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presets et Sander

Archives MB 02/2014. « Lorsque je montrais à ceux qui s’asseyaient à côté de moi, devant mon ordinateur, ce que je faisais dans le « post-traitement » de mes photographies, notamment dans Lightroom, je dévoilais les milliers de « presets » que j’avais découvert pendant une décennie, sortes de paramètres pré-établis, qui permettaient, par des actions sur la lumière, basse, haute, le contraste, les noirs, la variante de couleur, la saturation ou la désaturation, la clarté, la vibrance, la balance des blancs, le bruit, d’obtenir une image non pas pour tricher, mais une image différente de celle que l’oeil dans son acception terrestre percevait. La perception de couleurs est évidemment relative. En utilisant, ces « presets », je déclarais ne pas, encore une fois, ne pas « tricher » : la réalité était dans l’image, simplement embellie ou même, diraient certains, « amochie », par ces jeux sur les variables colorimétriques et lumineuses. En réalité, je me mentais, il s’agissait bien d’une transformation, même si, par la suite, dans un texte que beaucoup ont subi, j’ai démontré qu’il existait des limites dans la tricherie photographique : un chat sur un trottoir ne pouvait être transformé en dragon dans une galaxie, mais le même chat pouvait être plus noir et les pavés de la rue plus brillants, ce jour de pluie.

Puis, j’ai remarqué qu’en faisant défiler une image sur mes presets, ce qui faisait, immédiatement voir la transformation dans la couleur et le contexte, beaucoup s’arrêtaient sur les mêmes : le whoiswolf-herbst-licht (ir-template) que j’utilise régulièrement pour mes photos, en le retouchant dans les hautes lumières et surtout le noir et blanc « chocolat ». Il en existe des centaines de variantes. Je disais que c’était comme dans les les photos d’AUGUST SANDER, un photographe allemand (1876-1964), assez connu, notamment pour sa photo « phare », celle des paysans, que je colle ci-dessous, avant de revenir sur mon propos.

August Sander. Les paysans.

Auguste Sander avait trouvé un ton dans ses noirs et blancs, tirant vers la couleur chocolat. C’est ce que je me disais. En réalité, le ton et l »ambiance colorimétrique faisait la photo. Et je passais des nuits dans mes presets pour trouver le mien. Il a fallu de nombreuses années pour convenir que je me trompais. Sans les regards vers l’objectif qui accentuent la verticalité, August Sander n’aurait pas attiré l’attention, le ton chocolat étant périphérique dans son talent. J’avais découvert le graphisme. Ce qui était banal.

En réalité, je voulais convaincre les proches, (du moins, ceux, rares, qui s’intéressaient à la photographie, les smartphones l’ayant tué, tous étant désormais photographes et, partant, ininteressés par le concept) qu’une photographie se travaille, certes, s’embellit, évidemment, mais que tous les « presets » du monde ne peuvent extraire ce qui est mauvais. Seule une bonne photographie s’améliore et il ne faut pas avoir peur de mettre à la corbeille des milliers de déchets. Bien sûr, l’histoire ne se termine pas là. J’y reviendrai. En l’état, je colle 2 autres photos de Sander. Vous remarquerez, lecteur-regardeur, que l’on ne s’intéresse plus, dès la seconde vision au « chocolat » du ton du noir et blanc, mais à autre chose qui « définit » Sander. Il existe une unité entre les 3 photos. Même si elle ne peut, d’emblée, immédiatement, se révéler, c’est cette unité qui fait l’artiste photographe.
PS; Dans mon dos, on marmonne que ce qui fait l’unité des photographes-smartphones, c’est la nullité. Facile. Chut…

August Sander
August Sander. Le Notaire.

PS. Ne pas confondre le noir et blanc qui « tire » vers le marron et sépia…

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