sauf de très loin, à un régime politique, à une idéologie. Il s’en prend au peuple.
Dans les dénonciations d’antan, on vilipendait Pinochet, les colonels grecs, pas le Chili, l’Argentine ou la Grèce. Même l’Allemagne a été, en tant qu’Etat épargnée. Les arméniens ne voulaient pas effacer la Turquie de la carte du monde.
Israël génère une réflexion inédite dans l’histoire des luttes. Pour l’antisioniste, peuple, État et gouvernement ne font qu’un. Un antisioniste s’en prend ainsi aux synagogues, aux juifs, comme l’avait parfaitement énoncé le Hamas dans sa première charte qui est, on l’avait dit, la seule qui vaille pour ses ,”combattants”. Au plus fort de la colonisation algérienne, les Eglises n’étaient pas visées.
Seul compte le mot « sionisme » pour appuyer une action. Et Il est inutile de discuter avec ces sans-raison, de débattre : le mot sioniste et désormais “Gaza ou Génocide” absorbe tous autres discours devenus périphériques. Il est des lors illusoire de débattre avec eux.
Pierre Vidal-Naquet le disait, s’agissant des négationnistes, il ne faut jamais discuter avec eux, mais sur eux. En posant la question nodale, ce que je fais, inlassablement : qui êtes-vous ? D’où parlez-vous ? Que nous dites-vous ? Savez-vous que les errements du colonialisme français n’ont pas rendu illégitime la France ? En voulez -vous à l’existence d’Israël. Une réponse négative à cette dernière question me fait tourner le dos, partir, en laissant l’ennemi dans sa posture indécollable.
Ici, pour Israël, c’est la détestation du pays qui prévaut. Les bonnes âmes prétendent qu’il ne faut pas confondre “les deux anti” en oubliant, y compris parmi les intellectuels de bonne foi, qu’il faut donc répéter que, comme nous le pensons c’est un l’antisémitisme qui fabrique l’antisionisme et non l’inverse; que l’antisémitisme n’est pas un “faux-nez” de l’antisionisme, C’est sa matrice.
La détestation d’Israël, encore une fois, avatar de l’antisémitisme s’est, évidemment, aggravée. Et elle a trouvé une structure sémiotique inextinguible : le génocide ou plutôt, pour les pires antisémites, la figure de l’enfant gazaoui, dont la photographie est placée violemment sur un mur brisé, aux côtés de celle de l’enfant vietnamienne, courant nue, sous les bombes. Mais qui donc peut s’en prendre à des enfants ? Les juifs qui, comme dans les contes arabes ou même les inventions des soldats chrétiens de Torquemada, boivent leur sang, à ces enfants. Je ne commente pas le dégoût que m’inspirent wces idiots sales qui convoquent les enfants pour amplifier la détestation du juif et, partant, celle d’Israël.
Toutes les civilisations, sauf des barbares que je ne connais pas, honorent leurs enfants. Israël n’est pas en reste dans sa loi, sa kalakha. Par contre, on peut douter du respect des mêmes enfants au sein des “combattants” de Gaza qui s’en servent comme boucliers humains d’abord, puis comme corps de propagande ensuite. Enfants “martyrs”. Salauds.
Lorsque l’on pose la question, non pas aux hargneux du monde mais à l’honnête homme, de l’origine de son acrimonie à l’égard d’Israel, qu’il estime légitime, il répète inlassablement le sort fait aux palestiniens et Gaza.
Quand on lui pose la question du 7 octobre, de la cruauté du Hamas à l’égard des mêmes palestiniens, de la volonté d’effacer l’État d’Israel de la carte du monde, il reste muet.
Quand on lui rappelle que cette terre était aussi celle des juifs, il ne répond pas.
Et quand on dit, très simplement, que les enfants d’Israel préféreraient jouer au volley-ball sur la plage de Tel-Aviv plutôt que subir un service militaire de 3 ans et mourir à la guerre pour défendre leur pays, il ne répond toujours pas.
En réalité, hormis la haine du juif, celle religieuse (les juifs auraient tué le Christ) ou de gauche (tous les juifs sont des banquiers au nez crochu) qui s’immisce souvent dans ce discours, la méconnaissance forge cette réaction spontanée devenue, grace aux médias et à certains partis, le prêt-à-parler déjà évoqué : Israel nazifié, Israel génocidaire, Israel, force sans limite, dans sa cruauté à l’égard des palestiniens.
Il nous a semblé, dès lors utile de revenir, dans un petite série de billets, sur des faits, d’une simplicité telle, que j’ai un peu honte à les rappeler.
Cependant, de nombreuses conversations récentes ont pu me convaincre de la méconnaissance desdits faits, de nature à corrompre le débat.
III – RAPPELS PRIMAIRES

1 – UNE TERRE CONNUE – Les juifs ne sont pas en Ouganda, là où Joseph Chamberlain, ministre des Colonies de la Grande-Bretagne, en 1903, voulait les voir s’établir, dans le cadre du sionisme naissant, pour éviter la crise avec les ottomans, en proposant un territoire de 13 000 km², là se trouve dans l’actuel Kenya, à l’époque rattaché administrativement au protectorat de l’Ouganda. Les juifs sont sur une terre ancestrale sur laquelle leurs temples ont été détruits, le « mur des lamentations », le Kotel, à Jérusalem, constituant un vestige du second (temple). La terre de Palestine (de Judée-Samarie, pour les juifs orthodoxes) est ancestrale.
2 – UN FAIT – L’État d’Israel est désormais un fait, un état juif, du moins dans sa majorité, se voulant comme tel, mais démocrate et nonobstant la volonté des orthodoxes d’en faire un Etat religieux. Un équilibre « juif et démocratique » : L’État garantit l’égalité des droits civiques et politiques à tous ses habitants sans distinction de religion ou d’origine, tout en maintenant une majorité démographique juive (notamment via la loi du retour qui permet à tout Juif de s’installer en Israël).
Ce fait (un État) ne peut être remis en cause soit par l’effacement physique (Iran et Charte originelle du Hamas) ou par un biais qui ne dit pas son nom : le « droit au retour » prôné par les idéologues palestiniens qui ferait des juifs une minorité sur la terre, soit par l’État binational qui se substituerait à la spécificité de l’État juif.Toute solution au conflit ne peut donc pas passer par la fin de l’État juif de roquettes d’Israel.
3 – CISJORDANIE – L’État d’Israel n’occupe pas la bande Gaza. Il occupe cependant la Cisjordanie qui est un territoire d’une superficie de 5 860 km², situé à l’ouest du Jourdain et de la mer Morte, peuplé d’environ trois millions de Palestiniens. Avant son annexion par la Jordanie en 1950, la Cisjordanie faisait partie du territoire de la Palestine mandataire, placé sous l’administration du Royaume-Uni par la Société des Nations après la Première Guerre mondiale.
Le mandat britannique (1920–1948).a pour origine la chute de l’Empire ottoman. La zone, sans État ni propriétaire, a été administrée par les Britanniques sous un mandat officiel de la Société des Nations à partir de 1922.
Ce territoire était alors habité principalement par des populations locales arabes (palestiniennes), musulmanes et chrétiennes.
En 1947, l’ONU propose de partager la Palestine mandataire en un État juif et un État arabe. La Guerre israélo-arabe 1948 s’ensuit et à la fin du mandat britannique et lors de la création d’Israël, la Légion arabe (l’armée de la Transjordanie) a pris le contrôle de cette région à l’ouest du fleuve Jourdain pendant le conflit. Cette annexion a été officialisée en vril 1950, le royaume de Transjordanie (qui est alors devenu la Jordanie) ayant officiellement annexé la Cisjordanie, une décision qui n’a été reconnue que par très peu de pays sur la scène internationale (notamment le Royaume-Uni et le Pakistan).
Ce territoire fait l’objet d’une occupation militaire israélienne depuis la guerre des Six Jours en 1967. Depuis les accords d’Oslo, il est divisé en plusieurs zones (A, B et C), l’Autorité palestinienne administrant partiellement les grands centres urbains, tandis qu’Israël conserve le contrôle sécuritaire ou l’administration directe de la majeure partie de la région (Zone C).Les Implantations israéliennes (environ 500 000 colons israéliens résident dans les implantations de Cisjordanie, au milieu de la population palestinienne.
Ces colonies sont jugées illégales au regard du droit international par l’ONU et constituent un problème sur lequel l’on reviendra.
Un groupe de douze pays, dont la France et le Royaume-Uni, a annoncé son intention d’établir des restrictions et des sanctions (boycott) ciblant les échanges commerciaux en provenance de ces colonies considérées comme illégales.
Beaucoup, parmi les orthodoxes colons qui se sont installés en Cisjordanie considèrent que la Judée-Samarie (nom biblique de la Cisjordanie, était une terre sans maître, en tous cas n’appartenant à aucun État, l’annexion par la Jordanie étant du même type que l’annexion actuelle après 1967 par Israël. On y reviendra, évidemment dans notre récit.
4 – GAZA – La bande de Gaza : Il s’agit d’un territoire palestinien autonome de 365 km², long de 41 km et large de 6 à 12 km, situé au bord de la mer Méditerranée et frontalier d’Israël et de l’Égypte, une population de 2 millions d’habitants, majoritairement constituée de réfugiés et de leurs descendants déplacés lors des conflits de 1948.
Jusqu’en 1967, le territoire a été placé sous administration militaire de l’Égypte. En 1967, lors de la guerre des Six Jours : Israël occupe la bande de Gaza.
En 2005 : Israël se retire complètement et en 2007, le Hamas remporte les élections et après une brève guerre civile avec le Fatah (organisation palestinienne historique), ce mouvement prend le contrôle exclusif du territoire, ce qui conduit Israël et l’Égypte à imposer un strict blocus terrestre, aérien et maritime. Ce territoire s’il avait été exploité sans hargne, sans tunnels, aurait pu être le commencement d’un État palestinien. Le Hamas aidé financièrement au demeurant, entre autres, par le pays propriétaire du PSG, en a décidé autrement en en faisant une base souterraine de l’invasion d’Israël. On y reviendra longuement dans cette incursion.
L’HOSTILITÉ, L’ACHARNEMENT
Près de 80 ans après l’instauration de l’Etat d’Israel, l’hostilité à son égard persiste, l’acharnement dans la volonté de sa destruction physique demeure, intangible….
SUITE DANS UN PROCHAIN BILLET…