twin peaks, mère de toutes les séries, chef-d’oeuvre de Lynch

MERCI ARTE

Arte TV, chaine merveilleuse, même si comme Télérama, elle croit pouvoir exister par le wokisme alors qu’il suffit de plonger dans l’Océan Qualité, nous offre les 3 saisons de TWIN PEAKS, chef d’oeuvre et “matrice” des séries. Il faut, vite, faire comme moi, regarder à) nouveau, porte de chambre fermée.

Je donne, sympathique envers des idiots idéologiques (les “idiologiques” du même Télérama, que je soutiens malgré tout, qui vaut mieux que Télé 7 jours, même si je connais pas cette revue, un article excellent. Dommage et encore dommage pour cette revue, remplie de talents qui se fondent dans une ligne grise et jouent, comme le garçon de café Sartre, à être des wokistes propalestiniens qu’ils ne peuvent être en écrivant que “Twin Peaks est la matrice de toutes les séries”.

EXTRAIT DE TÉLÉRAMA

Pourquoi “Twin Peaks”, de David Lynch, est la matrice de toutes les séries

En 1990, le réalisateur américain, mort ce jeudi 16 janvier à 78 ans, signait son chef-d’œuvre absolu : la série culte “Twin Peaks”, découverte en France sur La Cinq… Un objet inédit, à la fois hommage à un monde révolu et totalement novateur.  Kyle MacLachlan alias l’agent Dale Cooper appréciant son café et Sherilyn Fenn dans le rôle d’Audrey Horne, dans la saison 1 de « Twin Peaks » (1990).  Lynch – Frost Productions / Alamy /AKG-images

Par  Caroline Veunac 

Le 8 avril 1990, David Lynch a fait une bonne blague aux spectateurs de la chaîne américaine ABC. Ceux qui avaient consulté leur programme télé ce jour-là pensaient s’asseoir devant un polar classique. Une lycéenne nommée Laura Palmer est découverte sans vie au bord du lac d’une bourgade forestière, le visage violacé, « wrapped in plastic »(emballée dans du plastique). Un agent du FBI bien élevé vient mener l’enquête. Révolutionnaire, ça ? Pourtant, très vite, le public voit que quelque chose est différent. La mère de la défunte pleure trop fort, elle pousse même des cris déments sur le cercueil de sa fille. La courtoisie de Dale Cooper, ce détective amateur forcené de café et de tartes à la cerise, confine au burlesque.

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La musique est étrangement langoureuse. Et pourquoi ces gros plans insistants sur les objets inanimés qui peuplent la maison des Palmer ? Sous couvert d’une soirée comme les autres, le cinéaste, entre Blue Velvet et Sailor et Lula, est en train de pirater en douceur l’esthétique télévisuelle. Avec la complicité du scénariste Mark Frost, il fait du whodunnit un voyage mental labyrinthique, horrifique et drolatique, qui envoûte aussi bien les cinéphiles que le grand public. Et en l’espace de deux saisons (complétées par une suite vingt-sept ans plus tard), Twin Peaks devient la série de toutes les séries.

Le début de la télé postmoderne

Enfant des années 1950, ballotté de l’Idaho à l’État de Washington (où se déroule Twin Peaks), David Lynch est arrimé au téléviseur : son imaginaire se forme au contact des soap operas de l’époque, avec leur ambiance suburbaine et leur narration intarissable, qui requiert de flamboyants coups de théâtre, du mélodrame à gogo et parfois de faire revivre les morts. Twin Peaks, pour laquelle David Lynch et son cocréateur Mark Frost disent s’être inspirés de Peyton Place (1964-1969), est d’abord un pastiche amoureux de ces feuilletons à rallonge. Un hommage à la télévision d’un monde révolu, mâtiné d’une peur du noir et d’une fascination pour l’étrange, qu’on imagine conséquentes au visionnage précoce de LaQuatrième Dimension.

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Twin Peaks détourne les conventions du soap et les pousse jusqu’à l’horreur, jusqu’à l’absurde ou jusqu’au romantisme fou. Ces outrances en font un objet inédit, et la matrice d’une nouvelle écriture. Twin Peaks marque le début de la télé postmoderne : avec elle, on entre de plain-pied dans l’ère du méta, du mélange des genres et des séries à énigmes. Elle annonce également l’émergence des séries d’auteur. Lynch en signera coup sur coup deux autres, On the Air (1992) et Hotel Room (1993), mais sa manière de déconstruire les codes est devenue la norme en imprégnant celles des autres, deLost ou Les Soprano, dans les années 2000, jusqu’aux récentes The OAReservation Dogs ou La Mesías.

Une œuvre hybride

Venu du cinéma expérimental, Palme d’or à Cannes pour Sailor et Lula quelques semaines après le lancement de Twin Peaks, peintre à ses heures, Lynch est avant tout un créateur de formes, un esthète hanté de visions équivoques. Une anomalie au sein d’une industrie télé qui tend à privilégier la solidité du scénario. Avec Twin Peaks, le réalisateur adopte les tropes du médium télévisuel sans renoncer à la singularité de son regard. À la clé, une œuvre hybride, où l’intrigue policière est lardée de mouvements de caméra insolites, lents zooms, ralentis, plans récurrents sur un arbre qui bruisse ou sur un feu de signalisation la nuit…

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L’inconscient cinématographique de Twin Peaks se trahit dans la figure de Laura Palmer, blonde iconique et suppliciée dont le visage bouffi par les eaux évoque celui de Marilyn sur son lit de mort (à laquelle Lynch rêvait de consacrer un film), et qui se dédouble en sosie aux cheveux noirs, comme dans Vertigo. Ces signatures et résonances, étoffées par la partition planante du compositeur attitré de Lynch, Angelo Badalamenti, donnent à la série une beauté sensorielle qui transforme le salon en salle obscure, et créent des instants qui échappent à l’efficacité narrative. Un peu trop au bout du compte : lestée d’inutiles digressions scénaristiques, la saison 2 perd ses spectateurs et signe l’arrêt de mort de la série. Lorsque Twin Peaks renaît en 2017 avec une miraculeuse troisième saison baptisée The Return, le geste s’est radicalisé, tirant plus encore vers le formalisme. Entre-temps, Lynch aura ouvert la porte de la télévision aux réalisateurs de cinéma, qui, de Nicolas Winding Refn à Jane Campion, se bousculent aujourd’hui au portillon des séries.

L’héritage lynchien

Si déstabilisante soit-elle, Twin Peaks est un succès public, jusqu’en France où les spectateurs de La Cinq s’échangent leurs VHS en 1991. Culte, la série l’est dès son origine — on dit même que la reine d’Angleterre aurait interrompu une entrevue avec Paul McCartney par peur de manquer un épisode. Devenue un phénomène culturel, elle s’imprime sur des tee-shirts (« C’est moi qui ai tué Laura Palmer ») et fait l’objet de multiples clins d’œil dans d’autres séries, comme Les Simpson ou la comédie policière Psych (2006). Cet engouement s’ancre dans le fétichisme de la série : Bob, le terrifiant esprit qui visite Laura ; la red room, cet outre-monde bordé d’un rideau rouge où Dale va chercher la trépassée ; la tarte à la cerise, que les touristes vont déguster dans le diner de la vraie ville qui a servi de décor à Twin Peaks

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La cristallisation collective est alimentée par la fin, ouverte à l’interprétation. L’idée d’un mystère jamais résolu a contaminé notre rapport aux séries, qu’il produise de l’obsession voyeuriste (le genre true crime), des déductions et de la déception (Lost et ses questions sans réponses) et parfois un regard critique (Laura Palmer n’est-elle pas à l’origine de la vague de féminicides qui inondent les séries jusqu’à l’overdose ?). Quant à l’équation de départ — un macchabée vient révéler les secrets d’une petite communauté bien sous tous rapports —, elle est devenue celle d’un nombre incalculable de séries américaines (Desperate Housewives), scandinaves (The Killing) ou françaises (Les Revenants ou Polar Park). Parfois jusqu’à l’épuisement — rien de pire qu’une lyncherie ratée. Mais à chaque fois que l’on croit l’héritage usé, une œuvre vient nous surprendre : dans le film I Saw the TV Glow, sorti l’année dernière aux États-Unis, des jeunes accros à une série télé zonent dans une banlieue résidentielle aux frontières du surnaturel. C’est Twin Peaks chez les milléniaux. Et la preuve que l’esprit de Lynch est bien vivant.

“Twin Peaks” : la série culte de David Lynch en forme de polar hallucinogène

Monument de la télévision américaine des années 90 : « Twin Peaks », série créée par David Lynch et et son comparse Mark Frost, avec Michael Ontkean, Lara Flynn Boyle et Kyle MacLachlan.
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Le cadavre de la jeune Laura Palmer est découvert dans la petite ville de Twin Peaks. L’enquête s’amorce, sous le commandement de l’agent Dale Cooper. Un petit bijou sériel des années 90 devenu culte et truffé de références cinématographiques.

  • Très Bien

Monument de la télévision américaine des années 90 : « Twin Peaks », série créée par David Lynch et et son comparse Mark Frost, avec Michael Ontkean, Lara Flynn Boyle et Kyle MacLachlan. Photo : Lynch-Frost/TCD

Par Sophie Bourdais

Publié le 17 janvier 2025 à 16h38

Mis à jour le 18 janvier 2025 à 15h24 Noter (5) Critiquer (1)

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Twin Peaks, 51 207 habitants, une petite ville perdue dans les montagnes Rocheuses, quelques miles au sud de la frontière canadienne. Coup de tonnerre dans cette communauté apparemment sans histoires avec la découverte du corps de Laura Palmer, 17 ans… Inclassable, génialement tordue, Twin Peaks s’ouvre sur la mise au jour d’un cadavre, enchaîne sur une enquête policière et, très vite, multiplie à plaisir vraies et fausses pistes. David Lynch voulait attendre la fin de la série pour résoudre le mystère. La chaîne ABC imposa le dévoilement du coupable en milieu de deuxième saison. David Lynch et Mark Frost réussirent à faire rebondir la narration, mais l’audience avait déjà déserté, et ABC mit fin à l’aventure après 29 épisodes et un « dénouement » qui traumatisa les adorateurs de Dale Cooper… Avant un retour de la série vingt-cinq ans plus tard.

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Lors de la première diffusion, aux Etats-Unis comme en France, le « peakie » désorienté disposait d’un répondeur téléphonique où il pouvait se faire résumer l’épisode précédent. Rien de tel n’a été prévu depuis, mais le spectateur du troisième millénaire, surentraîné, ne devrait pas en souffrir. Twin Peaks est à voir ou à revoir, ne serait-ce que pour y traquer les références cinéphiliques dont elle regorge et les racines des grandes séries d’aujourd’hui.

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Plus d’infos

  • Genre Série de suspense
  • Sortie 1990
  • Scénariste Mark Frost
  • Pays Etats-Unis

Synopsis

Les habitants de la petite ville de Twin Peaks semblent mener une vie paisible jusqu’au jour où le corps de Laura Palmer, 17 ans, est retrouvé sur la berge d’un lac, enveloppé dans un sac plastique. Peu après, Ronette Pulaski, une autre lycéenne, est aperçue en train d’errer sur la voie ferrée. Elle a été battue et violée pendant la nuit. L’agent du FBI Dale Cooper est envoyé sur les lieux du crime pour mener l’enquête. Il ne tarde pas à établir un lien entre la mort de Laura Palmer et le meurtre de Teresa Banks, commis dans la région un an auparavant. Un minuscule morceau d

Casting

  • Kyle MacLachlan Dale Cooper
  • Michael Ontkean le shérif Truman
  • Marshall James James Hurley
  • Phoebe Augustine Ronette Pulaski
  • Sheryl Lee Laura Palmer
  • Dana Ashbrook Bobby Briggs
  • Gary Hershberger Mike Nelson
  • Ray Wise Leland Palmer
  • Caroline Vié
  • Publié le 09/01/2026 à 11h44
  • L’essentiel
  • «Qui a tué Laura Palmer » ? Cette question est au centre de la série « Twin Peaks » dont l’intégrale est disponible sur Arte.
  • Le style particulier de David Lynch, décédé le 15 janvier 2025, semble indémodable.
  • Il a influencé de nombreux créateurs populaires sur Internet.
  • Il y a des avantages à être vieux. On a pu découvrir Twin Peaks, la série de David Lynch lors de sa première diffusion en 1990. On a aussi pu la faire découvrir à sa fille, Klouk, quelques années avant la rediffusion sur Arte qui commence aujourd’hui.
  • Twin Peaks, ce sont trois saisons : deux aux débuts des années 1990, une troisième en 2017, et un long métrage Fire Walk With Me, préquelle des épisodes en 1992. Il est difficile de décrire à quel point Twin Peaks a marqué les esprits. C’était un phénomène un peu comme Stranger Things aujourd’hui si ce n’est qu’il fallait attendre le lundi soir pour connaître la suite. Indispensable donc de faire découvrir ce choc à sa fille digne représentante de la génération X et pas mal cinéphile, il faut bien l’avouer.
  • Appâtée
  • Klouk a 16 ans au moment des faits : âge idéal pour découvrir Twin Peaks, Avant, les thèmes abordés par la série (violences conjugale et familiale, notamment) et son atmosphère bien malsaine la rendaient peu appropriée. Il faut d’abord vendre le concept « Tu verras, ça ressemble aux vidéos YouTube horrifiques que tu adores ; Feldup, ton youtubeur favori que tu m’as fait découvrir, est fan de David Lynch ». Le poisson mord comme dans le jeu Animal Crossing et c’est parti.
  • Ferrée
  • Twin Peaks est avant tout une série policière, donc le suspense prend très vite. « Qui a tué Laura Palmer ? » : voilà la question centrale de la première saison. Cette adolescente apparemment parfaite a été tuée dans d’étranges circonstances. Qui pouvait bien lui en vouloir et pourquoi ? « Au début, j’ai eu un peu de mal à suivre car il y a pas mal d’intrigues qui se superposent. Ça m’a rappelé une citation du Chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles : « Tout le monde est fou ici », se souvient Klouk. Je me suis laissée happer en me disant que c’était bien de devenir fou avec eux ». La femme à la bûche, l’agent du FBI fan de café et le petit homme dansant ont eu l’effet espéré.
  • Capturée
  • Une fois la découverte amorcée, la suite était évidente. « J’ai eu envie de mieux connaître ces tout-petits personnages dans leur petite ville pour voir ce qu’ils allaient devenir, explique Klouk qui a aujourd’hui 19 ans. Et puis l’esthétique de David Lynch me parle. J’adore son côté anxiogène qui m’a rappelé des œuvres qu’il a inspirées et que j’ai adorées sur Internet ». Et de citer The Walten Files ou The Mandela Catalogue, découverts sur YouTube. « Ce courant, l’horreur analogique, puise dans l’esthétique des téléviseurs d’autrefois. David Lynch en est le père ce qui le rend très actuel pour moi en me ramenant aux origines d’un style que j’apprécie ».
  • Libérée
  • La transmission est enclenchée. « Je conseille Twin Peaks à mes copains fans d’horreur et de contenus atypiques, insiste Klouk. Beaucoup connaissent et apprécient déjà ». Pour elle, l’œuvre de David Lynch tient toujours la route. « Même si on n’a pas forcément les références pour reconnaître le côté surréaliste de son travail, on peut retrouver le côté angoissant de son univers dans ses propres rêves. C’est un type d’horreur qui fonctionne souvent sur l’incompréhension et la fascination du spectateur ce qui le rend indémodable ».
  • 20 Minutes
  • Les séries « Twin Peaks » et « Stargate SG-1 » arrivent respectivement sur Arte.tv et M6+
  • C’est seule que Klouk, conquise, a ensuite choisi de découvrir d’autres œuvres de David Lynch. Un petit pas pour la cinéphilie mais une grande fierté pour sa maman.
  • 7 films pour (re)découvrir David Lynch
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Série culte de David Lynch et Mark Frost, Twin Peaks est disponible sur Arte. Une occasion unique de (re)découvrir ce chef-d’œuvre qui a redéfini le thriller.
Par Zoé Schulthess Marquet
8 janvier 2026
TWIN PEAKS
© Suzanne Tenner / Showtime / Courtesy Everett Collection

Depuis la sortie de son premier épisode en 1990, Twin Peaks s’est imposée comme une série majeure, mélangeant mystère policier, touches surnaturelles, drame familial et comédie noire. On y suit l’agent du FBI Dale Cooper (Kyle MacLachlan) enquêter sur le meurtre de Laura Palmer (Sheryl Lee), adolescente retrouvée morte au bord d’un lac, et découvrir que derrière le calme apparent de la petite ville éponyme se cachent en réalité bien des secrets.


Dans l’étrangeté de Twin Peaks


L’univers de David Lynch dépasse le simple thriller. Ses cadrages, ses décors et sa bande-son créent une tension constante entre banalité et étrangeté. Chaque personnage, du plus attachant au plus inquiétant, participe à un mélange unique de suspense, et d’humour noir, faisant de Twin Peaks une expérience télévisuelle singulière. La série sera proposée dans son intégralité : la première saison, exposant les bases de l’univers lynchéen énigmatique, la deuxième, plus expérimentale, et la troisième, sortie plus de 25 ans après, ultime témoignage de l’imaginaire de Lynch. La diffusion prend en effet un relief particulier cette année : David Lynch nous a quittés le 15 janvier 2025, et programmer l’intégrale dès le 8 janvier 2026 constitue un hommage discret mais significatif à son œuvre.

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Michel Béja