amoureux

Archives MB 04/2018 (brouillons). La photo est de Franck Horvat, l’un de mes photographes français préférés (voir mon menu « grands photographes »). Je m’étais interrogé en 2012 sur le désarroi de la femme. Amoureuse, certes, mais dans la panique. Ce qui est incompatible pour le romancier de gare et nécessaire dans le drame romantique américain qui ne décrit que des amoureux défaits. Je reviens apres 6 ans de réflexion, pour rendre hommage à la présence fébrile de l’amoureuse. On ne peut être amoureuse sans être fébrile. A défaut, la mécanique du couple est molle, plate, inutile. Je m’étais donc trompé dans mon premier commentaire que je ne donne même pas à lire.

Cette photo est de Doug Menuez. En 2012, j’avais titré « belle amoureuse« . Puis en réécrivant, je suis dit qu’elle était ailleurs, donc non amoureuse, du moins de celui qui l’enlace. Cette femme est une poseuse et je peste de m’être laisser avoir. C’est une mise en scène, comme le baiser connu des faux amoureux de, Doisneau, payés pour poser dans un enlacement ardent.
Si ce n’est pas une photo de mise en scène, c’est encore pire : la femme pense soit à son confort d’amoureuse enfin obtenu, soit au jour de son mariage, mais surtout pas au corps enlacé. Cette femme est donc une fausse amoureuse. Je n’aime son visage de faiseuse.
La première, celle d’Horvat elle, l’était (amoureuse) dans la panique de son sentiment donné à voir, brutalement, par un objectif de métal noir, par un photographe français. Le réel est toujours dramatique. La mise en scène du même réel, l’esbroufe pour tout dire est malfaisant.