Extrait de l’Article de Géraldine Woessner, (“Mort de Quentin. Quand tout est fasciste, tout devient permis”. Le Point, 17 février 2025.
Les services de renseignements, qui estiment qu’environ 3 000 individus évoluent dans la mouvance de l’ultragauche (et 1 500 dans celle de l’ultradroite), redoutent un regain de radicalité à l’approche des scrutins électoraux. La Justice est-elle armée pour y faire face ? « Les services locaux, PJ ou gendarmerie, sont saisis de chaque affaire, mais nous manquons d’une analyse nationale, centralisée, et d’une véritable stratégie sur ce sujet », estime l’ex-procureur de la République de Grenoble, Éric Vaillant, qui aura traité, en six ans, une quinzaine d’attentats contre des bâtiments publics, une radio, des entreprises des secteurs du bâtiment, de la défense, de l’énergie… « Nous sommes face à des organisations à tiroirs, et nous ne disposons pas de service qui centralise systématiquement les enquêtes, afin d’éclairer les liens entre les mouvements antifas, propalestiniens, écologistes, anarchistes… qui sont pourtant connectés, et partagent la même idéologie. » Le Parquet national antiterroriste, focalisé sur la menace islamiste, a jusqu’à présent refusé de s’en saisir.