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# INÉGALITÉ.DE L’ÉGALITÉ, INJUSTICE DE LA JUSTICE

1 – Lorsque, très rarement, je branche la’TV, sur ma tablette, c’est pour écouter quelques minutes, les faits d’actualité, commentés, quelque soient les chaînes. par des présentateurs au sourire carnassier ou au front plissé qu’on veut rendre intelligent, des présentatrices du même acabit sauf que leur condition féminine les oblige à s’imposer et, partant, à couper la parole, des spécialistes et experts qui ont révisé la reponse I.A sur leur téléphone avant de s’installer, petite bouteille d’eau sur le pupitre, et annoncer l’évidence des évidences sur le sujet abordé.

2 – Il est donc assez rare que je reste longtemps devant une émission et préfère lire en ligne, sauf dans Libé et Le Monde, haineux du riche ( plus de 3000 € mensuel), du blanc colonial, du juif génocidaire. Sans crédibilité d’un discours, il est inutile de perdre son temps.

3 – A dire vrai, le débat actuelnsur le budget, difficile à trouver pour notre premier ministre, sans passer par la case « Taxes et impôts », est assez intéressant. J’entends en effet, dans la bouche des politiques (de tous bords) des grands commentateurs de service, un discours assez flou, prétendument inspiré et documenté, sur la nécessité de « l’égalité », concept révolutionnaire, inscrite au fronton de tous les édifices publics, lequel fonderait, sans discussion possible, du point de vue philosophique, la taxation des grosses fortunes d’entreprise ou individuelle. Ou beaucoup plus bas dans les revenus.

Le propos n’est, curieusement, jamais discuté (comme s’il s’agissait d’une constante naturelle, au même titre que le lever du jour).

4 – Pourtant, et je suis de ceux-là, la critique de cette notion d’égalité qui veut faire fondre l’écart en un idéal juridique abstrait inventé en Occident et les inégalités économiques sociétales est parfaitement fondée. On élimine d’abord ce qui pollue le débat :

a) le Conseil Constitutionnel, dans divers arrêts a considéré que taxer à plus de 75 % était confiscatoire. Ce n’est pas notre propos.

b) Selon Karl Marx.ou d’autres, l’inégalité est fondée sur des rapports de domination économique et l’égalité est une illusion juridique. On prône non la taxation mais la révolution. Ce n’est toujours pas notre propos.

c) l’égalité des chances doit être facilitée. Certes, mais ce n’ est toujours pas mon propos, étant observé que la négligence, dans cette approche, des « points de départ » (sociales, culturelles, géographiques) rend presque caduque l’idée, sans oublier l’exigence de réussite qui supporte une telle proposition, exigence qui peut culpabiliser l’individu à qui toutes les chances ont été données et qui n’y arrive pas.

d) l’Équité, « la correction » qui consisterait à cibler (discrimination positive, aides spéciales aux pus défavorisés n’est pas, là encore mon propos.

5 – Le lecteur est ici fatigué : mais qu’à t-il donc à nous dire sur l’égalité et que veut dire son titre ? Simplement qu’il est inopportun, sans questionnement primordial, de considérer que, philosophiquement, l’égalité va de soi, comme l’accès de tous à la lumière du soleil.

Il existe une critique libérale de la notion d’égalité que nul n’ose, évidemment, rappeler sur un plateau. Elle tient pour vrai que la recherche obsessionnelle de l’égalité fait fi des libertés individuelles et nuit à l’efficacité économique.

a) Frédérik Hayek, economiste et philosophe libéral estime par exemple que l’égalité.(niveaux de revenus ou de patrimoine identiques) suppose que l’État doit constamment intervenir dans la vie des citoyens. Il affirme que cette planification étatique mène inévitablement à la coercition et à la restriction des libertés de choix, traçant un chemin vers le totalitarisme (le « chemin de la servitude »).

C’est un argument mais il’est vrai qu’il faut avoir dans la peau la liberté individuelle pour la soutenir. Elle n’est pas, cependant, a mettre au pilori.

b) L’inefficacité économique et la destruction des incitations : Les libéraux soutiennent que les inégalités naturelles de talents, d’efforts et de prise de risque sont les moteurs de l’innovation et de la création de richesse.

Taxer lourdement les réussites pour redistribuer les revenus décourage l’initiative privée, appauvrit la société dans son ensemble et réduit le gâteau à partager.

c) L’injustice de la justice sociale distributive : Pour un économiste comme Robert Nozick, la justice fondamentale est au départ acquise et proférée, si donc une situation de départ est juste, que les échanges entre individus sont libres et consentis, le résultat final est nécessairement juste, même s’il est profondément inégalitaire. Dès lors prendre au fouet, par la force (via l’impôt obligatoire) les fruits du travail de quelqu’un pour le donner à un autre équivaut, selon lui, à du travail forcé.

On entend souvent la plaisanterie selon laquelle, mon associé est l’état, lorsqu’on fait allusion à l’impôt. En réalité, non, on travaille pour d’autres, forcé.

Il n’est pas inutile ici de rappeler l’allégorie de Chamberlain et sa célèbre expérience de pensée créée par le, déjà cité, philosophe libertarien américain Robert Nozick dans son livre Anarchie, État et Utopie (1974).

Elle vise à démontrer que la liberté des individus détruit inévitablement les schémas d’égalité imposés par l’État

Soit un état initial parfait (D₁) : une société a mis en place une répartition idéale des richesses. Qu’il s’agisse d’une égalité parfaite ou d’un schéma. Dans cette situation D1, tout le monde dispose d’une part jugée « juste », libre choix des individus.

Wilt Chamberlain est le meilleur joueur de basket-ball de l’époque. Il signe un contrat stipulant que pour chaque billet de match vendu, 0,25 $ lui reviennent directement. Durant la saison, un million de spectateurs achètent un billet. Chaque spectateur choisit librement et joyeusement de donner ce quart de dollar pour le plaisir de le voir jouer. Le nouveau résultat inégalitaire (D₂) : À la fin de la saison, Wilt Chamberlain a gagné 250 000 $.

Sa richesse est désormais immensément supérieure à celle de la moyenne des citoyens. La situation initiale d’égalité (D₁) est brisée pour laisser place à une situation inégalitaire (D₂).

Les conclusions qu’en tire Robert Nozick : Le transfert libre est juste : Si la situation de départ (D₁) était juste, et que les individus ont utilisé leur propre argent de manière totalement libre et consentie pour le donner à Chamberlain, la nouvelle situation (D₂) est nécessairement juste, même si elle est profondément inégalitaire.

Nozick résume sa critique par une formule restée célèbre : « Aucun schéma de justice distributive ne peut être maintenu sans interférence continue dans la vie des gens ».

Ainsi, pour rétablir l’égalité de départ, l’État devrait soit interdire aux gens de dépenser leur argent comme ils le souhaitent, soit confisquer les gains légitimes de Chamberlain par l’impôt obligatoire, ce que Nozick assimile à du travail forcé.

Je laisse au lecteur le soin, c’est sa liberté et l’égalité à l’accès des réponses en ligne, de chercher les critiques de gauche de cette théorie.

Je voulais simplement signer un billet plutôt que de pester contre certains bouffons de l’information et de la politique qui prétendent que l’égalité révolutionnaire est nécessairement concomitante du vol des revenus de ceux qui n’ont pas volé leur richesse.

La chose, quand on la pense vraiment est plus difficile à appréhender. Travail forcé et don forcé. Il faut savoir arrêter sur les plateaux et les réunions politiques de faire d’une volonté une obligation. Je n’oserai dire avec un autre qu’il s’agit là d’esclavagisme des riches. Ce qui est une formule plus qu’une vérité. Mais c’est à la formule que le monde carbure.

PS. Je ne suis pas visé par la surtaxation.