THINK

la fabrication de la canicule

On a pu choquer, ce soir, l’interlocuteur lorsqu’on a suggéré que la canicule qui n’est pas un phénomène nouveau, potentiellement exacerbé par le réchauffement climatique, était fabriqué, dans sa perception par les humains, par la récurrence de l’annonce de ce qui devenait un drame juteux pour les médias.

Nos ancêtres l’ont connue en 1943, 82 morts, en 1976, 1983. Mais on n’en faisait pas un foin théâtral et dramatique choyé par les journaux qui transforment la quotidienneté en calvaire, enlaçant le discours politique défaitiste écologique. Sans même que je n’initie un débat sur un fait scientifique.

J’ai donc pu dire, calmement, que si on en faisait pas un plat, nous supporterions mieux les grandes chaleurs. Comme celles, habituelles, de mon pays natal.

Que n’avais-je pas dit là ! On est allé crier que je supportais Trump et son deni du grand réchauffement climatique…

Je laisse les cris se refoidir. Je le pense sincèrement : la perception est toujours redoublée par son double qui est la chronique de son annonce ou de son existence.

« Dire c’est faire » disait le philosophe Austin. Il faudrait s’intéresser au performatif dans la canicule….