THINK

# ÇA CARBURE

Dans son sens figuré, le verbe « carburer » (mon titre) signifie « Activer son esprit ou avancer rondement ». C’est ce qu’on tente de faire après avoir écouté les scénarios catastrophe sur le prix de l’essence qui peut bondir à 3 €.

La France, les français, nous dit-on, entre deux publicités pour des parfums très chers et des voitures de luxe, vont s’écrouler et ne pourront plus se nourrir !

Alors, en carburant vite, je fais le compte pour 100 kms. Certain que je vais me tromper, mon niveau, en arithmétique, étant de l’ordre de zéro. Mais je carbure.

Donc :

a) Le prix, avant la crise avoisinait 2 € le litre.

b) Un véhicule (non électrique évidemment) devait, en moyenne dépenser ainsi 14 € pour ces 100 kms, la consommation d’un véhicule étant de l’ordre moyen de 7 litres aux 100 kms (pour beaucoup, moins)

c) Catastrophe ! Le litre passe à 3 € ! Le français particulier (je ne parle pas des professionnels) va donc dépenser pour les mêmes 100 kms 21 €, soit une augmentation de 7 €. Je crois que c’est juste et que j’ai bien carburé.

d) le conducteur moyen français fait, paraît -il, 900 kms par mois. (ce qui me semble beaucoup mais je m’en tiens aux statistiques officielles en ligne).

e) Dès lors, si je ne me trompe toujours pas, le français, dans cette immense crise. va dépenser 63 € de plus qu’avant la crise pour ses 900 kms (7 € d’augmentation x 900 kms).

f) On nous dit que les gilets jaunes vont sortir de leurs garages leurs gilets, pour revenir sur les ronds -points, que la France va exploser à cause du prix de l’essence. A cause de Trump (et peut-être, comme toujours, des juifs qui sont partout pour provoquer des crises)

Qui peut, sérieusement, clamer que 63 € par mois bouleverse une vie ? Je suis, au demeurant, persuadé qu’en réalité les statistiques ne sont pas fiables. Je ne connais personne qui fait 900 kms par semaine, même s’il est vrai que beaucoup vont travailler en voiture, par nécessité, sans transports en commun. Eux subissent le choc relatif.

Mais ceux qui ne peuvent prévoir 63 € déplus dans leur budget mensuel n’ont certainement pas de véhicule. Non ?

PS – Dans un élan de solidarité, pour amortir le « choc des 63 » les bistrots devraient baisser la quinte de bière d’1 Euro. Leur prix initial ne grimpera pas, leur transporteur recevant certainement de l’État une prime compensatrice exceptionnelle.

PS2 – Par ailleurs, je suis prêt à contribuer pour moitié à la débandade budgétaire du particulier possesseur d’un véhicule, provoquée par ces 63 €, si ça pouvait éviter de voir le pays perdre des dizaines de millions d’euros dans la grève et les blocages ou des centaines pour les satisfaire « quoi qu’il en coûte ».