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# LA FOCALE GAZA, chapitre 4

Heinrich Himmler et le grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini à Berlin en 1941.
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CHAPITRE IV – BALFOUR, WHAT ? NAZIS EN GUERRE SAINTE ? COMBATS CONTRE LES BRITANNIQUES.

A ce stade, on se doit de rappeler, sans en faire un noyau dur de notre récit, deux faits : d’abord une promesse d’un foyer juif sur la Terre, combattu, sans répit par les arabes et, dans cette mouvance, une sympathie à l’égard du régime nazi.

Ces deux points ne doivent pas cependant être omis lorsque l’on analyse les discours actuels, les chartes, les postures

I – BALFOUR, LA PROMESSE

DÉCLARATION BALFOUR

Oui, Israël est née des pogroms européens, ceux-là mêmes. perpétrés par des peuples bientôt soumis au joug nazi. Oui, la Shoah, l’extermination de millions de juifs a accéléré l’établissement d’un foyer juif promis par la Déclaration anglaise de 1917 dite Balfour.

La déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte datée du 2 novembre 1917 et signée par Arthur Balfour, alors secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères. Adressée à Lord Lionel Walter Rothschild, un dirigeant de la communauté juive britannique, elle formalise le soutien du gouvernement de Sa Majesté à l’établissement en Palestine d’un « foyer national pour le peuple juif ».

Un catalyseur majeur vers la création d’Israël : Le Royaume-Uni voit favorablement l’installation d’un foyer national juif en Palestine et promet de faire ses meilleurs efforts pour faciliter cet objectif.

Une clause dite de sauvegarde y est mentionnée : Le texte stipule expressément que rien ne doit être fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des « communautés non juives existant en Palestine ni aux droits des Juifs résidant dans d’autres pays.Le choix du terme « foyer national » plutôt que « État » a été délibérément pesé par le cabinet britannique pour ménager les différentes sensibilités politiques et diplomatiques de l’époque. Pour le mouvement sioniste et les Israéliens : Elle représente une victoire diplomatique majeure et l’acte de reconnaissance internationale fondateur du droit du peuple juif à l’autodétermination sur sa terre historique.

II – NAZIS EN TERRE SAINTE

La relation entre le régime nazi hitlérien et les autorités religieuses ou politiques du Moyen-Orient durant les années 1930 et 1940 reposait, sans nuances sur l’antisémitisme et la lutte contre les les Empires sur place

1 – AMIN AL HUSSEINI ET LE RAPPROCHEMENT AVEC LES RELIGIEUX

La figure la plus emblématique de cette relation est Hajj Amin al-Husseini, le Grand Mufti de Jérusalem (la plus haute autorité religieuse musulmane de Palestine à l’époque).

Un ennemi commun (opposition à l’immigration juive en Palestine et au mandat britannique) générait l’alliance avec l’Allemagne nazi, allié naturel. Le grand Mufti il s’installe à Berlin en 1941. Il rencontre Adolf Hitler le 28 novembre 1941 et soutient ardemment le regime nazi. Il diffuse de la propagande radio en arabe à destination du monde musulman pour inciter à la révolte contre les Alliés. Il participe au recrutement de musulmans des Balkans (notamment en Bosnie) pour former la division SS « Handschar ».

Bien que les théories raciales nazies considéraient à l’origine les Arabes et les Sémites comme inférieurs, le régime nazi qualifie certains alliés musulmans d' »Aryens d’honneur ».

2 – IRAK ET RACHI AL GILLANI (1941)

En avril 1941, le politicien nationaliste Rachid Ali al-Gillani mène un coup d’État pro-axe en Irak et renverse le gouvernement pro-britannique. L’Allemagne nazie lui envoie une aide militaire limitée (par l’intermédiaire de la Luftwaffe). Cependant, les Britanniques reprennent rapidement le contrôle du pays en mai 1941.

3 – IRAN DE REZA CHAH PAHLAVI.

Le régime iranien se déclare neutre au début de la Seconde Guerre mondiale, mais sa sympathie perçue pour l’Allemagne et la forte présence de techniciens allemands ont inquiété les Alliés. En août 1941, la Grande-Bretagne et l’Union soviétique ont envahi l’Iran pour sécuriser les routes d’approvisionnement en pétrole et ont forcé le Chah à abdiquer.

4 – ÉGYPTE ET NATIONALISTES.

En Égypte (alors sous contrôle britannique direct), plusieurs figures politiques et militaires ont vu dans une victoire allemande une opportunité de libération. Des officiers (dont les futurs présidents Anouar el-Sadate et Gamal Abdel Nasser) faisaient partie de cercles secrets qui cherchaient à entrer en contact avec l’Axe pour chasser les Britanniques. Le roi Farouk lui-même a maintenu des canaux diplomatiques secrets avec l’Italie et l’Allemagne.

5 – MOUVEMENTS FASCISTES

Certains partis politiques nés à cette époque se sont inspirés de l’organisation et de la discipline des partis fascistes et nazis européens : Le Parti social nationaliste syrien (PSNS) fondé par Antoun Saadé, le mouvement des Chemises vertes en Égypte (société Misr al-Fatat).

Que retenir ? la formule « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ». est souvent invoquée. Elle ne peut être exclusive d’un antisémitisme avéré, même si la volonté d’indépendance nationale était flagrante. Mais la haine de l’Empire coïncidait avec celle du juif. Le nazisme a très bien été perçu. C’est un fait.

L’on se doit d’ajouter qu’une part significative des élites et des populations du Moyen-Orient est restée fidèle aux Alliés ou a combattu à leurs côtés (notamment au sein de l’armée britannique ou des forces françaises libres), redoutant qu’une domination nazie ne soit pire que le colonialisme franco-britannique.

III – LE COMBAT CONTRE LES BRITANNIQUES

Une lutte armée clandestine contre le mandat britannique en Palestine, va être menée par les.groupes juifs armés pour la création de l’État, jusqu’à la fin du mandat le 14 mai.1948.Le contexte et les groupes armés

L’Irgoun : Une organisation paramilitaire dirigée notamment par Menahem Begin, qui a multiplié les attaques contre les intérêts et les forces britanniques (comme l’attentat de l’hôtel King David en 1946).Le Lehi (ou groupe Stern) : Une organisation dissidente plus radicale encore, menée par Itzhak Shamir, engagée dans l’action violente ciblée contre l’occupant britannique.

La Haganah : L’organisation paramilitaire officielle du Yichouv (la communauté juive en Palestine), qui a alterné entre coopération, opposition modérée et actions armées coordonnées contre les restrictions britanniques à l’immigration, avant de devenir la base de l’armée israélienne (Tsahal)

Un moment clé vers l’indépendance et l’immigration clandestine peut être entrevu dans l’affaire de l’Exodus : En juillet 1947, le renvoi forcé du bateau Exodus transportant des rescapés de la Shoah par les Britanniques scandalise l’opinion internationale et accentue la pression pour le départ de la Grande-Bretagne. On donne ici l’extrait du film Exodus réalisé par Otto Preminger dans lequel excellent Paul Newman et Eva Marie -Saint.

Le plan de partage de l’ONU : Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU adopte le partage de la Palestine en deux États (un juif et un arabe), ouvrant une guerre civile locale face à laquelle les Britanniques décident de se retirer.

La proclamation de l’indépendance : Le 14 mai 1948, à minuit, le mandat britannique prend officiellement fin. David Ben Gourion proclame la naissance de l’État d’Israël le même jour à Tel-Aviv, déclenchant dès le lendemain la première guerre israélo-arabe.