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# LA FOCALE GAZA, chapitre 6

CISJORDANIE, ISRAËL, GAZA.

On a déjà présenté, brièvement, l’histoire de ce territoire, sans maître, annexé unilatéralement par la Jordanie, conquis et occupé par Israël depuis la guerre de 1967.

Avant les attaques du 7 octobre 2023, la situation se caractérisait par un decoupage territorial (cf supra, chapitre 1) durable, la violence y étant présente sans répit, y compris entre les deux mouvements rivaux (Fatah historique et Hamas présent sur place, conquérant electoralememt’des viles (Hébron). A cet égard, la « bourde » incroyable d’Emmanuel Macron sur le fait que le Hamas ne « sévit pas » en Cisjordanie est effectivement, comme l’a précisé le bureau du premier ministre israélien « une absurdité monstrueuse ».

L’on rappelle que ce découpage territorial avait été instauré, après la colonisation par les accords d’Oslo II (1995), un morcellement en 3 zones :

Zone A (environ 18 % du territoire) : sous contrôle civil et sécuritaire exclusif de l’Autorité palestinienne (grandes agglomérations comme Ramallah, Naplouse ou Jénine).

Zone B (environ 22 %) : sous contrôle civil palestinien et contrôle sécuritaire israélien partagé.

Zone C (environ 60 %) : sous contrôle civil et militaire israélien exclusif. C’est la zone où se situent les principales terres agricoles, les ressources en eau et l’ensemble des colonies israéliennes qui s’y sont implantés.

En 2023, la population israélienne en Cisjordanie (hors Jérusalem-Est) dépassait les 500 000 colons, répartis dans environ 1h40 colonies officielles et plus d’une centaine d’avant-postes, illégaux au regard du droit israélien. L’accès des Palestiniens à leurs terres, aux villes voisines et au travail était strictement régulé par plusieurs centaines de checkpoints.

La tension est montée au printemps 2022 :L’opération israélienne « Brise-lame » a été lancée par Tsahal au printemps 2022 à la suite à d’une série d’attentats en Israël (raids militaires sur Jénine et Naplouse).

De jeunes palestiniens ont formé des groupes armés, des milices locales autonomes, sans allégeance formelle aux factions traditionnelles (comme la Fosse aux lions à Naplouse ou les Brigades de Jénine), générant une violence permanente ont pris de l’ampleur.

Celle des colons israéliens n’est pas en reste : l’année 2023 a été marquée par une multiplication des attaques contre des villages palestiniens. L’événement marquant de février 2023 à Huwara a vu des centaines de colons incendier des dizaines de maisons et de véhicules en représailles au meurtre de deux Israéliens.

Selon l’ONU, entre janvier et septembre 2023, près de 200 Palestiniens et une trentaine d’Israéliens avaient déjà été tués en Cisjordanie et en Israël.

L’arrivée au pouvoir de la coalition de Benyamin Netanyahou (décembre 2022) allait accélérer ce mouvement . La coalition comprenait des figures de l’extrême droite nationaliste et religieuse (comme Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich). Le gouvernement a accéléré les autorisations de logements dans les colonies, a transféré certaines compétences de l’administration civile militaire à des ministères civils et a légalisé plusieurs avant-postes.

La faiblesse de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, (sans élections depuis 2005) n’était pas de nature à maîtriser la situation. Accusations de corruption et perte totale de crédibilité dans le nord du territoire, où sa coopération sécuritaire avec Israël était perçue comme de la sous-traitance de l’occupation.

On retiendra simplement ici la coexistence sur le plus grand territoire voué dans la solution à deux Etats, aux Palestiniens, une A.P moribonde et une accélération de la colonisation, exacerbée par le discours extrémiste des alliés de Netanyahou. On y reviendra lorsque nous tenterons de conclure dans cette série de billets.