# PLATON LE SAUVEUR
Lolita Pille, écrivaine : ” Platon m’a sauvée. J’ai cessé d’aimer X ou Y, j’ai aimé le beau
PODCAST (France Culture, Emission “le souffle de la pensée”)
4 épisodes.
Les dialogues de Platon mettent en scène des échanges philosophiques, souvent conduits par Socrate, autour des grandes questions humaines : la vérité, la justice, l’amour. La romancière et essayiste Lolita Pille choisit d’aborder
Lolita Pille a choisi de parler de l’œuvre d’un philosophe : l’un des premiers que nous avons à lire au lycée, l’un des premiers de la philosophie occidentale, qu’on enseigne, qu’on vénère ou qu’on interdit parfois dans certains endroits, celui qu’on discute encore, pour ses dialogues : Platon. Lolita Pille aborde deux de ses dialogues : Le Banquet et La République, évoque aussi le beau Phaidros, (Phèdre). Parce qu’elle n’en revient pas de la manière dont le philosophe continue de structurer intellectuellement sa pensée, elle nous explique ce choix.
La figure ambivalente du divin Platon
A travers la discussion et le raisonnement, Platon cherche moins à imposer une réponse qu’à conduire le lecteur vers une réflexion critique. Dans Le Banquet, il explore la nature de l’amour à travers une série de discours qui mènent de l’attirance sensible à la quête du Beau absolu, où la notion de désir et de manque occupe une place centrale. Dans La République, il interroge la justice, l’organisation de la cité idéale et le rôle du philosophe dans la recherche du bien commun. Lolita Pille raconte comment cette lecture l’a plongée dans un état de ravissement, comment elle a vécu une renaissance à l’âge de vingt-sept ans, en relisant Platon, jusqu’à rêver la Grèce, idéal lieu du Beau et de l’amour. “Je ne suis jamais allée en Grèce pour de vrai, j’ai longtemps hésité“.
Quand le sublime Alcibiade se voit refuser l’amour du vieux Socrate
L’écrivaine évoque la figure d’Alcibiade, dans Le Banquet. C’est dans la bouche d’Alcibiade que Platon place son portrait de Socrate. Socrate est analysé comme un personnage ambivalent, à la fois sophiste manipulateur et moteur de la pensée dialectique. Alcibiade, rappelle Lolita Pille, est un jeune philosophe, au charisme extraordinaire, qui s’est distingué au combat, a sauvé Socrate. Il a une manière d’entrer, couronné de lierre et de violettes, conquérant, d’une beauté magnifique. Alcibiade est amoureux de Socrate. Socrate, est vieux et laid, aime Alcibiade mais le condamne à être Eros, amoureux du Beau, idéal de l’amour platonique. Platon explore la nature d’Éros, non pas comme une complétude, mais comme un manque perpétuel, moteur du désir et de la recherche de sagesse. “Et donc Alcibiade se prend un râteau“. “L’auteure voit dans Le Banquet une clé de lecture personnelle pour transformer une souffrance amoureuse en une quête intellectuelle et spirituelle.