# PARTAGÉ

Le roulement des sens, le fracas fragile des convictions, les enlacements du beau et les attouchements du vrai ne peuvent être suspendus, en instance dans le vide, dans leur propre air de bulle.
Ce n’est que dans le partage qu’éclôt la jouissance de l’approche des vérités nodales. Le rire ne peut être tonitruant que s’il est entendu dans le partage. Et le pleur, seul, sans personne pour compatir est malsain, frisant l’éloignement du monde.
Partage et consolation. Sans ce partage, la parole est âpre, inutile, crissante dans son néant. Partage, y compris d’un écrit lancé en ligne, comme on partage son lit.
Le partage est l’essence vitale. Il ne faut pas craindre le lieu commun de la joie pure du partage d’abord entre deux, puis, secondairement entre tous.