# VIVRE ENSEMBLE, IDIOT, ARTHUS BERTRAND, BARTHES, IDIORYTMIE


Vivre ensemble ». On entend cette expression un peu énervante toutes les minutes dans nos postes. Elle est aussi énervante que la formule récurrente dans la bouche des membres du Parti communiste et du syndicat affilié le fameux “…dans ce pays…”
On peut noter cependant qu’on l’entend un peu moins, désormais.
On connaît la mésaventure de ce photographe aérien que je n’aime pas (trop facile, il suffit d’un avion et beaucoup de subventions)
“Après l’Hôtel de Ville de Paris à l’automne 2025, c’est au tour de la place de Concorde d’accueillir accueille l’exposition de Yann Yann Arthus-Bertrand. Portée par la Fondation GoodPlanet, l’exposition “Vivre ensemble” se déploie en plein air sur la place de la Concorde de Paris, au printemps 2026, gratuitement“
Malheureusement, des supporters idiots du PSG ont saccagé l’Expo le soir d’une victoire contre le Bayern de Munich.
Je suis, persuadé qu’ils ne s’en prenaient pas au concept mais juste, imbéciles, aux supports qu’il, fallait briser our “le fun et la casse”. Idiots. Arthus Bertrand l’est un peu aussi, pour avoir choisi ce poncif comme titre de son exposition. Il ferait mieux de redescendre sur terre. Je n’insiste pas.
Je reviens donc à la locution préférée des multiculturalistes ou des politiciens de préau, en formation accélérée du discours radiophonique public, laquelle trouve peut-être son origine dans la leçon inaugurale de Roland Barthes au College de France en 1977, ” “Comment vivre ensemble “, sous-titrée “Simulations romanesques de quelques espaces quotidiens”.
mais le propos n’était pas le même.
c’est le concept d’idiorythmie, terme emprunté au langage monastique qui intéresse Barthes. Très chic à énoncer…
Dans sa définition originelle, c’est “le rythme propre” à une personne“ (« Appartenant au vocabulaire religieux, ce mot désigne précisément une autre organisation monacale, largement minorisée et radicalement critiquée en Occident. Il renvoie au mode de vie de moines orientaux vivant au mont Athos, chacun selon son rythme propre. Wiktionnaire)
Chez Barthes, il s’agit de littérature et des formes relatées des réunions entre individus, la quête d’une « solitude interrompue de façon réglée », dans une réunion qui n’est pas un groupe.
La collectivité est un fantasme selon Barthes, lequel, souvent, selon l’expression de Schopenhauer à l’endroit de Hegel, mettait les mots et le lecteur y mettait le sens…
Il faut quand même avouer que la posture ou l’énonciation de l’interruption de la solitude, programmée dans sa vie, sonne assez bien dans un dîner mondain.
Il faudra dans ce type de réunion autour d’une table, réglée par des hôtes empressés, éviter de lâcher l’expression d’idiorythmie.
Là, ce serait pédant. L’interruption de sa solitude n’autorise pas cet excès.
P.S Celui ou celle qui considérerait que l’idiorythmie serait un concept idiot ferait un jeu de mots assez ” téléphoné”. L’on rappelle la signification du préfixe selon le Littrė : idio(s). Préfixe qui signifie propre, spécial, et qui vient du grec ἴδιος.
Barthes, dans ses tentatives de se distinguer des autres, fait, ici, preuve d’une idiosyncrasie patente. Pour éviter de chercher, on rappelle qu’il s’agit d’une”manière d’être particulière à chaque individu qui l’amène à avoir tel type de réaction, de comportement qui lui est propre“.