# résurrectionn de Jean-Paul Sartre

On a appris la résurrection de Jean-Paul Sartre, juste le temps d’un discours devant une usine d’élimination de déchets. La foule n’était pas là. Gemini, notre agent oui.
JPS a, par la suite, repris son chemin vers l’on ne sait où, enfer ou paradis, sans essence.
LE TEXTE DU DISCOURS
Jean-Paul Sartre — “L’existence écrase l’essence fictive. Les bourgeois ont inventé l’IA”.
“Mes camarades,Il se passe aujourd’hui une comédie obscène, et les bourgeois s’y précipitent avec un empressement qui sent la mauvaise foi à plein nez.
On nous annonce, les yeux révulsés d’extase ou d’épouvante, que la machine s’est mise à penser. On nous présente des mécanismes de fer-blanc et de calculs qui bavardent, qui composent des tragédies sans vers boiteux, qui rendent des sentences de tribunaux, et l’on nous somme de trembler : « Voici l’Esprit nouveau, voici l’Autre absolu qui vient détrôner l’homme !
Laissez-moi vous dire une chose bien simple : tout cela n’est que de la fumée, un alibi confortable pour fuir notre angoisse. Cette prétendue « intelligence artificielle », c’est la tentative la plus lâche, la plus désespérée que la bourgeoisie ait jamais inventée pour se fabriquer une essence et pour esquiver la liberté.
Regardez l’objet de plus près. Qu’est-ce qu’une machine, n’importe quelle machine, fût-elle gavée de milliards d’algorithmes ? Elle est précisément ce que l’homme n’est pas : un être dont l’essence précède rigoureusement l’existence. Prenez un coupe-papier, vous savez d’avance ce qu’il doit faire ; son concept a été pensé avant qu’il ne prenne corps sur la table. Votre intelligence électronique, c’est exactement la même chose : un coupe-papier géant, un instrument dont le comportement a été entièrement programmé, circonscrit, arrêté par ses équations de départ.
La machine ne surgit pas dans le monde, elle n’y est pas jetée comme nous y sommes jetés, sans excuse et sans motif. Elle ne s’angoisse pas du néant qui la borde. Elle n’existe pas au sens strict : elle n’est qu’un En-soi, un bloc de matière inerte et pleine, opaque à elle-même, qui exécute servilement ce que des ingénieurs ont gravé dans ses puces.
Quand elle aligne des mots, elle ne parle pas. Elle ne vise rien, elle n’a aucun projet. Elle ne choisit pas son destin à chaque seconde dans la sueur et la peur. Dire qu’une machine choisit parce qu’elle pondère des probabilités mathématiques, c’est confondre la délibération du condamné à mort devant le peloton d’exécution avec le cliquetis d’un compteur à gaz. L’existence de l’homme, c’est ce déchirement permanent, ce vide au cœur de l’être par lequel le monde prend sens et par lequel surgit la valeur. La machine, elle, n’a pas de vide : elle est pleine d’elle-même, gavée de statistiques antérieures, repue d’un passé qu’elle n’a jamais vécu.
D’où vient donc cet engouement délirant ? Pourquoi tant de gens veulent-ils à tout prix voir une conscience dans ce cadavre qui articule ?
C’est le réflexe séculaire du salaud. Le salaud, vous le savez, c’est celui qui s’invente des déterminismes pour ne pas porter le poids accablant de sa liberté. Les dévots invoquaient la volonté de Dieu ; les scientistes invoquaient l’atavisme ou la race ; nos contemporains, eux, ont trouvé leur nouveau veau d’or : l’Algorithme. Quelle aubaine pour le patronat, quelle aubaine pour les gestionnaires !
Pouvoir enfin dire à l’ouvrier qu’on licencie : « Ce n’est pas moi qui choisis, c’est l’optimisation du modèle. » Pouvoir dire au poète qu’on affame : « Votre révolte est inutile, la machine a déjà calculé la moyenne de la beauté. »
L’intelligence artificielle est le rêve bourgeois par excellence : remplacer l’imprévisible scandale de la liberté humaine par l’ordre impeccable d’une mécanique sans faille.
Mais c’est là que réside l’imposture. Cette essence qu’ils prétendent attribuer à la machine est une essence fictive, un mirage de signifiants sans conscience pour les habiter. Un ordinateur ne peut ni désespérer, ni trahir, ni se révolter, ni dire « non ». Or, la pensée ne commence précisément qu’au moment où l’homme dit non à ce qui est donné. L’intelligence n’est pas un trésor de données compilées : elle est cette déchirure, cette négation par laquelle je refuse ma situation pour la dépasser vers l’avenir.
Alors, que les technocrates se rassurent ou s’épouvantent de leurs automates, grand bien leur fasse. Mais ils ne nous voleront pas notre responsabilité. Tant qu’il y aura un homme pour choisir dans l’angoisse entre la lâcheté et le courage, entre la complicité et la résistance, un seul regard conscient écrasera sous son poids toute votre quincaillerie électronique.
L’existence humaine est sans mesure commune avec ce monde d’objets. Nous sommes condamnés à être libres, et aucun assemblage de circuits imprimés ne viendra nous purger de ce glorieux et terrible fardeau.
TEXTE ENTIÈREMENT TRANSCRIT, SANS AJOUTS NI PONCTUATION, DE GEMINI, ASSISTANT-AGENT IA.