# NEUTRALITÉ JOURNALISTIQUE ET EFFET PERVERS.

Outre-Atlantique, les concepts traditionnels dansent la Samba. Si Philip Roth était toujours en vie, il nous aurait fabriqué un bouquin sur le nouvel avatar du journalisme canadien.
Après le « politiquement correct » et le « wokisme » qui ont fait et font les ravages qu’on connait, c’est désormais la notion de « neutralité » du journalisme qui vient ébranler les mots et enlever du sens au sens.
Par le biais d’une directive interne de CBC News, le radiodiffuseur public canadien aurait demandé à ses journalistes d’éviter d’employer de leur propre initiative l’expression « attentats terroristes » pour évoquer le 11-Septembre, et de privilégier des descriptions factuelles des événements.
CBC justifie cette approche par une politique éditoriale de longue date visant à utiliser avec prudence les termes « terroriste » et « terrorisme », lesquels (on cite) sont « jugés chargés sur les plans politique et émotionnel ».
Les journalistes anglo-saxons ne sont pas comme les autres. Ils sont dans le zèle du journaliste zélé, défenseurs de « la prudence lexicale », en estimant que le mot « terroriste » n’est pas seulement descriptif, mais aussi politique et normatif.
Selon eux, le journaliste décrit des faits (attentat, attaque, détournement d’avion, massacre de civils, etc.) et ne doit pas adopter une qualification qui pourrait faire sombrer leur prétendue neutralité.
1 – Cette position est d’abord une insulte à la définition même du terrorisme puisqu’en effet les faits correspondent précisément aux définitions universitaires et juridiques du terrorisme. : « viser délibérément des civils afin de produire un effet politique et psychologique massif ». Ce qui correspond très exactement aux attentats terroristes du 11 septembre.
Ces journalistes assez primaires dans le zèle de la neutralité en arrivent, à dire vrai, au déni de la réalité, se drapant derrière une prétendue éthique qui n’est qu’un excès d’estime de soi, de leur profession.
Dans le cas particulier du 11-Septembre, il existe un consensus académique très large pour classer les attaques d’Al-Qaïda comme des actes terroristes.
Ce « journalistiquement correct » devient un danger.
2 – Par ailleurs, cette position est également une insulte aux milliers de morts sous le coup du terrorisme et peut -etre aussi une victoire pour ceux qui cherchent des mots pour justifier l’inqualifiable. Les députés LFI et autres pêcheurs de voix islamisantes vont pouvoir, à l’aune de ce journal canadien, clamer que le 7 octobre n’est qu’un « fait » non terroriste.
Un débat de ce type n’existe pas en Europe. La dérive canadienne est à la mesure de l’incurie de l’idéologie dominante outre-atlantique, celle que l’on peut qualifier de vaine et dangereuse lorsqu’elle s’empare d’une vertu (la neutralité) qui non seulement n’existe pas sous la plume d’un journaliste mais devrait être banni des articles sauf à être muté au service des « chiens écrasés » même s’il est vrai que l’écrasement des chiens provoque une émotion et que l’on devrait ainsi renommer la rubrique, en la remplaçant peut-être par « les chiens qui nous ont quitté ».
On avoue qu’on a peine à rester dans l’humour devant la bêtise du « correct » que l’Amérique a tenté, heureusement en vain, d’exporter en Europe, tout en réussissant, un petit temps, sur le wokisme, désormais dépassé.
Il est honteux pour un journaliste sous des prétextes qui servent l’ennemi du monde, de ne pas nommer un chat un chat et un terroriste un terroriste. En ajoutant éventuellement, dans la neutralité « un terroriste sans âme ni loi », locution objective.
PAIX À L’ÂME des victimes des attentats du 11 septembre. Ces journalistes devraient aller vendre des cacahuètes, en veillant à ne pas dire qu’il s’agit de pistaches.