# LA FOCALE GAZA, chapitre 6

LES ACCORDS D’ABRAHAM
Les accords d’Abraham sont constitués par une série de traités de normalisation diplomatique signés à partir de la fin de l’année 2020 entre Israël et plusieurs pays arabes, sous la médiation des États-Unis (administration Donald Trump).
ls marquent une rupture historique avec le consensus arabe antérieur qui conditionnait toute normalisation avec Israël au règlement préalable de la question palestinienne et à la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967.
Les pays signataires
La Signature des accords fondateurs intervient le 15 septembre 2020, par une signature officielle à Washington entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn, sous le parrainage des États-Unis.
Une normalisation avec le Soudan intervient en Octobre 2020, formalisé en janvier 2021 lors de la visite du secrétaire au Trésor américain à Khartoum.
Une déclaration conjointe avec le Maroc est émise le 22 décembre 2020 qui prévoit le rétablissement des relations diplomatiques plénières entre Israël et le Maroc, accompagné de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental
Ces accords entérinent, de fait, une situation : une convergence d’intérêts économiques et politiques face à la menace de l’Iran et ses alliés dans la région (Hezbollah, houthis).
Ils prévoient une coopération économique et technologique, un essor des échanges commerciaux, des vols directs, du tourisme, l’aide militaire (armement), cybersecurité, agriculture, technologie de l’eau.
Les contreparties américaines sont nombreuses. Pour le Maroc : reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara occidental.
Pour le Soudan : retrait du pays de la liste américaine des États soutenant le terrorisme et réintégration dans le système financier international.
Pour les Émirats : accès facilité à des technologies et armements américains de pointe.Limites et blocages.
La question palestinienne est effectivement éludée : il s’agissait de chercher une paix régionale découplée de la résolution du conflit israélo-palestinien, pour avancer dans le conflit et rendre plus facile, selon les signataires, la résolution du problème palestinien.
Cet effacement de la question palestinienne accords a été dénoncé par les autorités et mouvements palestiniens, qui considéraient ce processus comme un abandon.
Les attaques du 7 octobre dont certains indiquent qu’ils étaient en réalité un acte visant à saboter lesdits accords, ont effectivement gelé le processus avant l’intégration de l’Arabie Saoudite et ont, de fait, refroidis après la riposte à Gaza, les liens entre les signataires, même si eux, diplomatiques, n’ont pas été rompus.
Le pogrom du 7 octobre, la focalisation sur Gaza, l’irruption de la locution « Génocide » allait bouleverser la donne. Sur ce point, on le verra, le Hamas sort vainqueur. Le sang contre toute solution qui ne serait pas concomitante de l’éradication d’Israël.